Ils ne voteraient pas pour cause de pêche à la ligne ! Cette vision citadine témoigne de la méconnaissance des réalités de terrain par les commentateurs politiques. Pourquoi dénigrer une activité qui va bien au-delà des loisirs et qui ne transgresse pas les devoirs civiques ? Au contraire, les un million et demi de pêcheurs sont les sentinelles des mileux aquatiques. Lorsqu’une pollution fait remonter les poissons, le ventre en l’air, l’alerte est donnée par les pêcheurs et la cause de pollution peut ainsi être identifiée et combattue dans l’intérêt général.
Me présentant aux élections législatives de juin 2017 sur la Haute-Vienne (circonscription 87-03), j’ai choisi de valoriser la pêche en montrant, sur ma profession de foi, une photo de gros brochet (un mètre dix-huit pour dix kilos huit cents) pris à la cuiller par mes soins. J’ai légendé cette photo : « Aller à la pêche n’empêche pas de voter ». Certains y sont allés de leur « Tartarin ! » D’autres, plus courtois, y ont vu la version halieutique des bartavelles de Pagnol …
Rien de tout cela : en réalité je tente d’inciter les autres candidats à des fonctions parlementaires à prendre conscience du rôle utile et civique de l’activité pêche. J’espère qu’ils approuvent les initiatives qui ont pour objet de « protéger et faire partager les espaces aquatiques en privilégiant le loisir pêche, les circulations douces, la découverte du milieu aquatique pour l’ensemble des usagers », notamment au profit des jeunes[1]. Un jour d’élection, le pêcheur se lève tôt, vote, puis s’en va jouïr du bucolique et de l’eau vive ou dormante.
La pêche est l’un des meilleurs moyens d’éduquer à l’environnement naturel. La classe politique ne devrait-elle pas en prendre conscience ? Les politologues ne devraient-ils pas rénover leurs éléments de langage sur l’abstention ? Le brochet est-il le seul requin du marigot à l’intérieur de nos terroirs ?
[1] Par exemple la création de la jeune Fondation « Préservation, Patrimoine, Pêche » en décembre 2016.