L'apparition dans un quotidien du terme "narchomicide" été suivie d'un échange de courriels entre ce quotidien et un de ses lecteurs. Voici les courriels en question.
D’un lecteur au courrier des lecteurs – 20 novembre 2025
Dans l'éditorial du jeudi 20 novembre apparaît le barbarisme "narchomicide". Homicide est un mot français, composé d’homo (homme), au sens de "être humain", et caedere (verbe latin) au sens de "tuer". Ce mot désigne "celui qui tue", utilisé comme substantif ou comme adjectif. Sur ce modèle sont apparus plusieurs mots avec le suffixe "cide" tels parricide, matricide, infanticide, régicide et alii. On y a adjoint plus récemment féminicide, qui nomme le meurtre d'une femme, au sens d'individu de sexe féminin, étendu à ceux d'épouse, compagne, maîtresse, concubine, présente ou ancienne, et autres. Tous ces mots désignent des victimes. Il n'en va en rien de même pour le préfixe "narco" qui semble qualifier un meurtre lié à la consommation ou au trafic de drogues illicites. Il est totalement impropre et devrait être proscrit absolument.
Réponse du courrier des lecteurs – 9 décembre 2025
Nous vous remercions de votre courriel. Renseignement pris auprès du service Correction, nous vous informons que le terme "narchomicide" a été ajouté à notre "marche maison" à l'été 2024, du fait de son usage attesté. Il désigne un type de crime, et il est construit de manière régulière à partir d'un préfixe et d'un substantif. Il n'y a donc pas d'erreur dans l'emploi de ce mot dans l'éditorial du 20 novembre.
Réponse du lecteur – 10 décembre 2025
Je vous remercie pour votre réponse. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir transmettre à votre service Correction la remarque qui suit.
Une langue se doit d’évoluer. C’est l’usage qui prévaut et il est vain de vouloir légiférer à son sujet. Il me semble cependant qu’un esprit de responsabilité devrait vous inciter à davantage de rigueur dans vos écrits.
La formation de narchomicide est parfaitement régulière. Son élément final cide dérive de la racine latine caedere (tuer) et l’on peut relever plusieurs mots pour qualifier ce genre d’homicide, tels parricide, infanticide, matricide, ou féminicide. Mais, s’ ils désignent tous la victime d’un homicide, narchomicide fait lui, du trafic de drogue, l’origine du crime et non sa cible.
Il me semble donc que l’on puisse regretter l’ajout du terme « narchomicide » à votre « marche maison ».