L’EUROPE, PREMIÈRE PUISSANCE MONDIALE EN 2030

L’EUROPE, PREMIÈRE PUISSANCE MONDIALE EN 2030 - L’IDÉOLOGIE, ENJEU CRUCIAL DE LA MONDIALISATION. Stratégie géopolitique internationale : (lecture : 28 mn)

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Stratégie géopolitique internationale :

La situation géopolitique mondiale actuelle se répartit schématiquement en cinq grands continents qui se livrent une guerre économique et militaire, pour la possession des matières premières et des richesses financières, mais aussi pour la suprématie idéologique : les USA, la Russie, la Chine, le Moyen-Orient et l’Europe (les choses risquent de changer avec l’arrivée prochaine de l’Inde et du Brésil). La description qui suit est volontairement schématique, seulement destinée à faire ressortir la structure générale d’une situation complexe.

Chacun de ces cinq continents utilisent des moyens commerciaux et idéologiques différents pour gagner cette guerre. Idéologiquement, les USA et l’Europe sont proches par un système politique libéral, qui permet un capitalisme de prédateur. La Russie et le Moyen-Orient privilégient des systèmes politiques autoritaires qui permettent un capitalisme de connivence avec une idéologie tournée vers les pratiques religieuses. 

La Chine est différente, elle a aussi un système politique autoritaire, mais elle préfère un capitalisme prédateur plutôt que de connivence. Son idéologie reposait autrefois sur l’enseignement de Confucius qui assigne une place primordiale au ren, défini comme « le souci qu’ont les hommes les uns pour les autres, du fait qu’ils vivent ensemble ». Le ren peut se propager de proche en proche si la communauté est élargie à l’échelle d’un pays, voire de l’humanité. Or, cette conception cosmologique a été radicalement remise en cause depuis un demi-siècle, avec l’intrusion de la Chine dans le capitalisme mondial. La Chine adopte alors une forme de capitalisme prédateur, semi-ouvert à la concurrence, qui l’éloigne de son idéologie ancestrale

Les USA, la Chine et la Russie sont des continents déjà très puissants, alors que l’Europe et le Moyen-Orient sont des continents en construction ou en destruction. Il n’est pas de l’intérêt de ces trois grandes puissances, que cette construction aboutisse positivement. 

C’EST LA PUISSANCE MILITARO-INSTUSDRIELLE QUI FACILITE LA SUPRÉMATIE IDÉOLOGIQUE

Cependant, malgré son succès économique, l’Europe perd du terrain sur la guerre idéologique. Elle reste un nain politique sur l’échiquier mondial, faute d’accord politique entre ses membres, pour harmoniser les règles commerciales et sociales des états membres.

Les guerres du Moyen-Orient :

Au Moyen-Orient, la guerre idéologique oppose les Sunnites (l’Arabie Saoudite) et les Chiites (l’Iran) pour la suprémacie idéologie sur le Moyen Orient. Ils ont chacun leur bras armé, daesh pour les sunnites, et le hezbollah pour l’Iran chiite. 

La guerre militaire se joue sur les réserves de pétrole du moyen Orient, et la construction d’un gazoduc. Chacun soutient un clan idélogique (chiite ou sunnites), avant tout, en raison de son intérêt pétrolier. La Russie soutient l’Iran (chiite) pour que la construction du gazoduc passe par l’Iran. Alors que les USA et l’Europe soutiennent l’Arabie Saoudite (sunnite) pour un gazoduc passant par la Jordanie. Dans cette guerre, tout le monde ment et joue double jeu. La désinformation est devenue une arme de guerre assumée, les populations sont ouvertement induites en erreur.

La rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran se nourrit des oppositions confessionnelles entre les deux principales familles de l’islam qui se disputent l’héritage du prophète.

Le sunnisme rassemble environ 85 % des musulmans. En 2003, l’invasion américaine de l’Irak déclenche une guerre civile entre la majorité chiite qui a pris le pouvoir et la minorité sunnite qui tenait le pouvoir avant la guerre, grâce à la dictature de Saddam Hussein. C’est l’ex-armée sunnite irakienne qui a accouché du monstre daech, devenu le bras armé des sunnites au Moyen Orient. 

En Syrie, le dictateur Assad, issu de la minorité chiite du pays, dirige d’une main de fer, son peuple à majorité sunnite. Cela a favorisé la montée d’un extrémisme sunnite, soutenue par les puissances sunnites que sont l’Arabie Saoudite, la Turquie et les monarchies du Golfe, qui appuient ces groupes rebelles. En 2011, la Syrie bascule dans la guerre civile.

Mais l’Histoire se précipite quand l’armée turque abat par erreur, un avion de guerre russe en novembre 2015, provoquant une crise diplomatique sans précédent qui aboutit à un retournement d’alliance spectaculaire. Cette histoire vaut la peine d’être racontée, car elle symbolise les rapports entre nations. Poutine qualifiait cela « d’un coup de poignard dans le dos », avec « des conséquences sérieuses sur les relations russo-turques », il menace Erdogan de sanctions économiques et énergétiques. Le risque d’un choc économique a poussé le présidant Turc à présenter ses regrets à la Russie de Poutine. Moins d'un an plus tard, Erdogan, et Poutine, se rencontrent à Istanbul pour signer un accord sur l'énergie. La Russie est devenue le principal partenaire de la Turquie devant l'Europe. C'est la Russie qui exporte vers la Turquie, qui fournit gaz et pétrole, qui a construit oléoduc et gazoduc, et va livrer une centrale nucléaire.

