La situation nécessite une réelle et vigoureuse politique unitaire

la résolution politique présenté par la Gauche Anticapitaliste
(41 pour, 68 contre)
Dans cette situation, marquée par une agressivité sans cesse plus grande des classes dominantes pour
faire payer la crise à la majorité de la population, le NPA poursuit et approfondit son activité, combinant
investissement dans les luttes multiformes, politique unitaire, défense d’un plan d’urgence basé sur le
document de congrès « Nos réponses à la crise » et propagande anticapitaliste globale en défense de
l’alternative écosocialiste.


La situation nécessite une réelle et vigoureuse politique unitaire, sur le terrain des luttes et sur le
terrain politique. Le gouvernement Sarkozy-Fillon apparaît à bout de souffle sur le plan politique, sans
que cela ne confère pour autant un caractère d’automaticité à sa défaite en 2012. Miné par
d’innombrables affaires (Takiedine, Bettencourt...) qui toutes touchent l’entourage proche de Sarkozy,
dont la candidature est en passe d’apparaître comme un choix par défaut pour la bourgeoisie. Au delà, ce
sont les institutions antidémocratiques de la Vème république qui, poussées au bout de leur logique
bonapartiste par Sarkozy, paraissent exsangues et doivent être balayées.


La pression des agences de notation empêche la droite de reporter des mesures impopulaires à l’après
2012 dans une quête désespérée du maintien du triple A de la France. Les récentes annonces de Fillon
constituent un cran supplémentaire dans la rigueur et l’annonce d’un démantèlement définitif des
solidarités et du système de protection sociale hérité de la résistance. L’équité dont elles se drapent ne
peuvent masquer que les classes populaires en constituent la cible : augmentation de la TVA, l’impôt le
plus injuste, de 5,5 % à 7 % sur les produits et les services (dont gaz, électricité, téléphone…), gel de
l’augmentation des prestations sociales, 500 millions d’euros d’économies supplémentaires sur les
budgets sociaux, l’éducation, la santé, délais de carence d’un jour dans le public et de 4 jours dans le
privé pour les congés maladie, attaque inédite contre les salaires et le statut des fonctionnaires de
l’Education, campagne actuelle engagée par le Medef, relayée par toute la droite, pour faire basculer le
financement de la sécurité sociale encore majoritairement basée sur le salaire socialisé vers l’impôt
(TVA « sociale »).


Quant à Hollande, il ne prend pas le contre-pied et tire de plus en plus le programme du PS vers la
droite n’ayant plus pour ambition que de « donner du sens à la rigueur ».
Comme en 2007 sur le terrain de la sécurité, la concurrence entre l’UMP et le PS sur le terrain de
l’austérité, pourrait bénéficier à la droite dont c’est le terrain.


Les tentations nationalistes et le climat raciste se renforcent. Entre les calculs politiciens des
discussions PS-EELV et le désaveu d’une droite empêtrée dans les affaires, l’extrême droite notamment
le FN paré de son discours prétendument social pourrait également bénéficier de cette situation.
Sans attendre 2012, le NPA oeuvre au développement et à la coordination des luttes.

Il propose
l’unité de toutes les forces sociales et politiques de la gauche pour résister à l’offensive des capitalistes
et du gouvernement de droite à son service.

Partout où cela est possible, il propose de réaliser le front
unitaire le plus large pour organiser meetings, manifestations et grèves contre l’austérité. Il milite pour
que les indignations individuelles deviennent, à l’image de ce qu’il se passe désormais dans plusieurs
pays une indignation collective. Nous cherchons à faire apparaître un mouvement qui agisse de concert
à l’échelle internationale au travers de journées d’action européennes et mondiales des indignés, et aussi
d’actions de soutien aux populations en lutte (mobilisation du 17 novembre en Grèce, Grève générale du
24 novembre au Portugal, Grève du 30 novembre en Grande-Bretagne…).


Le NPA oeuvre au renforcement, ou à l’impulsion, de cadres unitaires locaux et nationaux, qui,
souvent à l’appel d’Attac, se mettent en place pour exiger un audit de la dette. Dans ces cadres locaux,
nous proposons que les campagnes combinent exigence de l’audit et moratoire de la dette.
A cette occasion, le NPA popularise et actualise « nos réponses à la crise ».


