Théâtre public : deux architectures, deux mesures

 

 

ce mail répondra t-il à notre entrevue de l’an dernier

j’ai été agressé sexuellement par Yves Noël Genod.

Les faits remontent au 27 novembre 2008.

Vers 20h40, je suis en train de discuter avec le comédien Mohand Azzoug, qui est donc témoin. Je ne pense pas qu’il briserait l’omerta pour moi, qui selon la formule con sacrée, ne suis "rien".

Nous attendons le début de la pièce Face au Mur qui débute à 21h, au niveau de la petite librairie du théâtre de la Colline, niveau -1.

Yves Noël Genod descend l’escalier avec un de ses amis.

Il me touche directement le sexe à pleine main, par surprise, en déclarant à son ami : “il veut faire un stage avec moi, il doit savoir à quoi s’en tenir.” rires des deux intéressés, qui se séparent. Yves Noël Genod va regarder les livres comme si de rien n’était.

Mohand Azzoug parait estomaqué. Je reste interdit. Il n’est pas dans mon tempérament d’aller lui casser la gueule, que d’autres auraient fait, et peut-être se seraient retrouvés dans les journaux avec une version diamétralement opposée. Va savoir...

Au début des années 1980, on appelait ça une crapette. Les moeurs changent.

Je reprends la conversation avec Mohand Azzoug en l’informant qu’Yves Noël Genod fait un stage au Studio Théâtre de Vitry sur Seine en décembre 2008.

Je ne ferai pas le stage. Pas retenu. Et puis de toute façon... A ma surprise, Mohand Azzoug le fera, lui qui n’en était pas même au courant.

S’ouvre pour moi une période de grande hypnose. Le théâtre représente à ce moment là une ouverture dans ma vie. L’effet Camusien.

Pendant ce temps, dans ma vie professionnelle, 2 périodes de  harcèlement moral à mon travail : au Ministère de l’Economie où je m’interroge trop sur ce que je vois passer des dérives de la "Sarkozie", puis à la Trésorerie de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris ! ce dernier harcèlement reconnu par le Défenseur des droits.

En février 2012, j’envoie un mail à quelque 200 contacts : connaissez vous Olivier Sarkozy ? Je viens de découvrir son existence sur le site de Carlyle Group. Ce n'est pas leur "problématique". Et le copyright de Getty Images est même visible sur le dernier DVD Phèdre de Patrice Chéreau.

Je pourrais te détailler toutes les manières dont j’ai été évincé du théâtre public. Le sort qu'ils ont réservé à nombre d'autres auparavant, comme Céline. Oui, Philippe Sollers, de quoi passer par une phase de rejet, de quoi vomir des bagatelles... ou trouver le chemin de l'humour, même s'il est grinçant. Il faut bien que ça sorte autrement que par des actes ultimes, que ne commétront jamais les vrais "gentils".

La période d’hypnose s’achève.

J’ai croisé plusieurs fois Yves Noël Genod; regard amusé plein de sous entendu, notamment une fois quand à la Ménagerie de verre, il rentrait avec un de ses amis aux toilettes le tenant pas bras dessus mais plutôt bras dessous. Enfantillages de mise en honte à d’autres reprises.

Je pensais être au dessus de ça et ça me désole. Parce qu’enfant je remontais le boulevard de la Fraternité à Nantes, pour aller à l’école de la Fraternité. Et question fraternité, j’en trouve plus quand je voyage en Suisse, en Belgique, au Danemark, ou même en Allemagne qu’en France. Catherine Clément a raison : les guerres mondiales et d’Algérie ne sont pas digérées. C’est même comme si une majorité de petits fils de collabos étaient aux pouvoirs.

Il y a à Paris et dans les villes colonisées par l'esprit "parisien" des rapports de force qui ne laissent plus de place à l’humanisme. Les "Parisiens" font du tort aux autres Français et nombre d'observateurs étrangers sont au courant.