Les arguments sont convaincants et Erdogan ne peut que de se rallier à la Russie. La Turquie opère subitement un retournement d’alliance, en quittant ses alliés occidentaux, permettant à la Russie de gagner la guerre en Syrie. 

En décembre 2016, la Turquie, la Russie et l’Iran se retrouvent à Astana pour s’entretenir du processus de paix en Syrie. Cette réunion est avant tout remarquable par ses absents : Américains et Européens. La Turquie et la Russie se rapprochent à grande vitesse. Les deux pays connaissent les mêmes craintes sécuritaires face aux islamistes. Pour la Turquie, la priorité est de limiter la progression des Kurdes en Syrie. La Russie lui vend du matériel militaire que l'Europe a refusé, par crainte d'une utilisation contre les kurdes. Grâce à cela, l’armée turque empêche la jonction des trois cantons Kurdes bordant la frontière turco-syrienne actuellement contrôlée par les forces du PKK, considéré comme organisation terroriste par Ankara.

Mais qu’aurait obtenu Moscou en échange de ce laissez-passer donné à des opposants du régime de Bachar al-Assad ? Un tel compromis avec la Russie n’est pas du goût de tout le monde. Pour preuve, le coup d'état raté en Turquie en juillet 2016, fomenté aux dires des autorités, par l'intellectuel musulman turc F. Gülen vivant aux USA. La Russie a semble-t-il prévenu Erdogan de l'imminence d'une tentative de putsch. Aussitôt, la presse turque et Russe ont dénoncé une intervention des pays occidentaux qui ont « peur de l’amitié entre la Russie et la Turquie ».

La Turquie bascule vers un régime totalitaire, avec une idéologie religieuse et un capitalisme de connivence. Des milliers d’opposants sont emprisonnés, fonctionnaires, journalistes, magistrats, tous les médias indépendants sont bâillonnés. Mais aussi, le déclenchement d’une répression farouche contre les Kurdes et les forces démocratiques.

L’UE est aux abonnés absents, quand elle ne se fourvoie pas elle-même, dans des compromis avec la Turquie. Finalement, Assad semble sortir victorieux de cette guerre, grâce à ses alliés, l’Iran chiite, la Russie et la Turquie sunnite. Le Gazoduc russe passera donc par l’Iran, comme prévu avant la guerre. Depuis, l’Arabie Saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran, approfondissant la cassure confessionnelle entre chiites et sunnites, et relançant la guerre pour la suprématie idéologique au Moyen Orient. 

En 2017, l'alliance entre la Russie, la Turquie et l'Iran met fin au conflit syrien. Mais ce triangle entre « Slaves, Ottomans et Perses » est loin d'être équilibré, et leurs intérêts géopolitiques sont divergents. Cependant, ce qui uni ce triangle, c'est la volonté de revanche face à un monde occidental, américain et européen, qui n'a cessé, à leurs yeux, de les humilier. Les Russes pour avoir été méprisé par l’occident sur la scène internationale, après l’effondrement de l’URSS, les Turcs pour la fausse promesse d’intégration dans l’UE, et les Iraniens pour avoir voulu choisir leurs dirigeants à la suite du Shah. 

Mais ce qui unit aussi ces trois pays, c'est la nature autoritaire de leurs régimes respectifs.

État des lieux européens :

L’Europe n’arrive pas à s’unir, car ce n’est pas l’intérêt des USA, qui domine ainsi la guerre économique en imposant un capitalisme prédateur ultra libéral. Ce n’est pas non plus l’intérêt de la Russie, qui soutient des régimes autoritaires en Europe, en espérant la faire basculer vers un capitalisme de connivence. 

L’Europe se défend bien dans la guerre économique face aux USA, mais elle est faible politiquement et militairement face à la Russie. Si les conflits du Moyen-Orient s’intensifiaient, c’est sûrement vers l’Europe que ça déborderait.

En Europe, nous subissons également une offensive idéologique religieuse importante, financé par notre principal allié dans la guerre pétrolière du Moyen-Orient : l’Arabie Saoudite. Celle-ci cherche à islamiser la population musulmane européenne pour déstabiliser l’Europe. Cette population musulmane a depuis longtemps intégré les valeurs laïques européennes, et pratique la religion dans le cadre des droits de l’homme. Mais, le retour au port du voile par les jeunes musulmanes européennes est le curseur visible de leur progression. L’Europe doit réagir rapidement par une contre-offensive politique et idéologique, au niveau européen pour contrer cette propagande religieuse orientale qui officie principalement dans les mosquées européennes. 

Le peuple Kurde vient de déclarer l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est le premier pays arabo-musulman à le faire, ils sont l’exemple et la preuve vivante qu’on peut pratiquer la religion musulmane dans le cadre des droits de l’homme. C’est le peuple Kurde que l’Europe devrait soutenir en premier pour mener sa contre-offensive idéologique. Le « courant » Kurde pourrait devenir un modèle pour les musulmans européens. La défense du peuple Kurde n’est pas évidente, car ils sont seuls, face aux chiites et aux sunnites. Il ne faudra pas les lâcher pour des interêts pétroliers, car notre intérêt idéologique est bien plus important.

En résumé, l’Europe est attaqué idéologiquement, à la fois par les Russes en soutenant des politiques d’extrêmes droites autoritaires ; et par l’Arabie Saoudite (sunnite) en islamisant la population musulmane sunnite européenne. Et la situation s’aggrave avec des attentats perpétrés en Europe par daesh, le bras armé des sunnites.