Il soutient et agit aussi pour mettre en place des initiatives unitaires qui permettent de faire croitre les
exigences suivantes :
• refus du paiement des intérêts de la dette, moratoire et audit de la dette dans l’objectif de refuser
de payer la dette illégitime.
• mise sous contrôle public du secteur bancaire et prise de contrôle de la BCE pour qu’elle puisse
assurer le financement direct des États.
• réforme fiscale radicale dans le sens de la justice sociale et harmonisation de la fiscalité et des
droits sociaux à l’échelle de toute l’Europe.

• Blocage des prix des produits de consommation courante. Hausse des salaires des pensions de
retraites et des minimas sociaux à hauteur de 300 euros nets mensuel. Retour à l’échelle mobile
des salaires, supprimée en 1982 par le gouvernement Mitterrand-Mauroy. Établissement d’un
revenu maximum. Établissement d’une dotation gratuite en eau, en énergie, à chaque unité
d’habitation et forte taxation de toute surconsommation. Fixation d’un prix du loyer maximum
au m2. Établissement d’un droit à l’autonomie pour les jeunes, sous la forme d’une allocation
d’autonomie.
• Réduction du temps hebdomadaire de travail sans perte de salaire.
• Interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, qui touchent des
subventions, qui délocalisent, et dans les sous-traitants.
• Sortie du nucléaire et des énergies fossiles pour organiser la transition énergétique.
A toutes les forces qui s’opposent fermement aux politiques d’austérité défendues par la droite ou la
gauche libérale et préconisent des solutions radicales face aux crises, le NPA propose de se rassembler.


La constitution d’un tel regroupement, d’un tel bloc, concerne les mouvements de type « indignés », le
mouvement syndical et associatif, les mouvements politiques anticapitalistes, antilibéraux ou écologistes
radicaux, comme les composantes du Front de gauche, les Alternatifs, les objecteurs de croissance, les
libertaires, Lutte ouvrière. Il a vocation à ne pas rester un cartel d’organisation, mais à s’adresser à tous
ceux qui ne veulent pas payer la crise dans la continuation du mouvement des retraites, et aux jeunes
radicalisés.


Dans cette période d’élections centrales en France, le NPA entend oeuvrer à la défaite de la droite,
dans la rue et dans les urnes. Nous faisons de cette question un élément central de notre agitation, dans
les différents cadres unitaires comme dans notre intervention propre.


Le NPA défend une alternative politique unitaire. Refusant les alternances sans changement, et dans
le cas de la mise en place d’un gouvernement social libéral issu d’une victoire de Hollande en 2012, il
proposera que le bloc « anticrise » prenne la forme d’un bloc rassemblant les forces sociales et
politiques d’opposition de gauche, c’est-à-dire celles qui ne participeraient pas à un gouvernement PS
et/ou à la majorité dont elle disposerait au Parlement.


Cette perspective se prépare d’ores et déjà. Ainsi, le CPN du NPA décide :
• de participer à l’organisation d’une réunion à Paris, fin janvier, à l’initiative de personnalités
représentatives du mouvement social et des forces politiques à la gauche du PS. Cette réunion
permettra d’échanger sur le programme, sur le type de démocratie, de pouvoir et de
gouvernement, sur les formes politiques de la convergence nécessaire des forces de la gauche
radicale. Des réunions du même type pourraient avoir lieu dans toutes les villes où cela est
possible.
• d’entamer des discussions pour les législatives avec les forces de la gauche anticapitaliste,
antilibérale et écologiste radicale, pour aboutir au maximum de candidatures unitaires
permettant, là où c’est possible, de faire apparaître une gauche radicale face à la droite, ou une
alternative politique crédible d’opposition de gauche au gouvernement issu de l’élection de
Hollande et à sa future majorité parlementaire.


Enfin, plus que jamais, la situation appelle la convergence des forces de la gauche radicale à
l’échelon européen et mondial. Le NPA propose que s’organise à l’échelle européenne une large
coordination des mouvements politiques qui s’opposent radicalement aux politiques d’austérité mises en
oeuvre par la droite ou par les partis sociaux-libéraux et cherchent à faire exister une voie de gauche de
sortie de crise. Cet appel s’adresse aux organisations révolutionnaires et anticapitalistes qui ont pris
l’habitude de se réunir régulièrement mais également aux forces antilibérales regroupées notamment
autour de la GUE et du PGE.

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