Avec une rare célérité, le palais de l'Élysée vient de mettre en pratique, avant même de les annoncer officiellement, quelques mesures de bon sens visant à rationaliser ses activités dans le cadre du « pacte d’irresponsabilité » récemment annoncé.
-Le statut de la première Dame de France est dorénavant lié à un CDD. Celui-ci est d'un type particulier, puisque l’échéance du contrat est déterminée par le monarque lui-même et n’est annoncée qu’à expiration, sans délai préalable. La flexibilisation du marché du travail, tant souhaitée par le gouvernement, est ainsi en marche, même si elle se traduit par une précarisation de l’emploi au plus haut niveau de l’Etat.
-Dans un souci de réduction tant des dépenses de l’Etat que des émissions de CO2, sa majesté normale, comme elle aime à se faire appeler, effectuera ses déplacements nocturnes en scooter, plutôt qu'en limousine. De plus, elle respectera à la lettre les consignes en matière de sécurité, en s'imposant le port du casque. Ses escapades nocturnes exigent la prudence la plus grande.
-Finalement, dans le cadre d’un partenariat public-privé, le monarque utilisera en plus de son palais, un appartement sponsorisé. Celui-ci, situé rue du Cirque et ainsi proche du centre de Paris, serait lié au milieu, ce qui semble logique.
Un détail attire cependant l’attention : le nom de cette rue. Etant donné l’humour décalé de Patapouf 1°, on ne peut que se demander s’il faut vraiment prendre ces mesures au sérieux, ou s'il s'agit encore, dans le cadre du grand cirque politique actuel, d'une série de numéros de clown d’une rare subtilité que les citoyens supportent avec une patience et une abnégation surprenante.
L'écrivain autrichien Karl Kraus, dans son introduction aux Derniers jours de l'humanité, oeuvre écrite en référence à la première guerre mondiale, faisait allusion à ces « années durant lesquelles des personnages d'opérette ont joué la tragédie de l'humanité". Un siècle après, cette phrase est toujours d'actualité.