Faut-il choisir un capitalisme de connivence ou prédateur ?

Le capitalisme de connivence :

C’est principalement un capitalisme d'état autoritaire. L’état soutient certaines entreprises, il dévoie et travestit l'esprit d’une économie basée sur la concurrence, par la collusion des pouvoirs politiques, économiques et financiers. Les concurrents sont ainsi évincés du marché, non parce qu’ils sont moins bons, mais parce qu’ils n’ont pas su obtenir les faveurs de l’État.

Les entreprises en connivence financent souvent, de façon égale, à peu près tous les partis, pour ne pas prendre de risques. On parle également de « capitalisme de copinage » (crony capitalism en anglais). Le clientélisme, le népotisme et le favoritisme sont les exemples quotidiens de cette corruption légalisée. 

La « recherche de rentes », de plus en plus importantes, gangrènent peu à peu la société qui ne peut plus fonctionner. Elle s’étouffe et pourrie de l’intérieur puis s’effondre d’elle-même, comme se fut le cas pour l’empire soviétique. Sa chute a ouvert les portes au capitalisme prédateur occidental qui s’est partagé la proie. L’URSS avait tout misé sur la puissance militaire et ils ont perdu face à la puissance économique des USA.

L’idéologie des états fascistes et communistes, s’appuie toujours sur un capitalisme de connivence. Pour embrigader leurs peuples, les uns impose une idéologie politique, et les autres une idéologie religieuse qui leur permet de jeter les homosexuels en pâture à la vindicte d’un peuple superstitieux, pourvu qu’il ne s’occupe pas de morale politique.

Le capitalisme prédateur :

Le capitalisme moderne s’est mondialisé depuis une vingtaine d’années grâce aux institutions supra-nationales que sont le FMI, l’OMC (et son tribunal), et la Banque mondiale. La maximisation des profits est au cœur du système du capitalisme de prédation. Basé sur quelques principes simples pour améliorer l’efficacité économique par la concurrence ; baisse des barrières douanières, dérégulations du plus grand nombre de secteurs de production, privatisation des entreprises d’état, dérégulation financière avec la permission implicite de constitutions de monopoles. Les modèles monopolistiques prédateurs sont en pleine expansion : médias possédés à plus de 80 % par quelques grands patrons du CAC 40, gestion de l’eau, des autoroutes, médicaments, grande distribution, télécommunications, tous engrangent des bénéfices massifs en évitant soigneusement de se concurrencer.

Ces règles économiques libérales sont une méthode parfaite pour mettre en coupe la planète et maintenir ainsi les populations dans une situation de vassalité permanente. Les prédateurs ont compris qu’entretenir la crainte et la peur fonctionne parfaitement. Ils peuvent ainsi exercer un chantage à l’emploi, et faire ce qu’ils savent le mieux faire : la prédation.

Le pic productif atteint dans la mondialisation ces dernières années, est avant tout soutenu par le crédit bancaire, via des produits financiers complexes, opaques, et vendus dans des proportions jusque-là inconnues. La bulle financière éclate en 2008 avec la crise des « Subprimes », déclenchée par les banques américaines. Elle se répand sur la planète financière, puis bancaire, avec pour conséquence la volatilisation de milliers de milliards de dollars virtuels, entièrement créés par la sphère des marchés financiers.

Juste avant la catastrophe, les banques américaines se sont déchargées d’une partie de leurs dettes en la revendant aux banques européennes avec de fausses annotations sur leurs valeurs. Les banques et les agences de notations américaines étaient complices de cette arnaque. L’Europe ne devrait-elle pas faire un procès contre ces banques américaines ? Elles ont enfreint toutes les règles légales de la finance et nous ont mis dans un sacré pétrin. 

De même, pour les banques qui brandissent la menace du « risque systémique » pour exiger un renflouement par l’état, suite à leurs erreurs. C’est pourtant eux, qui ont favorisé la concurrence financière par une dérégulation du marché ; ils devraient en supporter les conséquences. C’est un peu facile, quand les prédateurs privatisent les bénéfices au détriment des salariés, mais acceptent l’argent public pour les sauver de la banqueroute. 

Privatisation des bénéfices, collectivisation des pertes. En langage clair depuis 2008, les banques obtiennent des lignes de crédits colossales à des taux proches de zéro, en échange d’obligations d’État. Les Etats-Unis ont ainsi injecté près de 6 000 milliards de dollars, le Japon fait de même et la Banque Centrale Européenne suit le mouvement. Ce soutien relève d’un capitalisme de connivence. La manipulation de la monnaie par la banque centrale est le stade ultime du capitalisme de connivence. 

Nous constatons qu’en occident, le secteur financier a capturé le système politique, on l’a vu lors de la dernière crise financière. Mais nous le voyons encore mieux, avec l’élection du milliardaire M. Trump. La finance a maintenant pris directement le pouvoir aux USA.

De plus, par le ralentissement de l’économie réelle, elles pratiquent un chantage très utile et récurent : l’abaissement des protections sociales ou le chômage.

Pour les ultras libéraux, la logique du capital est, par elle-même, étrangère aux principes de la morale. L’impérialisme et le colonialisme ont parfois été présentés comme les « formes extrêmes du capitalisme ». Le capitalisme prédateur ultra libéral, bascule facilement vers un capitalisme de connivence s’il n’est pas réglementé.

