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Quelques images du trafic aérien, que je comparerai plus tard à d'autres prises après la pandémie... Tout de même, voir moins de 20 avions au-dessus de l'Atlantique Nord, ce n'est pas banal. Surtout que près d'un avion sur deux est un cargo.
Pourtant, si nous voulons lutter contre le réchauffement climatique, les situations vues ci-dessus devraient être la norme. Beaucoup de boulot nous attend. Nous devrions changer notre conception du voyage, ne plus nous énerver si notre avion a deux heures de retard pour aller en Grèce, mais plutôt envisager le déplacement en train, bateau, puis train. Car comme le disait Marguerite Duras, et sans doute beaucoup d'autres :
Dans le voyage, il y a le temps du voyage.
Si nous voulons prendre le temps de voyager, nous devons changer notre relation à ce temps. L'avion a favorisé les déplacements rapides, mais donc les vacances courtes : une semaine aux Baléares, un week-end à New-York. Ce ne sera sans doute plus possible. Mais, à mon avis, c'est tant mieux.
Changer notre relation au temps, changer notre relation au travail. Pouvoir avoir des longs temps libres, travailler moins dans l'année. Le voyage devrait être considéré comme nécessaire, indispensable à la connaissance de l'autre. Cela signifie laisser du temps à tout le monde, quelle que soit sa profession. Cela signifie donner des revenus à tout le monde, sans distinction, pour le voyage, pour le loisir, pour la culture. Pourquoi ne pas lancer les voyages payés, après les congés payés ? On a favorisé, juste après la seconde guerre mondiale, les départs en congés, les colonies de vacances pour les classes populaires. Certains voyages étaient subventionnés, pourquoi ne seraient-ils pas entièrement défrayés ?
Il faudra inventer, après la pandémie. Ne pas se limiter à ce que l'on connaît déjà ou ce que l'on a essayé. Alain Deneault, philosophe québécois, écrit que le système politique actuel nous incite de toute part à sommeiller dans la pensée, à considérer comme inévitable ce qui se révèle inacceptable et comme nécessaire ce qui est révoltant (la Médiocratie - Lux éditeur - 2015).
Inévitable ce qui se révèle inacceptable : le fait de laisser tant de migrants mourir à nos frontières européennes.
Nécessaire ce qui est révoltant : l'accroissement des inégalités, le fait que quelques milliardaires possèdent plus que le 3/4 de l'Humanité.
Alors, inventons !