La gauche de la droite de Miami

La générosité de Fidel, jusqu'au bout. À son héritage contemporain, très immédiat, on est bien obligé d'ajouter, désormais, le déculottage posthume des libéraux soit disant de gauche (un petit dernier pour la route). Deux semaines à peine après avoir versé un litre de larmes de crocodile par paire d'yeux affligés devant la victoire de Trump, ils ont trumpisé leur discours sur Castro. Qui est, en fait, le discours normatif des libéraux, de gauche comme de droite, sur toute notion de rupture avec le status quo du libéralisme des marchés.

Et ils ne tarderont pas de le recalibrer sur un tas d'autres sujets, leur discours, vous verrez. Surtout quand le Don aura fini avec ses bêtises anti-délocalisatrices, ça sera la grande réconciliation. On ira jusqu'à le trouver cult. Après tout, le libéralisme est le système socio-économique qui a permis a Donald Trump d'exister, et, par extension, le régime socio-politique qui lui a permis d'être élu. Il n'y a ici aucune contradiction dialectique avec les préceptes fondamentaux du libéralisme. C'est précisément pour cela que, tout compte fait, les libéraux de gauche préféreront toujours les Trump aux Castro. Et, dorénavant, sans aucune vergogne.

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