Rappelons que pour résoudre la crise monétaire, le peuple islandais a révoqué son gouvernement et mis les banquiers en prison. Ils ont pris la question à bras-le-corps, réfléchi à leur « contrat social » et politisé le sujet. 

Diagnostic :

Dans la guerre idéologique que nous nous livrons, il faut choisir notre camp. Le capitalisme de connivence est une dictature, ouvert aux arrangements secrets et reposant sur une idéologie religieuse, alors que le capitalisme prédateur est une démocratie ouverte à la concurrence et reposant sur une idéologie laïque. Ces deux systèmes économiques, sont des systèmes qui permettent d’exploiter exagérément le travail des peuples, au profit d’un petit groupe de puissants. Ce sont des formes de darwinisme social, où les plus gros dévorent les plus faibles. 

De plus voilà que récemment, notre meilleur allié idéologique, les USA,  semblent basculer dans un capitalisme de connivence avec l’élection de M.Trump. Son alliance probable avec la Russie va intensifier la guerre idéologique qui s’exerce sur l’Europe, pour la faire basculer vers des régimes autoritaires, pourvus d’un capitalisme de connivence. La Russie apporte déjà un soutien moral et financier à l’extrême droite européenne.

Entre ces deux systèmes, il y a une différence idéologique fondamentale. Le capitalisme de connivence est basé sur la dictature, il n’autorise pas la liberté d’expression ni les droits de l’homme. Les échanges ne sont pas libres, mais forcés. Les peuples n’ont pas leur mot à dire.

Alors que le capitalisme prédateur, pour promouvoir la liberté des échanges et la concurrence, repose sur la démocratie, il permet la liberté d’expression des individus et son système juridique est basé sur les droits de l’homme. Cela change beaucoup, car les peuples ont leur mot à dire, et les gouvernements doivent en tenir compte.

Pour atténuer les injustices sociales, remarquons aussi, que le capitalisme prédateur ouvert à la concurrence et à la démocratie, est plus facile à réformer politiquement. L’Europe est d’ailleurs sur ce chemin, en sortant peu à peu de l’ultra-libéralisme imposé par les USA. 

Pour qu’un échange libre soit juste, cela ne peut se faire qu’entre deux agents de même puissance, sinon, c’est toujours le plus puissant qui l’emporte. Un échange entre un puissant et un faible, pour être juste, doit être réglementé proportionnellement.

Pour l’intérêt des peuples, quitte à être exploité par l’un des deux systèmes, autant choisir celui qui permet la liberté d’expression et la démocratie. Le risque majeur, c’est qu’on peut transformer une démocratie en dictature grâce aux élections, mais il est plus difficile de renverser une dictature sans révolution violente. 

Il me semble impératif de gagner la guerre idéologique mondiale en défendant la démocratie et les droits de l’homme. C’est, en tout cas, le point de vue que je défends dans ce texte.

Conclusion :

L’EUROPE DEVIENT LE SEUL CONTINENT A SOUTENIR UNE IDÉOLOGIE LIBERALE FONDÉE SUR LES DROITS DE L’HOMME !!!

La situation est sérieuse pour les peuples européens. Nous devons défendre coûte que coûte, la liberté d’expression et les droits de l’homme. Nous n’avons pas d’autres choix que de nous unir. Seule une Europe forte économiquement et idéologiquement, pourra résister à l’établissement d’une faschosphère économique et relieuse mondiale. Les peuples seraient exploités et surveillés de près, par tous les objets connectés qui nous entourent. On ferait aimer aux gens leur servitude, ce qui produirait une dictature sans douleur. Un monde où les puissants seraient tellement puissants qu’aucun retour en arrière ne serait plus possible. La démocratie et les droits de l’homme seraient baillonés définitivement. 

POUR SURVIVRE, L’EUROPE DES DROITS DE L’HOMME NE PEUT QUE S’UNIR. 

L’Europe dispose de tous les atouts. Si les 28 pays n’en formaient qu’un, l’UE serait l’une des principales puissances de la planète, que ce soit en terme politique, démographique ou économique. La plupart des économistes sont d’accord sur ce point. L'économie de l'Union européenne (PIB), dépasse désormais celle des Etats-Unis. 

Vers un souverainisme européen :

La première urgence européenne est de se doter rapidement d’une armée de défense suffisante pour dissuader une éventuelle agression à nos frontières d’où on entend déjà des bruits de bottes. Le désengagement des USA et de l’Otan, les guerres pétrolières et religieuses du Moyen Orient, et l’offensive Russe, autant idéologique que militaire, sur l’Europe doivent nous alerter. Avec toutes ces tensions, si une guerre éclatait, c’est en Europe qu’elle aurait lieu. La France possède l'arme nucléaire, mais elle ne peut être utilisée en légitime défense que si la menace est proportionnelle. Elle ne peut rien contre des chars qui grignotent nos frontières. Nous en avons eu la preuve récemment face à nos "amis" russes en Ukraine.

Pour se fortifier économiquement, l’Europe devrait adopter la même technique protectionniste que les autres continents. Élaborer une sorte de souverainisme européen, par des taxes sur les marchandises qui entrent et sur les capitaux qui sortent d’Europe, afin de rendre plus rentable l’activité économique à l’intérieur du continent européen. 

Il s’agirait d’un souverainisme provisoire, durant quelques années, le temps d’atteindre nos objectifs de relance et d’harmoniser notre système fiscal, puis réouvrir les frontières à la concurrence. Car la mondialisation est une bonne chose en soi, mais doit se faire entre continents de puissance à peu près égale, pour éviter les grands déséquilibres économiques.

