Touche Pas à Mahomet

Nous n’avons toujours pas compris que le problème est un problème d’iconographie. Un problème de mythologie. Et à chacun sa mythologie.

Le fascisme ce n’est pas interdire de dire, mais obliger de dire. Paroles de Roland Barthes. Obliger à dire : c’est par exemple, le droit au blasphème et que la laïcité est au dessus de tout, comme une vérité suprême. Pourquoi insulter, caricaturer la religion de quelqu’un en laquelle il y croit, quelque chose de sacré au dessus de tout, pour lui. Il n’y à aucun intérêt ! La majorité des musulmans est profondément choquée par les caricatures de leur prophète. C’est un fait, et qu’avec l’affect, vous ne pouvez rien négocier immédiatement. Si cela nous amuse de caricaturer, pour d’autres ce n’est pas amusant !

La représentation dans la chrétienté a 1700 ans d’existence, depuis Constantin le Grand (312). Et c’est à partir de cette date qu’apparaît  La Croix. Ce sont les romains polythéistes qui ont romanisé le judaisme. Aboutissant au christianisme, une religion prosélyte. Et quelle grande religion ! Avec des saints sublimes, et un humanisme éclairé.

On ne peut pas imaginer la Croix comme premier symbole du christianisme chez les premiers chrétiens qui étaient juifs (ils auraient crié : quelle horreur !). Après l’apparition de La Croix, s’en suit toute la peinture sacrée du haut moyen âge, avec l’art Roman et l’art Gothique ( représentation de jésus, de Marie, des apôtres et des saints). Et avec la renaissance  c’est la quintessence d’une culture qui explose en Italie après la découverte des vestiges Romains qui sommeillaient depuis 7 siècles. Apparition de la caricature qui va devenir la règle au siècle des lumières et la destruction qu’opére l’iconoclastie du VIII achève le sacré. En France, après l’échec de l’intronisation d’Henri V, compte de Chambord, le 8 mai 1871, on liquide définitivement l’ancien régime et tout l’héritage catholique, Abolition du délit de blasphème en 1881, suivi par la fameuse loi de 1905. Arrive le communisme dans les années 20, qui pénètre profondément la population française qui connaît l’athéisme, et c’est terminé la foi en Dieu, il nous reste que de très belles cathédrales vides sans fidèles et des fêtes religieuses sans sacré. Nous avons aujourd’hui à faire avec une nouvelle religion qui est l’islam et qui n’a pas la même histoire que le christianisme. Et les musulmans n’étaient pas en France en 1905. La loi de la laïcité est un socle, indéménageable, puisque c’est un socle qui permet à tous les peuples différents de vivre ensemble. il ne s’agit pas de la remettre en question. Mais nous avons le droit de réfléchir et dire si tous les textes sont aujourd’hui conformes à notre société en 2020. Au lieu de dire que c’est sacré à prendre ou à laisser et non négociable. Réponse faite par Carole Delga présidente de Région aujourd’hui vendredi 30 octobre à l'archevêque de Toulouse Mgr Robert Le Gall  qui a estimé que la liberté d'expression "a ses limites", se prononçant contre la liberté de blasphémer. Tiens ! voilà les chrétiens bâillonnés depuis plus d’un siècle, et grâce à la religiosité des musulmans, ils peuvent de nouveau s’exprimer. Et peut être qu’ils seront écoutés et qu’on ne leur dira plus : « ferme-la ! sale Catho ». Et qu’en est t-il des juifs ?

Les dieux du Logos comme disait les romains. Depuis le Sionisme et les ravages de la Shoah, ils ne font que du politique, ils ont abandonné Elohim, le Sionisme les a bâillonné, ils ont définitivement quitté le sacré pour le temporel. Ils sont devenus des spécialistes du BTP, occupés à construire des murs. La seule religion qui réclame le retour au sacré est la religion musulmane. Il y a peu être là, quelque chose de révolutionnaire, de romantique.

