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Billet de blog 1 mai 2024

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Transports en commun

Un autobus n'est pas un taxi.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Différents types de véhicules assurent le transport en commun de voyageurs, parmi lesquels  : les trains, les avions, les navires, les cars, les autobus, les taxis, les tramways, les funiculaires. Ils ont quelques caractéristiques communes. Ils suivent des itinéraires définis à l’avance, avec des voies ferrées, des lignes aériennes, des caténaires, des routes. De nombreux points fixes les jalonnent : des stations, des ports, des gares, des aéroports, des arrêts.

Au risque d'être accusé de parisianisme, je m’attache maintenant à un cas bien particulier, celui de la Régie autonome des Transports Parisiens. Un des modes de transport qu’elle propose aux usagers est celui des bus. Il diffère de  ceux évoqués plus haut, demandant aux usagers qui, pour l’emprunter, attendent à des arrêts, de faire signe au conducteur. Mais, ainsi, les bus ne diffèrent plus des taxis. En général, ces derniers sont les seuls à pouvoir être hélés par leurs utilisateurs et, pour accomplir une course, leurs conducteurs choisissent l’itinéraire le mieux adapté  au niveau du trafic. Il semble que, bien souvent, des chauffeurs de bus se livrent eux aussi à des courses, s’appliquant à accomplir leur parcours le plus vite possible. On peut ainsi observer, sur certaines lignes, des cortèges de deux ou trois bus, si ce n’est davantage. Le premier du cortège est souvent bondé tandis que les suivants sont quasi vides. 

Qui enseignera aux gestionnaires du réseau que, le plus important, ce n’est pas la durée d’un trajet, mais la régularité de la desserte ?

Lorsqu’un autobus arrive à un arrêt en avance sur l’horaire prévu et, faute du signe d’un usager, méprise cet arrêt, les voyageurs qui se présentent entre ce moment et l’heure de passage estimée doivent attendre le bus suivant au lieu d'être montés dans celui-là. Le bus impatient talonne alors son prédécesseur. Il se trouve ainsi moins chargé, avance plus rapidement et augmente la durée d'attente des usagers qui n'ont pu monter à son bord. Pour éviter que son bus ne circule à moitié vide, souvent le chauffeur poursuivant tente de, et parfois réussit à, doubler le bus qui le précède, prenant ainsi le risque d’accrocher d'autres véhicules. Inconvénient supplémentaire : le bus parvenu à l'arrêt ainsi négligé met plus de temps à charger des voyageurs dont certains auraient pu monter dans l'autobus qui le précédait et, par un effet de cascade, ralentit la circulation sur l’ensemble de la ligne. On perd ainsi du temps, gaspille de l'énergie motrice, augmente les besoins en autobus et en conducteurs, et on encombre les voies.

Il  serait assurément long et coûteux de remplacer l’ensemble des poteaux actuels par de nouveaux débarrassés de la mention que je n’hésite pas à qualifier de stupide. Mais on peut vérifier la validité des hypothèses que je formule ci-dessus en imposant, aux conducteurs affectés à une ligne sur laquelle les « trains de bus » sont fréquents, de toujours respecter l’arrêt.

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