L’IDÉOLOGIE EST L’ENJEU CRUCIAL DE LA MONDIALISATION.

L'UE est le principal exportateur mondial avec 15,4 % de toutes les exportations, devant la Chine (13,4 %) et les Etats-Unis (10,5 %). Établir des taxes douanières en Europe serait suivi de mesures de rétorsion de la part des autres continents, mais qui eux-mêmes, pratiquent le protectionnisme… Une marge de manœuvre reste donc possible pour des produits importés par nécessité. Mais l’Europe devrait aussi soutenir les sociétés exportatrices, afin qu’elles ne disparaissent pas, le temps de les réorienter vers le marché intérieur européen.

 

L’EUROPE, PREMIÈRE PUISSANCE MONDIALE EN 2030 

L’Europe politique :

Même si beaucoup de choses séparent les peuples européens, il y a une chose qui les rassemble tous ; l’Europe est le berceau du siècle des lumières, grand siècle par ses philosophes et ses scientifiques, qui ont imposé la raison contre les superstitions, dans la gestion des états et les progrès de l’humanité. À cette époque, ils prônent pour une Europe unie par la paix et fondée sur une civilisation commune. Avec les Lumières, on assiste à une globalisation de l’économie et de la culture qui participe à la création, en filigrane, d’une identité et d’une culture européenne. Les droits de l’Homme deviennent la base de l’idéologie européenne. L’Europe devient une unité construite autour de valeurs et d’inclinations universelles. Les hommes des Lumières, avaient compris l’importance du tiraillement entre préférence nationale et sentiment européen. Reste à promouvoir notre idéologie comme identité européenne, et comme premier pas vers l’unité politique.

L’Europe s’est protégé du fascisme, par des gouvernements démocratiques, arrimés à l’idéologie des droits de l’homme et de la liberté d’expression. C’est autour de ces droits que nous devons nous regrouper en Europe pour forger notre puissance économique et idéologique.

Remarquons que la guerre idéologique se joue principalement sur le choix entre une morale religieuse ou une morale philosophique et laïque, pour organiser les sociétés. Les USA, la Russie et le Moyen-Orient adoptent une morale religieuse, alors que l’Europe optent une morale philosophique, tandis que la Chine choisie une morale politique.

Pouvons-nous vivre en autarcie en Europe ? 

L’UE est la première industrie mondiale (automobile, aéronautique, chimie et métaux). L’agriculture européenne est la deuxième du monde. Les États de l’union ont les réseaux de transport les plus denses du monde. 

L’UE est une grande puissance financière avec le lancement de l'euro, qui s'est peu à peu imposée comme l'une des principales devises mondiales.

L'UE a également été à l'origine, de la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de la mise en œuvre du Protocole de Kyoto (accord sur le climat).

Pouvons-nous avoir une indépendance énergétique ?  

L’Europe importe plus de la moitié de l’énergie qu’elle consomme. Elle l’achète principalement à la Russie. Nous dépendons directement de la Russie, qui est aussi notre opposant dans la guerre pétrolière au Moyen-Orient. Guerre, que la Russie et son allié l’Iran viennent, semble-t-il, de gagner. La dépendance énergétique de la Turquie par la Russie est la cause première de son retournement d’alliance. Cela pourrait très bien nous arriver en Europe. Notre dépendance sera encore plus grande et nous obligera à céder sur la guerre idéologique. 

L’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE EST CRUCIALE DANS LE PROJET EUROPÉEN.

L’Europe pourrait résoudre ces problèmes en quelques années, grâce à une transition vers les énergies renouvelables. La France pourrait produire 100 % d’énergie renouvelable en 2050, par la sobriété énergétique (lutte contre les gaspillages), et l’efficacité énergétique (amélioration des performances). Ces deux leviers permettraient de diviser par deux la consommation totale d’énergie en 2050. Selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), cette mutation radicale est réaliste, même si cela suppose des réorganisations industrielles et des évolutions sociétales drastiques. Cet objectif ambitieux a déjà été voté par les parlementaires. 

L’accord de Paris issu de la COP21 vise lui-même la neutralité carbone « dans la seconde moitié du siècle ». L’urgence de la situation écologique devrait inciter l’Europe à utiliser encore provisoirement l’énergie nucléaire, durant la transition énergétique. Mais, il faudra aussi contrer les puissants lobbies de l’énergie pétrolière, que sont les trois géants européens, Shell, BP, Total, qui figurent parmi les 8 premières multinationales mondiales. Les forces contraires sont puissantes.

La création d’une armée de défense européenne suffisante et l’indépendance énergétique, sont les deux priorités de l’Union Européenne. Nous avons déjà bâti l’embryon de cette action, avec la politique européenne de sécurité et de défense commune. Il nous reste à la faire croître.

L’Europe social :

L’Europe ne doit pas être une simple zone de libre-échange. Pour que les pays européens s’unissent idéologiquement, il faut un « contrat social », un traité d’union politique et économique ambitieux. Un programme humaniste consistant à mettre l’économie au service des citoyens et non l’inverse. La dette écologique nous oblige à penser qu’il faudra consommer moins, en tout cas, pas plus que ce que la terre est capable de générer par an.

Avons-nous un modèle social et économique qui garantit l’application des droits de l’homme, la liberté d’expression, ainsi qu’un environnement social humaniste ? Une société dans laquelle le travail humain ne serait pas exagérément exploité et permettrait à chacun de vivre dignement ? Où la santé et l’éducation seraient prioritaires sur la concurrence ?