Nous devons respecter les musulmans, au lieu de les stigmatiser sans cesse, les prendre pour des débiles, des terroristes arriérés. Pour que les musulmans deviennent français à part entière, ils ont besoin d’un espace d’expression, qui leur soit dédié, qu’ils  disent qui ils sont, et comment ils veulent exister parmi nous. Et ce qu’ils ont envie de nous apporter de leur culture, qui soit conforme ou pas avec la culture française. Et qu’on les sorte de la clandestinité. Les musulmans sont clandestins au niveau de l’espace public en France. Souvent dans les médias on n’invite que les maghrébins, dont le discours est politiquement correct, des marionnettes, qui plaisent à une certaine intelligentsia manipulatrice. Il faut  inviter le barbu ténébreux obscur, polygame, pour voir ce qu’il a dans le ventre, l’aider à se sortir de ses contradictions et pour qu’il se dépouille du vernis islamologue qu’il pense détenir. Et qu’il nous transmette par sa religiosité débile et ringarde, cette énergie qui le fait bouillonner, cette envie de bouger, ce séisme révolutionnaire qui l’habite. Les français sont devenus trop bourgeois enfermés dans des carcans faits de slogans sans vie. À chaque passage à l’acte terroriste, il dénoncent, crient quelque slogans et s’endorment après, jusqu’au prochain. Les islamistes  par leurs actions, ils veulent réveiller dieu, alors qu’on occident, on pense qu’il est mort, qu’il s’est endormi il y a longtemps.

Pour revenir à cette question de l’iconographie, on peut dire que dans cette religion, il y’a un problème d’iconographie. L’image n’existe pas. Et comment passer de l’inexistence de l’image à sa caricature ? Il y a quelque chose d’insensé, et devant l’insensé nul n’est tenu. Comment faire de l’iconoclastie, sans iconographie ?Cette fille qui dénonce le cours du Professeur Paty, n’était même pas présente à son cours, et sa religiosité doit être inexistante, et on voit bien, qu’une simple image qui ne doit pas exister, déclenche en très peu de temps un raz de marée. Et c’est la même chose pour le président Macron, on soutenant le droit au blasphème, il provoque un Tsounami. Il me semble qu’il commet une faute politique grave.

Dans l’islam la représentation, la caricature est interdite. La représentation du prophète Mahomet, sa caricature est un péché capital. L’islam appelle à un retour vers le monothéisme premier, une grande ressemblance avec le judaisme. Dans le judaisme il y a très peu de représentation, le temple des temples est vide intérieurement, le lieu de dieu est une vacuité. De même le protestantisme est une tentative de retour vers l’islam, pas de clergé et pas de fioritures et de clinquant et très peu d’images !

Comment faire, avec des fidèles, des citoyens français dont la religion, son socle est l’absence de représentation, absence d’iconographie, Dieu n’habite pas les images, mais la lettre. Le prophète Mahomet en rentrant dans la Kaaba, il détruit les sculptures des divinités antiques arabes, l’intérieur de la Kaaba est vide comme l’est le temple chez les juifs. L’absence de représentation est un socle hautement important en islam. Tout l’art musulman repose sur la calligraphie, des lettres qui dansent, qui s’entourent et se retournent. Comme représentation, il n’y a eu que les miniatures ottomanes empruntées aux perses de la ville de Tabriz au XV em siècle. Disparues au XVIII em.

Vous trouvez cela tout à fait normal que certaines questions si vous les évoquez vous êtes passible d’emprisonnement, et que vous avez le droit de blasphémer les religions et la religion musulmane. Deux poids, deux mesures, c’est la haine du désir.

Il me semble qu’il peut y avoir parfois des compromis avec la loi, comme dans tout mariage. Et parmis ces compromis à négocier, il faut ré-interroger le concept de droit au blasphème.

Par ce débat que j’ouvre avec vous, nous continuons à rendre hommage au professeur Samuel Paty, et aux trois victimes de la cathédrale de Nice, victimes encore une fois, de la perversion sadique radicale.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.