Le RN se dit antisystème et social. Je dis qu’il est néolibéral et antisocial.
Qu’ont-ils fait de nous que nous avons accepté sans nous méfier ? Nous étions des individus occupés à ériger des règles pour réussir à vivre ensemble. J’avoue, c’est difficile, fatiguant, voire « houleux », et encore c’est un euphémisme. Je vous l’accorde. En revanche, nous étions obligés d’accepter notre finitude, notre imperfection, la nécessité d’aller vers les autres, la différence, notre désir, celui des autres, le vide de nos existences…Bref, l’être humain est plutôt mal foutu. Mais c’est nous, c’est comme ça. Vivons avec !
Puis sont arrivés, les comptables, les gestionnaires du monde . Et petit à petit, l’individu, le « Je » fût remplacé par « Moi, moi, moi et encore moi ! » Le « Je » a commencé à définir ce qu’il pouvait montrer. Une identité, sans vide, saturée, finie, centrée sur son image. Il se mesure par ses performances, ses choix, ses opinions. Obsédée par son “développement personnel”. Dans une logique de contrôle : “je me maîtrise”, “je me gère”, “je m’améliore”. Il est devenu le « Moi » complet, maitrisé, cohérent et a toujours raison. Il a pris autorité sur le « Je ».
Pour ceux qui sont restés… Quel rapport avec Perpignan, Alliot, le RN ?
Très bonne question, je vous remercie de l’avoir posée.
A Perpignan, ils sécurisent, nettoient, divisent, excluent, gèrent. Demandez le programme : il est là. Je ne vous insulterai pas en vous rappelant les promesses de propreté, et sécurité du candidat devenu Maire. Et je vous laisse apprécier les résultats. C’est trop évident.
La division. Soyons honnêtes, Alliot ne l’a pas inventée. Elle lui préexistait. Il en a fait ses choux gras. D’un côté les Gitans, de l’autres les Arabes, par ici, les pauvres, là les Espagnols, là-bas les pieds noirs, et par ci par là des riches, avec une pincée de musulmans, de cathos, de juifs etc., etc. Perpignan est présentée comme une mosaïque plutôt qu’un Tout.
La Mairie opère un tri de la population. Attention ! Qui sont ceux qu’on peut mettre dans la vitrine ? Ceux qui paient. Ceux qui sont bien lisses. Ceux qui se taisent. Et on les entend déjà, main levée « Moi ! Moi ! Moi ! »
Il est plus subtil de déceler les stigmates du néolibéralisme de Perpignan sous Alliot.
La Mairie, le Maire, inondent l’espace communal de leur communication. Tout est bon, magazine, journaux, réunions, affichages, drapeaux, slogans….La ville n’est pas un espace d’expression. D’ailleurs il n’en existe presque pas. Elle est la banderole d’un homme, d’un parti, d’une idéologie. La culture est festive. Elle occupe les masses dans un décor. Elle ne crée pas les conditions de création : du temps et des lieux pour une population assoiffée d’expression. Le débat a disparu. Quand créer « Le Printemps de la Liberté d’expression » semble devenir un devoir, c’est souvent que les intéressés sont mal à l’aise avec ça.
La liberté ne s’organise pas dans un salon. Elle s’offre en pâture. Elle est dévorée. Digérée.
Personne ne sait ce qui va en sortir.
Ah, et ils aiment punir. La punition est La Solution. Si c’était vrai, le système carcéral aurait des résultats et tous les parents couleraient des jours paisibles. A l’unisson avec les cerbères nationaux, la Mairie de Perpignan a déployé force communication pour développer l’idée de punir les consommateurs de stupéfiants. Comme si l’addiction était un vice et non un symptôme. Qu’allons-nous faire de tous les alcooliques ? Pourquoi consomme-t-on des stupéfiants ? Qu’est-ce qui dans notre société nous mène à nous anesthésier ?
Solution simple pour des esprits simples.
Les comptables voient le monde à travers des tableurs Excel. L’équipe municipale s’est donc essayer de quantifier l’insécurité et les « résultats » de sa politique sécuritaire. Patatras, cul par-dessus tête ! Même leurs cousins du Ministère de l’Intérieur déplorent l’absence de performance de la ville en matière de sécurité.
Il ne suffit pas d’afficher. Il ne suffit pas d’illuminer les vitrines. Surtout quand il n’y a rien en stock.
Où sont les espaces inconnus dans lesquels nous pouvons nous rencontrer ? Où sont les citoyens qui font vivre leur commune ? Peut-on espérer gérer nous-mêmes l’ eau, l’énergie, les cantines, les espaces de vie ? La culture est-elle une création populaire ou un spectacle pour divertir la plèbe ? Je vous invite à poser ces questions.
Et une dernière, beaucoup plus triviale « Que s’est-il vraiment passé en 6 ans à Perpignan ? » « Quelles sont les réalisations de cette équipe municipale ? » « Ont-ils seulement eu un jour un projet pour la ville ? »
PS : je n’aime pas les citations mais enfin j’y cède « Sauvez la Liberté. La Liberté sauvera le reste » Victor H.
Inspiré de « Les armes de la fiction » de Leslie Kaplan, du podcast d’Elisabeth Feytit « Méta de choc » et de mes divagations dans les montagnes des Pyrénées Orientales.