Il semble que c’est dans certains pays nordiques qu’on se rapprocherait le plus de ce modèle. À partir d’exemples réussis dans chaque pays, on pourrait élaborer un modèle social équilibré, afin d’harmoniser économiquement et socialement les différents pays. Une harmonisation qui se ferait sur la moyenne européenne des différents systèmes fiscaux.

Les différences de mentalité entre les pays du sud, de langues latines, et les pays du nord, de langues germanophones sont, sans doute, des sources d’incompréhension. C’est une mosaïque d’espaces différents avec des héritages politiques et économiques divers. Cela complique l’élaboration d’un modèle social-démocrate accepté par l’ensemble des pays. Nous avons déjà vécus ces difficultés autour de la signature de la Constitution Européenne. Mais il est urgent que nous surmontions nos différences. Nous avons en commun, les droits de l’homme et une vision humaniste de l’organisation sociale. L’enjeu est immense, car nous savons que notre industrie traditionnelle doit opérer une transformation rapide vers une industrie verte et respectueuse de l’environnement, c’est l’avenir à nos enfants qui est en jeu. L’introduction de Gaïa dans notre petit univers humain nous pose un problème inédit de rapport au temps ; nous sommes dans l’urgence et pour survivre, la terre doit rester vivante.

Ce « contrat social » pourrait faire l’objet d’un référendum dans chaque pays européen, et nous pourrions fonder, une « zone européenne » humaniste, avec tous les pays ayant répondu positivement au référendum. Le terme humaniste indique un modèle social où l’économie est mise au service des besoins des hommes, et non l’inverse, quand les hommes sont asservis à un taux de croissance, quand ils courent de plus en plus vite dans une roue de hamster, sans trop savoir pourquoi.

Cette zone européenne humaniste serait « intra-européenne », elle respecterai les traités européens, mais se doterait d’une banque centrale indépendante du reste de l’Europe. Sa monnaie serait « l’euro-zone », un euro uniquement valable dans cette zone, qui servirait uniquement à financer le projet de « contrat social et écologique » voté par référendum. 

Grâce à la création de monnaie, les investissements de cette banque centrale se mettront au service de la transition écologique. La dette économique est moins grave que la dette écologique, car celle-ci ne peut pas se payer en argent. Il faut, au contraire, un ralentissement de la consommation, car nous approchons à grands pas, de la date limite des déséquilibres climatiques. La transition écologique doit être financée par la dette, parce qu’il y a urgence. Mais afin de la rembourser plus facilement, cette dette aurait un moratoire de quelques années, durant la transition écologique et la relance économique. Ce moratoire est possible puisque cette dette n’aura pas de créancier, autre que la banque centrale. Mais le remboursement sera tout de même impératif, pour garder confiance au système monétaire et que l’ « euro-zone » ne dévalue pas. 

Remarquons que le sentiment de confiance est à la base de tous nos échanges commerciaux ou sentimentaux comme l’amour ou l’amitié. Le taux de confiance se mesure par des enquêtes sur les comportements. Les pays germanophones ont des taux de confiance bien plus élevés que les pays latins, avec près de 80 % pour le Danemark, contre une moyenne de 30 % pour les pays latins. La confiance est la matière première de tous nos échanges, et il serait sans doute intéressant de savoir comment le Danemark est parvenu à un tel résultat.

Les citoyens sont d’autant plus unis qu’ils se font confiance. Un « contrat social » juste et transparent, rétablirait une bonne partie de la confiance entre européens. Il vaut mieux que nos enfants vivent dans un environnement sain, avec une dette économique, plutôt que l’inverse de façon irréversible. La transition écologique devra être une directive contraignante pour tous les pays adhérents à l’Euro-zone.

Pour opérer une transition rapide et « sans douleur », il faut d’une part ;  libéraliser le marché du travail pour faciliter les changements industriels, et d’autre part ; redistribuer un revenu décent pour tous les citoyens européens qui subissent ces changements, par des périodes de chômage ou de formation. La robotisation grandissante va sans doute raréfier le marché de l’emploi et nous pourrons réduire le temps de travail des employés. Le revenu de chacun ne peut plus être indexé sur le temps de travail effectué, mais sur la production total (PIB), et selon les besoins de chacun. Certains, ne sont pas d’accord avec ce point de vue, en soutenant qu’en Allemagne, la robotisation est trois fois supérieur qu’en France, et pourtant, il y a toujours un bon marché de l’emploi, sans trop de chômage. Mais il y a une chose dont on ne tient pas compte, c’est que la robotisation a permis de décupler la production, alors que la masse salariale est resté la même. Où va la richesse supplémentaire produite par les robots ? Dans la poche des puissants évidemment, elles n’est pas redistribuée aux citoyens par des taxes sur la production. C’est ainsi que les écarts entre les pauvres et les riches se sont accrus de façon vertigineuse ces dernières décennies. La robotisation augmente la production pour un coût salarial identique. Et d’ailleurs que ferions-nous, dans le cas hypothétique et futuriste, où la robotisation aurait remplacé tous les employés dans les travaux pénibles ? Comment redistriburions-nous la richesse aux citoyens si le travail n’existait plus ?

Une des solutions, consisterait à taxer la production des robots. Un robot qui remplace le travail de trois personnes par exemple, devrait payer les charges sociales pour trois personnes, cela financerait un filet de sécurité à tous les citoyens européens, durant les phases de transformations économiques. 

