Ce matin, j'ai reçu un premier dessin d'enfant. C'est un collègue qui me l'a envoyé, et vous pouvez le voir (le dessin, pas le collègue) dans le portefolio que je viens de créer. J'espère que d'autres témoignages, nombreux, me parviendront.
Ce matin aussi, c'est jour de marché, boulevard Raspail, 6e arrondissement. Nous y allons à deux, séparés de 1 mètre. À l'entrée du marché, trois policiers municipaux, bonhommes, ne contrôlant pas les attestations. Peu de clients, plus de la moitié porte un masque. On plaisante, un peu. La suspicion est cependant dominante. Ce qui frappe encore, ce sont les boulevards vides, le peu de circulation automobile.
Dans la rue, une camionnette traine ; le conducteur cherche sa route. Derrière, le chauffeur d'une estafette klaxonne : mettez deux véhicules dans une rue vide et vous aurez des invectives. Une habitude très ancrée, finalement.
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Agrandissement : Illustration 2
Sur les trottoirs, tous les 1 mètres, les 1 mètres 50, des traits sont peints, perpendiculairement aux étals. Les clients restent séparés grâce à ces repères et respectent ainsi les distances. Ce matin, on a entendu à nouveau à la radio les consignes : ne pas se serrer la main, ne pas faire d'embrassades. Je n'arrive pas à m'habituer à entendre ces ordres. J'affiche les consignes ci-dessous, pour que l'on nous croie plus tard, lorsque la pandémie aura disparu. Les entendre chaque jour ne les rend pas plus supportables.
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Sur le chemin du marché, et sur le retour, nous passons devant le square Boucicaut, qui est très beau en ce moment. Le printemps s'installe, la nature se réveille. Le Coronavirus est issu de cette même nature.
Je finis mes courses par la boulangerie. Elle sera fermée ce week-end, je prends donc six Traditions, et je perds une occasion de sortir pour les jours qui viennent.
Beaucoup d'interrogations au sujet de cette pandémie. Le gouvernement nous accuse encore de ne pas assez respecter le confinement. Pourtant, le nombre de cas en France augmente moins vite qu'en Italie, en Espagne, en Allemagne et aux États-unis. Pourquoi ? Est-ce parce que finalement, nous ne sommes pas aussi irrespectueux que cela ? Ou est-ce dû à des caractéristiques différentes du virus selon les lieux, les conditions météo ? Tellement d'inconnues ; aurons-nous un jour les réponses ? Mais le nombre de cas augmente trop rapidement partout. Difficile, en voyant le calme sous mes fenêtres, d'imaginer la course, la cohue dans les hôpitaux. Et pourtant, pour être allé souvent aux urgences ces derniers mois, je connais ce débordement permanent. L'hôpital aurait dû être la priorité depuis de nombreuses années. Peut-on réellement espérer qu'il le devienne grâce à cette crise ? C'est l'un des espoir de cette pandémie. Avec, peut-être, une prise de conscience de notre fragilité.