Assistons-nous au crépuscule de nos démocraties ?

Hier, disparition du bloc soviétique et victoire par défaut de l'Occident mais demain ?

En 1989 la chute du Mur annonçait la fin de l’Empire soviétique laissant libre cours au libéralisme le plus débridé.

 

Le néolibéralisme s’appropriant les nouvelles technologies s’est affranchi des frontières enfantant la mondialisation.

La mondialisation c’est chacun pour soi ou tous contre tous, il n’y a plus d’amis, il n’y a que des intérêts. Dans ce contexte, la Chine avec ses 1,3 milliards d’habitants, donc autant de clients potentiels, a aiguisé tous les appétits. Les pays industrialisés obnubilés par les gains potentiels se sont pliés à toutes les exigences du gouvernement chinois lui vendant des usines de production mais aussi la technologie qui va avec si bien que, petit à petit, copiant nos produits, les améliorant parfois, la Chine a pu se passer de nos compétences et nous a inondé d’objets « made in China ». A cet égard la pandémie a jeté une lumière crue sur l’état de dépendance de nos démocraties occidentales dans des secteurs clés comme celui de la Santé.

 

Sur le plan politique, ceux qui ont cru que l’Empire du Milieu, contaminé par le virus du capitalisme desserrerait progressivement son carcan liberticide en ont été pour leurs frais. La Chine, par la voix de Xi Jinping, maître incontesté des lieux, s’est affirmée dans le monde entier, achetant des terres arables en Afrique, donnant de la voix et montrant les muscles en mettant la pression sur Hong Kong et Taïwan. Plus près de nous, avec la mise sous tutelle financière du Monténégro, le financement d’infrastructures au Portugal, Pékin tel un joueur de Go, place ses têtes de pont en Europe. Les droits de l’Homme, le sort des minorités Ouïghours sont au mieux abordés entre la poire et le fromage et encore sous la pression des ONG.

 

Dans nos démocraties, les processus législatifs sont longs, complexes et s’avèrent inadaptés dans une société qui vit au rythme des réseaux sociaux : l’incompréhension et la grogne s’installent.

Le mode de désignation des chefs d’États élus tous les quatre ou cinq ans, conduit les prétendants à se préoccuper davantage de leur élection ou réélection et incite au clientélisme.

A l’inverse, sous les régimes autoritaires, en particulier en Chine, Xi Jinping, président à vie qui vient d’opérer une reprise en main énergique des technologies d’Internet, peut se permettre d’avancer sans entraves et œuvrer avec une vision à long terme.

 

Tout comme la disparition de l’Empire soviétique n’était pas due à la suprématie du système capitaliste mais à sa propre incurie, les démocraties pourraient connaître le même sort non pas parce que les systèmes totalitaires seraient plus performants mais parce que dans nos démocraties la politique a été vassalisée par l’affairisme.

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