kiaora

Abonné·e de Mediapart

16 Billets

1 Éditions

Billet de blog 16 mars 2008

kiaora

Abonné·e de Mediapart

La seconde vie du Rainbow Warrior (2)

Suite et fin de ce billet consacré à l'affaire du Rainbow Warrior, à l'occasion d'une escale du Rainbow Warrior II à Auckland. 

kiaora

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Suite et fin de ce billet consacré à l'affaire du Rainbow Warrior, à l'occasion d'une escale du Rainbow Warrior II à Auckland.

Des excuses officielles de la France et le versement de dommages et intérêts à l'Etat néo-zélandais ne réussiront pas à laver totalement l'affront. "C’était la plus grave violation de la souveraineté territoriale qu’ait jamais subi la Nouvelle-Zélande. C’était un acte de terrorisme soutenu par un État, un acte de guerre", se souvient l'ancien vice-Premier ministre Geoffrey Palmer. Même si l'homme de la rue ne vous en tient plus rigueur, France et Rainbow Warrior restent étroitement liés dans l'esprit des Néo-zélandais.
Bénéficiant d'une vague de sympathie de la part de l'opinion internationale, Greenpeace ne relâche pas la pression. En 1989, l'épave du Rainbow Warrior est immergée à Matauri Bay au cours d'une cérémonie maorie. Elle sert depuis de terrain de jeu pour tous les amateurs de plongée.

Crédit photo : Greenpeace

Cette même année, l'association met à l'eau le nouveau Rainbow Warrior après le succès de son slogan "Vous ne pouvez pas couler un Rainbow Warrior". Mais l'Histoire s'amuse parfois à jouer des tours. En juillet 1995, dix ans après l'affaire, un nouvelle confrontation survient entre Greenpeace et la France. Le président de la République fraîchement élu, Jacques Chirac, a rompu le moratoire décrété par son prédécesseur et ordonné une dernière campagne d'essais nucléaires dans le Pacifique. Le Rainbow Warrior se rend sur place.
"Après notre entrée dans la zone d'exclusion de 12 miles autour de l'atoll de Moruroa, des commandos ont abordé le Rainbow Warrior et ont commencé à casser les vitres et à envoyer des grenades lacrymogènes sur le pont", raconte Stephanie Mills, qui était à l'époque responsable de la campagne contre la reprise des essais nucléaires.
"Alors que le capitaine arrêtait les moteurs et que l'équipage se dirigeait vers le pont inférieur, le Rainbow Warrior a été éperonné par un remorqueur français faisant un trou dans sa coque, heureusement au dessus du niveau de l'eau. (...). Nous avons été évacués de force du Rainbow Warrior et interrogés avant d'être ramenés à bord du bateau et escortés jusqu'aux eaux internationales".

Crédit photo : Greenpeace

Avec la fin des essais nucléaires dans le Pacifique en 1996, le Rainbow Warrior réoriente ses missions. Aujourd'hui, il participe à la campagne de sensibilisation au réchauffement climatique.

Crédit photo : Antoine Duroyon

Il lutte également contre la chasse aux baleines. Dès la fin de son escale à Auckland, le bateau devait ainsi faire route vers le Pacifique Sud. "Là-bas, la chasse à la baleine se poursuit sous couvert de recherche scientifique", explique un militant de l'association. qui vise spécifiquement les Japonais. Une réprobation que partage le Premier ministre néo-zélandais, Helen Clark, qui a estimé dernièrement que les bateaux japonais feraient mieux de rester chez eux.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.