Il y a un autre argument qui permet de penser la raréfaction des emplois. Le plan ambitieux de M. Hollande pour relancer l’emploi grâce au CICE, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, n’a pas fonctionné. Au lieu d’augmenter l’emploi, elle a augmenté les bénéfices des actionnaires à 13 % au lieu de 4 % habituellement. 

La machine est grippée, l’économie réelle reste atone. Pourtant, la finance continue à très bien se porter, les salaires des grands patrons français continuent d’augmenter de façon indécente.

En effet, les entreprises n’ont pas besoin de plus d’employés, car grâce à la robotisation, ils produisent suffisamment pour la demande actuelle. Une demande qui a fortement baissé, de par l’appauvrissement des classes moyennes, mais aussi par les changements de comportements des consommateurs vers une plus grande sobriété, permettant d’accompagner la transition écologique.

Il faudrait également garantir la liberté de la Presse, en empêchant les puissants de posséder plus d’un ou deux titres. Il faut sauver le quatrième pouvoir, protéger sa liberté d’expression par des lois indépendantes du pouvoir économique. Il en va de même pour les biens culturels.

Certains voient dans l’économie sociale et solidaire, un modèle alternatif au capitalisme prédateur. L’Europe est capable de construire un tel « contrat sociale » politique et économique, pour fédérer les pays d’Europe autour d’un projet politique humaniste, qui le fasse rêver et serve de modèle aux autres peuples. De sa réussite, dépendra l’influence idéologique de l’Europe sur le monde. 

La situation internationale à venir :

Moyen-Orient :

Quelle que soit l’issue des guerres pétrolières et religieuses qui s’y déroulent, il faudra bien que les Chiites et les Sunnites s’entendent politiquement sur le partage du continent. Ce sera la seule solution pour arrêter ces guerres fratricides. Les USA et l’Europe pourront alors influencer ces futurs gouvernements à une pratique libérale de la religion, qui respecte les droits de l’homme. Il faudra soutenir la création d’un état Kurde, contre l’influence de la Turquie et de la Russie, qui préféreront, sans doute, des régimes totalitaires pour le Moyen-Orient. 

Les Kurdes, sont une solution idéologique pour le Moyen-Orient, ils sont en pointe dans le combat démocratique. Le Rojava, au nord-est de la Syrie peuplée en majorité de Kurdes sunnites, s’est déclarée autonome à l’initiative du Parti de l’Union démocratique kurde. Ce projet Kurde consiste en un fédéralisme démocratique, décentralisé et laïc pour tout le monde. Une forme de gouvernement qui permet à toutes les communautés, à toutes les religions, à toutes les langues, de coexister dans un système fédéral. C’est à la fois la liberté pour les femmes et l’égalité avec les hommes, la liberté de religion, et les libertés démocratiques, avec un parlement élu où toutes les communautés sont représentées.

Ce qui se développe actuellement dans le Rojava est un modèle à suivre, pas seulement pour la Syrie, mais aussi pour le Moyen-Orient. Cela permettrait d’en finir avec les émirats, les califats ou les empires. Il semble que cette première expérience concrète de « confédéralisme démocratique », préconisée par les leaders Kurdes, est en train, aux yeux d’un certain nombre d’observateurs internationaux, de marquer des points sur le terrain. Au niveau international, il faut rapidement sortir le PKK de la liste des groupes terroristes dans laquelle elle a été classée par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis. 

Les Kurdes sont nos principaux alliés idéologiques au Moyen-Orient. Les imams européens pourraient être formés par les Kurdes.

L’EU n’a plus aucun intérêt dans son alliance avec l’Arabie Saoudite, elle a perdu la guerre du pétrole en Syrie, et elle se retourne contre l’UE pour islamiser l’Europe, à l’aide de son bras armé daesh. 

USA :

Le président Trump perçoit le monde comme un lieu de prédation, son nationalisme s’appuie sur la grandeur « américaine », qui consistera à donner aux USA les moyens de s’imposer dans cette « jungle » économique. C’est ce qui le distingue de M. Reagan, qui avait donné la priorité à la puissance militaire, au prix même de l’indépendance financière du pays. Résultat, depuis près de trente ans, les USA doivent emprunter des capitaux, notamment en Chine, pour faire fonctionner leur économie. M. Trump préfère la vieille méthode des années 1920, celle de la puissance financière pure, qu’on appelle « isolationnistes », qui consiste à relever les droits de douane, abaisser les impôts, et réduire les dépenses sociales. Il ne s’agit pas de protéger la consommation des ménages, mais davantage de créer les conditions d’un excès d’épargne pour financer l’investissement intérieur, sans dépendre de la Chine. Mais cette politique n’est rien sans une finance mondiale dérégulée, il fera donc sauter les digues financières élevées après la crise de 2008. Avec une monnaie forte et des taux élevés, nul ne souhaitera faire sortir ses capitaux des Etats-Unis. Ces politiques ont conduit aux deux pires crises financières de ces cent dernières années : la crise de 1929 et celle de 2008. M. Trump joue clairement avec le feu.

Ce n’est donc pas un hasard si M. Trump s’attaque principalement à deux pays, la Chine (son principal créancier) et l’Allemagne, qui sont parmi les plus excédentaires du monde. 

Il ne supporte pas que l’économie de l’UE soit plus puissante que celle des USA. Il tape sur les deux principaux piliers économiques que sont l’Allemagne et la France. Misant peut-être, sur une désunion politique du couple Franco-Allemand, qui affaiblirait l’Europe. Si nous voulons lui résister, il faudrait en premier lieu, refuser une dérégulation de la finance par l’ultra-libéralisme.