Il ne s'agit pas de Parisiens ou de Provinciaux. il s'agit de ceux qui marchent dans le système de l'économie de prédation, mafia parisienne en bandes organisées, luttant pour obtenir des subventions publiques. Et il y a ceux qui sont dans la fraternité et le partage, il faut les chercher, ailleurs qu'à Paris.

Et Jean moulin a laissé ce message à la posterité : " Je ne peux pas être complice de sadiques en délire".

La lecture des affaires Weinstein, Besson, Baupin, replonge les victimes dans l’identification aux autres victimes.

Période de déni, perte d’estime de soi et réveil.

Pour autant le traitement de ces affaires semble donner un blanc seing à des catégories sociales. Comme si l’univers était parfaitement manichéen. Certains courants de pensée ont des accents de néo inquisition. Légifération à outrance, comme si tout le monde devait vivre dans la pseudo élégance de Saint Germain des Près, Neuilly, Auteuil, Passy, mêmes dégâts, tics tics, tocs tocs, she don't lie, she don't lie...

Il parait qu’au Canada les prêtres sont rois. En France, les commères ont remplacé les curetons. (Commères : hommes et femmes, qui font partie des 20% de mouchards de la raie publique, 30% en temps de crise)

Yves-Noël Genod semble jouir d’une impunité et d’un soutien corporatiste parfait. En octobre 2013, Genod a fait un nouveau stage au studio théâtre de Vitry sur Seine, à nouveau grâce à Daniel Janneteau. La photo qui accompagnait la proposition de stage en disait long (un jeune homme nu, si tu ne l’as pas eue, dis le moi, je te l’envoie). J’ai adressé un court mail de protestation à l’équipe du Studio théâtre. Pas de réponse. C’est facile.

J’ai également adressé un mail de signalement de mon agression à Pascal Rambert et l’équipe du Théâtre 2 Gennevilliers. Aucune réponse. Et pourtant, j'ai passé 5 ans au T2G. Les Bobos parisiens me "réduisaient" même à un gennevilllois, comme si c'était une tard. Je sais bien que le prix de l'immobilier monte à Paris, et pourquoi les Parisiens vont-ils coloniser les autres villes de Province, avec leur mentalité de mafia infecte. Il y a encore de la place en banlieue. 

"l'espoir ne connait pas le futur et heureusement"  ? ? ? Du Pascal Rambert ?

Il faut du temps pour sortir du gouffre pascalien, du gouffre rambertien

Je suis du côté de Bernard Lavilliers qui chante l'espoir et la lumière.

Alors non, je ne ferai plus le voyage en Avignon, du moins durant le festival. Je ferai le voyage à Nantes, parce que j'y suis né. Je ferai le voyage à Marseille ou Toulouse, parce qu'on y trouve plus de fraternité qu'à Par ici la monnaie... Il y a un autre climat que de la suspicion, de la peur, de l'anxiété qui remplissent les poches des fabricants de bonbons médicamenteurs.

La ligue de la LOL fait aujourd’hui la Une. Il s’agit de Twitter. Je sais qu’il y a pire ailleurs, sous des apparances respectables.

Il est bien sûr trop tard pour moi pour porter plainte.

En discutant en provinces et en Belgique, je rencontre des gens qui eux aussi avaient un plaisir de théâtre qui s’est émoussé.

En son temps Catherine Tasca était partie du Ministère de la Culture dégoutée. Fleur Pellerin a repris ce mot qui est sur toutes les bouches : culture d’entre soi. La cour de Riche lieu qui se transmet les subventions publiques, par cooptation.

Et cette question: faire du théâtre pour qui ? Des subventions publiques pour qui ?

Deux poids, deux mesures ? Un parisianisme au dessus des lois.

Pour paraphraser le dernier roman de Philippe Val au titre infect : Ils seront salopards comme Font et Val. Le "moment de bascule", ce sont des petits marquis comme eux.

La prochaine fois qu’on se verra, tu me raconteras d’où te vient ton humanisme.

LOL   : (

 

désolé, je ne peux pas être complice de sadiques en délire

 

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