Transporte-t-on des images et des sons comme du fret ?
La culture, l’intelligence sont-elles des marchandises quel qu’en soit le mode d’acheminement ?
La translation la transmission spirituelle est-elle à rechercher dans la vitesse ou dans une imprégnation ?
Existe-t-il une économie de moyens qui soient compatibles avec une flagrante, réelle fulgurance ?
Ne faudrait-il pas mériter de se donner les moyens de ne pas avoir de moyens ?
La plus petite et la plus simple caméra ne saurait-elle être le plus petit dénominateur d’une création, d’une vision collective et les plus petites équipes techniques, artistiques, en être parties prenantes ?
Le territoire de l’écriture est-il de plus en plus abandonné au professionnalisme, au corporatisme, à l’économie marchande ?
La Culture a-t-elle vraiment disparu du champ politique ? (dixit affirmativement Marin Karmitz in « Le Monde » - 15 janvier 2009)
Les images fictives ou réelles sont-elles incapables de l’offrande de se raconter d’elles-mêmes, dépouillées d’oripeaux ?
De moins en moins les images ne se tricotent musicalement, poétiquement et naturellement, de la langue des mots, ni ne se tissent, ne se tressent de leur propre écriture.
Toute nouvelle n’est plus que dans son annonce, son énoncé, non dans son énonciation, sa résonance, son annonciation.L’évènement, l’avènement n’est plus l’écriture, le style, mais dans le plat tracé, presque sans modulations, dans la déchirure d’un acéré stylet médiatique.
Marcel Hanoun - cinéaste