Brice LACCRUCHE ALIHANGA, tout ça pour ça?

Quand la mauvaise intelligence ou mauvaise foi prend le dessus sur la raison d’Etat, ça donne ce genre de management. Il en est de même lorsque ceux qui sont sensés faire le travail pour lequel ils sont payés ne le font pas non seulement par incompétence mais mieux, ils cherchent à justifier leur incurie en pointant du doigt les autres qui n’ont aucune responsabilité au sommet de l'Etat.


La fable de Jean de La Fontaine "La laboureur et ses enfants" ne cesse  de nous enseigner quelle est l’importance du travail et tout le trésor qui s’y trouve lorsqu'il est bien fait, certains compatriotes se plaisent à être des modèles d'incompétence notoire  au point d'occuper une place qui, en langage mathématiques, tend plutôt vers moins l'Infini, autrement dit, inférieure ou égale à zéro. 


Il y’a un peu plus d’un an, le Président de la République avait nommé  un « jeune » Directeur de Cabinet aux fins d'impulser une certaine dynamique dans le processus de la prise de décisions au sommet de l'Etat. Tout le monde a applaudi et salué cet acte en espérant que le dynamisme escompté créera un sursaut d'orgueil de la part de "l'heureux élu" et que ce dernier s'attèlera à traduire en actes concrets tous les plans de développement du Gabon inscrit dans le PSGE.  Autre fait, et pas des moindres, le Président de la République a également confié la gestion de son cabinet civil et politique au jeune Directeur de Cabinet qui n'a pas des épaules solides pour de tels fardeaux. En cumulant le cabinet civil et politique, ce qu’aucun autre collaborateur n’avait réussi à obtenir du Président de la République, le jeune Directeur de Cabinet s’est davantage illustré par une incompétence et une arrogance outrancière. La Bible nous enseigne que celui à qui on a donné plus, on en demandera plus. Il est donc légitime de s'interroger sur ce que Brice Laccruche Alihanga en a fait  de positif avec autant de pouvoirs concentrés entre ses mains.

L'évidence est cruelle, mais elle ne peut être masquée: Le Président de la République a fait confiance aux jeunes incompétents, fainéants jouisseurs, assoiffés d’argent et d’enrichissement sans limite. Les résultats, après un an de gouvernance, nous obligent à conclure que le travail attendu n’a pas été fait, et, pour être honnête, le travail a été mal fait parce qu'il a été confié à des amateurs et paresseux.
Après avoir inondé l’administration, publique et privée, de proches et des membres de son association, qu’est ce qui peut encore justifier l’état actuel du pays? Qui bloque la machine alors que ce sont les mêmes qui sont aux commandes et ils disposent de tous les leviers?


Quand on dirige le cabinet politique Président de la République, on est, de facto, un éminent membre du parti politique auquel appartient le Chef de l'Etat. C'est une pratique politique universelle. Sauf au Gabon, comme nous l'avons tous constaté lors des dernières joutes électorales durant lesquelles nous avons vu la naissance d'un parti politique, le RV pour ne pas le citer, composé en grande majorité par les proches du Directeur de Cabinet.  Alors que le jeune Marc Tchango, pourtant à la tête d'un parti de la majorité présidentielle, s'est désisté pour assurer la victoire du candidat du PDG sur son siège et fief électoral, aucun candidat du RV admis au second tour des dernières législatives ne s'est désisté pour assurer au PDG une confortable majorité. Sur certains sièges, le PDG a même été laminé par les candidats du RV.

Quel est l’avis de Directeur de Cabinet du Distingué Camarade Président du PDG? Lui qui a financé les adversaires du parti qu’il est sensé diriger? A un moment donné, faudra que le PDG se penche dessus. On ne peut pas se servir des moyens du PDG pour tuer ce dernier. Dans des certaines localités de notre pays, le parti a perdu des sièges  (14 sièges en tout) pendant que les indépendantistes et surtout le RV, eux, ont triomphé et ceci n’émeut personne. Finalement le PDG a gagné mais sa base a été fortement fragilisée au regard du nombre d’indépendants et du RV. Quand on est le Directeur de Cabinet Politique du Président de la République, soit on sert le part et son président soit on démissionne. Il est inadmissible de faire sa propre politique au détriment de celle de son patron. C'est un acte de trahison ! 
Tout le monde se souvient encore en juillet 2018, lorsque le Directeur de Cabinet Politique du Distingué Camarade Président du PDG était venu se confondre en excuses devant le comité permanent et le bureau politique du parti disant dans les yeux que l’AJEV, son association, ne présentera pas de candidats aux élections. Quelle duperie pour ceux qui y ont cru !  Il a juste suffi de déshabiller Pierre (l'AJEV) pour habiller Paul (le RV).

En l’espace d’un mois, l'AJEV est devenu un parti politique dénommé RV avec le même directoire, les mêmes acteurs qui sont allés aux élections et ont soit battu le PDG soit contribué à son échec. Du coup la base militante traditionnelle s’est retrouvée confuse que des membres du parti sensés incarner l’image du Distingué Camarade se mettent à battre campagne contre le PDG parti de ce dernier. Quelle idée de diriger le cabinet civil et politique d’un Chef d’Etat et ne pas comprendre que ses intérêts sont avant tout de renforcer sa base politique?  Ne pas le comprendre, c’est avoir certainement manqué quelques classes préparatoires en politique. Et pour un DC c’est simplement la preuve de l’amateurisme de l’incompétence et de l'incurie. Au lieu de se mettre donc au travail pour le rayonnement de son patron, on utilise les moyens mis à sa disposition pour les charges du Cabinet du Président de la République pour se faire voir comme si l’on était un homme politique.

Avec un passif aussi lourd de par tous les scandales financiers auxquels il était mêlé, Brice Laccruche Alihanga aurait dû se servir de ces différentes expériences pour mieux diriger le cabinet présidentiel. Rendre son patron impopulaire avec des mesures d’austérité inopportunes, effriter la base politique de ce dernier en déséquilibrant le fonctionnement de son principal parti politique, et, sur le plan institutionnel, en causant une fatigue légère, puis une fatigue sévère et ensuite un œdème cérébral parce qu’il se préoccupe plus de l’argent de la fonction que des intérêts du Président de la République. 

 

 

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