Bernard Tapie utilise la pandémie

Bernard Tapie utilise la pandémie

 Bernard Tapie en est persuadé, la justice n’est pas indépendante. Prochainement à la demande de l’État le tribunal de commerce de Bobigny doit se prononcer sur la mise en liquidation des sociétés de Tapie et la cour d’appel de Paris doit le juger pour « Escroquerie et détournement d’argent public ». Ces échéances dramatiques lui commandent de se rapprocher du pouvoir suprême et de flatter le président de la République. La pandémie en est une très bonne occasion. Depuis quelques temps, faute de mieux, le ringard des années 90 se vautre régulièrement dans la presse People. Le 18 avril 2020, grâce aux relations qui lui restent, il a réussi à squatter les journaux Le Parisien, et Le Point relayé par le site You Tube.

A cette occasion, Tapie juge Emmanuel Macron avec bienveillance, il est : « plus humain moins théâtral », il se hasarde à arbitrer : « On jugera Macron au coup de sifflet final », il le sublime : « Aucune personne ne pourrait remplacer le capitaine ». Sa métaphore aéronautique est bouleversante : « Maintenant c’est à lui de poser l’appareil »

 Le cynisme de Tapie prends de l’ampleur : « L’heure n’est plus au chipotage politique » ! « Inventer la vraie révolution sociale de demain » ! À Marseille, il a été élu Conseiller général, Conseiller régional, député de la république à deux reprises, député européen, ministre. Les marseillais sont toujours à la recherche de ce qu’il subsiste de ses actions politiques et sociales, il ne reste rien ! Au mois de juillet 2008, à la suite d’une décision frauduleuse d’un tribunal arbitral, Tapie a obtenu 400 millions d’euros. Il déclarait solennellement à ce sujet devant la Commission de l’Assemblée nationale, le 10 septembre 2008, que l’important était de savoir comment il allait utiliser cet argent : « il n’achètera pas le Phocéa ou l’OM ». En fait, promptement il a acquis un yacht, un avion et une villa dans un domaine de milliardaire, pour plus de 100 millions d’euros. Malgré ses promesses, sa volonté d’aider les marseillaises et les marseillais a été le dernier de ses soucis. Aujourd’hui il tresse des louanges aux services de santé de la ville de Marseillais, pour les aider, il ferait mieux de payer ses impôts et de rembourser ses dettes.

 Durant le vingtième siècle  deux grands escrocs ont fait fortune en France le faussaire Fernand Legros et l’homme l'escroc Bernard Tapie. Le premier, décédé en 1983, a réussi grâce aux experts en œuvres d’art, ils ont validé des œuvres contrefaites, le second est devenu célèbre par la volonté des médias et de certains journalistes complaisants.

Tapie a toujours affirmé qu’il était croyant. Au sujet d'Emmanuel Macron il déclare : « On prie pour qu’il ait raison ». Si Dieux existe il a certainement observé la vraie nature de Tapie, s'il désire obtenir la vie éternelle, il doit faire son acte de contrition. Tel Lance Armstrong, qu’il avoue toutes ses escroqueries à l’occasion d’une grande émission de télévision, avec Laurent Delahousse ou Ruth Elkrief. N’en doutons pas, les audiences seront exceptionnelles. S’il ne consent pas à se repentir, personne ne pourra l’arracher des griffes du diable. Ses simulacres et ses lamentations n’y feront rien.

 

 

 

 

 

 

 

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