« Les riverains du chemin de fer fantôme »
Quatre jours après la publication de ce livret, SNCF Réseau a réagi et a admis qu’il n’est plus question d’acquérir ni d’exproprier les terrains se trouvant sur le tracé de la Ligne ferroviaire à Grande Vitesse Limoges-Poitiers.
Rompre le Silence ! Tel était l’un des objectifs de l’ouvrage. Ce petit livre dénonce, entre autres, le ridicule de la situation créée par le projet de construction d’une voie unique à grande vitesse, inapte au transport de fret, mais pharaonique par son prix et par les destructions liées.
Avec humour a été décrite l’inadmissible situation faite aux riverains ayant mis en demeure RFF (devenu SNCF Réseau) d’acquérir leurs biens situés sur le tracé de la LGV. Cet ouvrage critique notamment le silence de SNCF Réseau et l’opacité des conséquences de l’annulation de la DUP. L’effet a donc été immédiat. Dans une lettre reçue vendredi 25 novembre, les riverains qui avaient enjoint à SNCF Réseau de racheter leurs biens ont eu confirmation de ce que le livret indiquait : l’annulation de la DUP rend sans objet leur demande de délaissement. En clair SNCF Réseau ne peut plus acquérir les terrains, et encore moins les exproprier, ce qui équivaut à l’abandon du projet de LGV sur le tracé qui avait été mis à l’enquête publique en 2013.
Cette société ferroviaire semble s’excuser de ne pas racheter les terrains. « Les emplacements réservés au passage de la LGV n’ont plus d’existence légale » depuis l’annulation de la DUP en avril 2016 par le Conseil d’Etat. La CRI estime que, fin novembre 2016, il n’est que temps de s’en apercevoir ! La torture mentale et le préjudice financier subis par les riverains du fantôme ont duré sept mois de trop, entre avril et novembre ; sept mois de silence inavoué de la part de leur interlocuteur institutionnel. Un préjudice moral inutile et un dommage économique qui rejaillit sur l’ensemble des contribuables ! Une action en responsabilité civile est envisagée sur le fondement de ce silence fautif. De la réponse de SNCF Réseau, on peut déduire que le projet de LGV est caduc et qu’une nouvelle Déclaration d’Utilité Publique (DUP) ne pourrait être prise qu’en repartant de zéro. Cela donne sens aux déclarations de JP Denanot indiquant qu’un nouveau tracé est mis à l’étude en direction de Ruffec. Dans ce cas, la « LGV réincarnée » risque, sans aucune certitude toutefois, de menacer n’importe quelle commune située à moins de 20 Km d’une ligne que chacun peut tracer sur une carte entre Limoges et Ruffec (Charente).
Le 5 décembre 2016, M. Delebarre a été nommé par le Premier Ministre Valls, la veille du départ de celui-ci, pour rédiger un rapport sur l’accessibilité au Limousin. La LGV n’est pas citée dans sa lettre de mission mais M. Delebarre n’exclut pas la relance du projet sur un tracé qu’il refuse d’esquisser. Il va rendre son rapport … à la veille de l’élection présidentielle, à un moment où les corbeilles à papier des ministères ne désemplissent pas.
A l’occasion d’une concertation publique, la CRI a déposé un mémoire précisant qu’il est ridicule de vouloir dévier la RN 147 pour la faire coïncider avec le tracé périmé de la LGV fantôme. Le chapitre 7 du livret est consacré à cette anomalie qui est, plus que jamais, d’actualité.
Livret de 60 pages plus annexes, édité par la CRI (Coordination des riverains et impactés de la LGV Limoges-Poitiers), 18 novembre 2016. A commander à la CRI, Etang du Picq, 87510 Peyrilhac (joindre un chèque de 6,80 euros : 4 euros plus 2,80 de frais d'affranchissement). ISBN : 978-2-7466-9556-6.