Ce samedi, peu avant midi, la vie dehors reste calme par rapport à un jour normal, c'est-à-dire un jour avant le 17 mars. Nous sommes le 9 mai, dans deux jours, le déconfinement commence. Cela fera donc presque deux mois de confinement. Jamais, nous aurions pensé pouvoir tenir si longtemps. De mon côté, j'ai l'impression d'être encore en mars, le mois d'avril semble avoir disparu. C'est seulement en regardant les arbres, à présent feuillus, que je prends conscience que le temps a passé.
Et pourtant, le temps d'avant paraît loin. La vie de bureau, normale, où on se sert la main, où on se parle à distance audible, paraît un autre monde. Nous sommes dans du temps suspendu.
La vie dehors reste calme, mais comme il y deux-trois jours, la vie est plus bruyante. L'excitation de la ré-ouverture est palpable. Les magasins se préparent. Les repères de distance apparaissent partout. Un peu plus de personnes sont dans les rues. D'ailleurs, risque-t-on encore d'être verbalisé si on sort sans attestation ? Vais-je avoir passé tout le confinement sans avoir été contrôlé ? Ai-je eu ce privilège parce que j'habite un beau quartier ? Il est certain que nous n'avons pas été égaux pendant cette période. Comme d'habitude.
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À propos d'égalité, un billet de blog intéressant sur le revenu de base, revenu qui refait surface en cette période de réflexion sur la société que nous désirons. Le revenu de base, doit-il être de subsistance, c'est-à-dire un revenu permettant de survivre, ou de liberté, un revenu permettant de choisir son travail, son métier ? De ce choix dépend le montant de ce revenu : quelques centaines d'euros mensuelles pour tenter de ne pas trop couler en cas de catastrophe, ou au-dessus de 2 000 euros, pour permettre d'assurer une vie minimale ? Le billet de blog mentionné préfère nettement la deuxième solution. Et nous informe que le problème n'est pas le financement, mais, comme toujours, la décision politique.
L'auteur de ce billet est Benoît Borrits, qui parle souvent de démocratie économique. J'aime la notion de "démocratie économique", car elle sous-entend que l'économie n'est pas réservée aux experts.