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Concepteur multimédia, perdu dans cette situation de confinement, je me dis que tout témoignage aura un rôle un jour.

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Billet de blog 21 mai 2020

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Si j'étais ministre !

Aujourd'hui, j'ai écouté un moment Meurice où le comique posait la question suivante à des français appelés ou croisés au hasard : que feriez-vous si vous étiez le ministre de la santé (https://www.youtube.com/watch?v=21d0goFpWlI) ? Évidemment, Guillaume Meurice avait juste choisi les réponses dont il pouvait se moquer. Je me suis demandé ce que j'aurais répondu.

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Si j'étais ministre de la santé, je fermerai toutes les rues des villes et je mettrai des tables dehors, ou des chaises, à distance respectable. Et les gens pourraient s'y assoir pour prendre un verre, manger, ou voir un film, une pièce de théâtre de plein air. J'ouvrirai tous les parcs, les jardins et demanderai aux promeneurs de garder leur distance. Je rendrai publics les rapports scientifiques qui sont livrés chaque jour à l'exécutif pour qu'il prenne ses décisions : confinement ou déconfinement, limite des 100 km, régions rouges ou vertes.

Je mettrai des tables, des chaises dehors pour que les restaurateurs, les cafetiers, les théâtres, les cinémas puissent revivre à l'extérieur et nourrir les gens de culture, de soleil et de bon air. Avec les entrées d'argent, achats des billets de spectacles, gains des restaurateurs et cafetiers, je paierai les métiers des lieux en souffrance : musées, salles de restaurant, chauffeurs routiers, taxis.

J'interdirai les rues des villes aux voitures, camions pour que l'on fasse une vraie pause, et que l'on voit que la catastrophe économique ne vient pas. Et je sauverai des vies en diminuant la pollution, la circulation automobile, les accidents du travail. Car j'empêcherai, pendant les semaines où le virus se répand, les gens de faire leur travail non essentiel : les banquiers, les agents immobiliers, les publicistes, les managers, les directeurs, les traders, les actionnaires. On rémunérerait ces personnes par les bénéfices des autres activités et par la taxation des transactions financières ou des grandes fortunes. Comme je l'écrivais dans un précédent billet, en taxant moins de 15% des 100 plus grandes fortunes de France, on peut donner un revenu plus qu'honnête à toute personne mise en chômage partiel. Et comme les 100 plus grandes fortunes s'enrichissent chaque année de plus de 15%, cette contribution ne leur ferait aucun mal. Cela nous permettrait de tester aussi quelque temps le revenu universel.

Je rendrai publics les rapports scientifiques qui sont livrés chaque jour à l'exécutif pour que le public, nous en l’occurrence, puissions comprendre les décisions de l'exécutif. Et si ces rapports sont trop compliqués, et bien, tant pis, nous ne les comprendrons pas, mais au moins, nous aurions essayé. Et il n'y aura plus ce mystère, cette impression de décision à pile ou face.

Si j'étais ministre de la santé, ou ministre tout court, je déciderai que nous fassions une pause, une vraie pause. Personne n'a souhaité cette épidémie, personne n'a souhaité ce nombre de décès, mais la pandémie nous est tombé dessus. Alors mettons l'économie au repos, car le virus se propage principalement dans les lieux clos : domicile, bureau, lieu de travail, transport. Favorisons les services publics essentiels : éducation, justice, transport pour les nécessaires, sécurité. Proposons des activités de plein air aux habitants, avec ou sans masque, c'est à eux de décider, une fois instruits, et voyons ce que le monde devient : sommes-nous capable de vivre dans un monde où le PIB n'est pas le repère essentiel de développement ?

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