Merci Mosco !

Le dresseur professionnel Pierre Moscovici rentre tout juste à Bruxelles après avoir passé 48 heures chez les Grecs pour leur dire ce qu’ils doivent voter, c’est-à-dire à droite.

Le dresseur professionnel Pierre Moscovici rentre tout juste à Bruxelles après avoir passé 48 heures chez les Grecs pour leur dire ce qu’ils doivent voter, c’est-à-dire à droite.

C’est vrai que l’on ne sait pas trop voter ici-bas. On vote n’importe comment, comme des bêtes, comme des cochons. Voilà : pour les cols blancs de l’Union, le Sud européen c’est un peu la baie des Cochons, des PIGS – cet acronyme à la saveur porcine pour décrire cent cinquante millions de gens (Portugais, Italiens, Grecs et Espagnols). Sympathique, non ? Nous autres votants compulsifs de Beppe Grillo, Podemos et autres Syriza, que ferions-nous sans les consignes vertueuses de nos Consuls ?... Ce serait la cata, la déchéance, les dix plaies du Pharaon Juncker. Il s’est « exprimé », lui aussi, d’ailleurs. Le Président de la Commission, pas moins ! Votez à droite bande de Cafres ! Et sans ambiguïté. Chez Mosco, au moins, il y avait du « on ne souhaite pas intervenir dans la scène politique grecque, mais... ». Non, Juncker ne nous à même pas fait le cadeau de cette nuance. Car elle se réduit à une fine nuance sémantique, dorénavant, la différence entre Gauche libérale et Droite des affaires : les uns ne souhaitent pas « intervenir » mais le font quand même, et les autres le font tout court, sèchement, de façon assumée. La guerre sans l’aimer, comme dirait l’autre.

Merci Mosco, donc, pour ton attention délicate, si bien relayée il y a trois jours dans ton interview exclusive accordée au quotidien Kathimérini (le Figaro grec), annonçant ta visite d’inspection en saharienne de travail. Moi, qui jusque-là demeurais dans l’hésitation, j’ai désormais les idées assez claires. 

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