M. Trump et M. Poutine vont s’associer pour se partager les proies que sont le Moyen-Orient et l’Europe. Quel sera le résultat d’une confrontation entre ces deux pervers narcissiques paranoïaques ? L’avenir n’est pas réjouissant. Cependant, tous les deux semblent vouloir exclure la Chine. Il est vrai que la Chine est différente, bien qu’étant un régime autoritaire, elle semble préférer un capitalisme prédateur semi-ouvert à la concurrence. Différente aussi sur le plan idéologique, elle ne s’appuie pas sur une morale religieuse mais politique.

Europe :

Dans un futur proche, il faut espérer que l’Europe retrouvera rapidement son principal allié idéologique, les USA, peut-être grâce aux prochaines élections américaines, dans quatre ans, s’il n’est pas déjà trop tard. Sans eux, nous ne parviendrons jamais gagner la guerre idéologique au Moyen-Orient, ni à sauvegarder les Kurdes. 

Mais cette éviction de la Chine pourrait être une chance pour l’UE. La Chine pourrait devenir un partenaire privilégié de l’UE, nous partageons une même préférence pour un capitalisme de prédateur réglementé, à un capitalisme de connivence. Nous ne leur ferons, sans doute pas, partager notre idéologie des droits de l’homme et de la démocratie tout de suite, mais la transition vers une économie verte pourrait bien les séduire. Elle renouerait avec leurs traditions ancestrales héritées de Confucius, dans la recherche d’un possible vivre ensemble et d’un équilibre vital entre le monde humain et son environnement naturel. 

Contrairement aux USA, la Chine souhaite poursuivre les accords de la COP 21 sur le climat, et les accords sur le commerce de l’OMC dont l’EU est à l’origine.

La Chine pourrait devenir notre principal allié économique. L’Europe élaborerait un souverainisme à ses frontières, tout en maintenant des liens économiques et diplomatiques privilégiés avec la Chine. 

Énergie : Ses ressources reposent essentiellement sur le charbon dont elle dispose en abondance. Les importations chinoises de pétrole représentent près de 60 % de sa consommation et 30 % de son gaz naturel. La forte dépendance du pays au pétrole étranger, additionné aux préoccupations environnementales liées à l’utilisation massive du charbon, ont fait de la Chine le pays du monde où se concentrent le plus d’investissements dans les énergies renouvelables.

L’Europe et la Chine ont le même problème de dépendance énergétique, contrairement au trois autres puissances et notre seule solution, sont les énergies renouvelables. Une coopération industrielle avec la Chine sur la transition écologique nous serait profitable mutuellement.

Idéologiquement, la Chine cherche une assimilation forcée de tous ceux qui ne sont pas de l'ethnie majoritaire (Han), et la politique de sinisation est toujours une priorité, particulièrement au Tibet. Pour l’instant, la Chine mène une guerre idéologique à l’intérieur de ses frontières. Complètement à l’opposé des valeurs idéologiques européennes, des droits de l’homme.

Militairement, elle dispose d’une grande armée et c'est une puissance nucléaire. Elle a choisi d’acquérir son indépendance énergétique, par les énergies renouvelables et nucléaires.

La Chine pratique un « capitalisme d’État » qui possède ou contrôle une part essentielle des moyens de production. Ce fut également le cas, pour l’URSS. L'État intervient alors directement dans l'économie et dans la conduite des entreprises qu'il possède ou contrôle. 

L’État utilise les marchés à des fins principalement politiques. Selon le FMI, le PIB chinois devrait dépasser celui des Etats-Unis dans les quatre ans à venir. Pour les experts, le modèle chinois du capitalisme d’Etat est en train de prendre l’ascendant sur le modèle de marché américain. Les économistes reconnaissent l’« agilité institutionnelle » du régime chinois. Le prix à payer, c’est la liberté d’expression qui disparaît derrière un régime autoritaire.

Devons-nous choisir entre un Capitalisme d’État ou de Marché libre ?

Commençons par nous poser une question simple : quel pays donne le plus de pouvoir à l’Etat dans la vie économique ? Sur 183 pays, la Chine arrive en 147e place avec 23 % de son PIB. L’Allemagne est classée en 24e position avec 48 % du PIB. Les Etats-Unis sont 44e, avec 44 % du PIB. Le Danemark se fait encore remarquer, avec 58 %, soit deux fois plus qu’en Chine. Selon ces chiffres, le capitalisme d’État est un phénomène européen, et non asiatique.

Ces exemples montrent qu’un capitalisme d’État peut s’accorder avec la liberté d’expression et la démocratie, contrairement au régime chinois. 

Personne ne peut sérieusement nier que l’État a un rôle à jouer dans la vie économique de son pays. La question est de déterminer la nature de ce rôle, et comment il peut être rempli de manière à améliorer l’efficacité économique, tout en minimisant les comportements de corruption, qui ont tendance à apparaître, lorsque les secteurs publics et privés se rencontrent. 

Un accord militaro-économique de l’Europe et de la Chine ferait largement le poids face aux trois autres puissances. Nous serions la locomotive de la transition écologique mondiale.

Dans ce siècle de bouleversements, les continents qui pourront s’en sortir, seront façonnés par un système politique qui saura parvenir au meilleur des équilibres.

L’EUROPE, PREMIÈRE PUISSANCE MONDIALE EN 2030 ? 

C’est possible !

Marc Charbit

 

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