La forêt que cachent le libéralisme et le nationalisme

Les combats qui animent certains - développer et transmettre l'empathie, nourrir ďart les esprits, sortir du nucléaire, généraliser le bio et la permaculture, éduquer dès le plus jeune âge à écouter ses rêves, vivre la fraternité dans la diversité et développer les sens de l'humour et de la solidarité, nourrir le moins possible les lobbies industriels et pharmaceutiques, et protéger sans tirer profit des plus vulnérables, animaux humains ou pas - tous ces combats donc sont loin ďêtre ceux de bon nombre de personnes.

 

Comme le disait Gandhi, "donner l'exemple n'est pas un moyen de convaincre, c'est le seul". Et à Coluche ďajouter "et dire que si personne n'achetait, ça ne se vendrait pas".

 

Les traditions sont ce qu'elles sont: des actes validés par leur répétition et pas forcément par leur noblesse. Ainsi par exemple, la tradition de posséder des esclaves était à une époque considérée comme une habitude ancrée tout à fait louable, et des gens, fort sympathiques pourtant, possédaient des esclaves comme tout le monde. C'était considéré comme étant normal, naturel et nécessaire. Il était même impossible de s'imaginer un autre type de vie.

 

Heureusement, les humains peuvent parfois changer, et bien que ce ne soit pas tous les jours, il en faut souvent un pour faire le premier pas et affirmer que la cruauté n'est pas digne ďêtres conscients de la souffrance qu'ils infligent. Encore faut-il disposer de cette conscience, et pour cela nous nous devons de diffuser les informations justes et montrer l'exemple de la liberté d'agir en conséquence, pour contrebalancer les tendances qui au bout du compte desservent tout le monde, à part ceux qui tirent des bénéfices commerciaux sur le moment.

 

Nous sommes libres de ne consommer aucun produit animal ni de nous rendre aux lieux ďemprisonnement ou ďamusement sur animaux. Ce que je ne ferais jamais à un enfant ni à un adulte, quels que soient sa santé, son genre, son appartenance ethnique, religieuse ou autres variantes, je ne le ferais jamais à aucun autre être sensible animal non plus - les intelligences des animaux sont autres, parfois nous dépassent complètement, tout comme l'inverse est vrai aussi. Profiter de la terreur ďun être vulnérable n'a rien de formidable, et quand on sait que les gens peuvent trouver que cela a bon goût, de manger des cadavres et de la souffrance, il ne faut pas s'étonner de l'état du monde.

 

Pour un monde meilleur, certaines choses sont à la portée de tous. Et curieusement, l'exploitation animale n'est en accord ni avec une bonne santé (les rapports de santé officiels qui le démontrent abondent), ni avec l'idée ďempathie et fraternité avec le vivant que les enfants voient s'écrouler le jour où ils découvrent ďoù vient ce qui est dans leurs assiettes (voyez pourquoi donc il n'y a pas de "sorties abattoir" pour les écoles...), ni avec la dimension ďune conscience écologique (pour cela il suffit d'étudier les nombreux rapports répertoriant les conséquences de l'élevage et de la pêche, en eau, déforestation, pollution, famine, destruction de l'environnement etc.). Cela tombe plutôt bien! Du travail en permaculture plutôt que des bouchers et des éleveurs en crise, cela fait rêver non?

 

À chacun donc de voir à quel point nous décidons ce qui est normal, à quel point certaines choses n'ont de naturel que l'habitude de les pratiquer, à quel point continuer comme cela n'est non seulement pas nécessaire, mais est même néfaste pour l'avenir et à terme la survie des humains.

 

Convaincre toute une nation n'est peut-être pas possible, mais donner l'exemple à chacun ďentre nous l'est... carrément.

 

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