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Billet de blog 21 juillet 2014

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Expulsion du collectif des Baras à Bagnolet. Demain, 260 personnes dehors?

Appel à la mobilisation pour les Baras des élus Dynamique Citoyenne. C'est le 22 Juillet 2014 que les membres du collectif des Baras, qui occupent depuis près de 9 mois les locaux d’Emerson, une entreprise sans activité situé au 124 avenue Gallieni à Bagnolet (93), devraient être expulsés.

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Appel à la mobilisation pour les Baras des élus Dynamique Citoyenne. C'est le 22 Juillet 2014 que les membres du collectif des Baras, qui occupent depuis près de 9 mois les locaux d’Emerson, une entreprise sans activité situé au 124 avenue Gallieni à Bagnolet (93), devraient être expulsés.

Depuis la fin de l'année 2013, le collectif Baras a trouvé, au terme d'une trajectoire migratoire périlleuse, un endroit où pouvoir poser quelques bagages et dormir sous un toit. Ils ont quitté leur pays d'Afrique, parfois touchés par la guerre, souvent en conflit, où la pauvreté sévit toujours, et où, les anciennes puissances coloniales avec la France comme chef de file, ne sont jamais étrangers à la situation.

Ils ont commencé par travailler en Libye, qu’ils ont dû fuir au moment de la chute de Kadhafi et ont atterri en Espagne ou en Italie, dans les conditions dangereuses que nous connaissons. Là-bas non plus, ils n'ont pu rester en raison du chômage sévissant dans ces deux pays d’Europe sévèrement touchés par ce mal qu'on appelle « la crise ». C'est ainsi qu'ils sont venus en France, dans l'espoir d'y trouver des conditions de vie plus clémentes faute d'en trouver des décentes. Ils ont choisi Montreuil pour se rapprocher de leurs compatriotes (la majorité des Baras sont maliens). Après avoir dormi dans la rue à deux pas du foyer dont ils ont gardé le nom (le foyer Bara), ils ont tenté d'occuper un bâtiment vide appartenant au Conseil général. Aussitôt arrivés, aussitôt expulsés. C'était en mai 2013. Aujourd'hui, ce bâtiment reste vide.

Combien de temps Emerson restera vide après cette prochaine expulsion ?

Aux Africains sont venues s'ajouter quelques familles Roms, elles aussi en quêtent d'un devenir meilleur. Aujourd'hui la Préfecture est insensible à la situation de ces travailleurs majoritairement maliens qui pour la plupart, était en situation régulière en Italie et en Espagne  (donc en Europe), et des familles Roms en situation régulière mais sans logement.

Suite à la demande du propriétaire Emerson, la préfecture a notifié aux Baras leur expulsion imminente et la mise en place d'un diagnostic social afin de connaître la situation des membres du collectif et de trouver des solutions adaptées. Cependant, ce diagnostic a été mis en place sans en prévenir préalablement les occupants, qui pour la plupart n’ont pu être entendus : pas d’interprète pour entendre les présents, aucun des occupants n’a pu préparer un dossier, les conditions de confiance étaient loin d'être réunies etc. Par conséquent, les règles minimum de droit pratiquées pour ce type d’investigation n’ont pas été respectées.

De fait, cela ressemble à une démarche sciemment organisée pour légitimer une décision qui semblerait déjà être prise et définitive.

La justification de la Préfecture pour une expulsion, le 22 Juillet prochain, est que le propriétaire aurait un projet d’opération immobilière. Les élus de la ville de Bagnolet, après vérification confirme qu'aucun projet n’a été déposé, ni par le vendeur (EMERSON), ni par le supposé acheteur (BATITERE). Si projet il y a, cela prendra du temps.

Le collectif des Baras et les élus du groupe Dynamique Citoyenne de Bagnolet exigent donc l’arrêt de ce processus d’expulsion. Ils demandent tout d'abord que toutes les personnes soient maintenues dans les locaux. Puisque aucun projet immobilier n’existe, il n’y a pas d’urgence à procéder à cette expulsion, elle ne doit en aucun cas avoir lieu le 22 juillet. Ils exigent également qu’il soit procédé à un diagnostic social sérieux respectant les droits des personnes concernées.

Le maintien provisoire, dans les lieux donne le délai nécessaire pour organiser le relogement des familles et des personnes sur la région, condition pour gérer sereinement, sans pression et sans crainte les démarches en vue de leur régularisation. 

Le collectif des Baras avait, pendant la campagne électorale, été reçu lors des meetings de plusieurs partis dont Dynamique Citoyenne qui leur avait apporté son soutien sur la base de ces exigences. Elus de la majorité municipale depuis la fin mars, leur soutien aux revendications des Baras est aujourd'hui une promesse de campagne à tenir.

Le collectif des Baras et les élus Dynamique Citoyenne appelle à ne pas laisser faire cette expulsion et à se retrouver, mardi 22 Juillet à 5h30 devant le 124 avenue Gallieni à Bagnolet pour que 260 personnes, dont des enfants, ne se retrouvent pas à la rue.

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