Et maintenant qu'allons nous faire ?

A l'issue de cette année horrible, nous sommes touTEs d'accord pour dire que la situation politique et sociale pourrait conduire à des catastrophes. Comment pouvons nous réagir ? Quelles propositions aux couches populaires et la jeunesse? Pour les aider à se mobiliser.

Comment  rassembler pour  défendre  acquis et  conquis ouvriers et, en même temps ne pas lâcher sur nos aspirations à  changer le monde. Pas d'illusion, la voie sera  longue, compliquée, vraisemblablement inédite. Il nous faut conjuguer la recherche de l'unite de classes de tous les exploitéEs et oppriméEs AVEC la radicalité transformatrice. Sinon nous risquons une adaptation au système ou inversement, se réfugier  dans un gauchisme minorisant et impuissant. C'est bien une nouvelle stratégie de transition qu'il faudra élaborer. Elle part de la conscience réelle des "gens" aujourd'hui et pointe les objectifs d'une autre société...

1°- Admettre  un bilan de faillite de toutes  les organisations  à gauche de la gauche, elles n'ont certes pas toutes les mêmes responsabilités. L''heure n'est pas aux professeurs "yaka", qui en restent au  logiciel issu d'un certain gauchisme  et qui aiment  tant  les qualificatifs  de traitres , de capitulards ... Sur des questions principalement tactiques, type le vote au  second tour des élections locales...  

2° - Se dire qu'il nous faudra du temps pour oeuvrer au rassemblement - réel - des militantEs qui le veulent agir et ceux prêtEs à s'y engager. Ce discours programmatique doit être compris par les couches populaires... Il nous faut rassembler celles et ceux qui  pensent (encore) que l'ont peut peser sur le PS, ceux qui s'abstiennent et ceux qui votent pour nos candidatEs ...

La droite et l'extrême droite avec le Medef (ce dernier n'a pas  fait le choix du FN mais cela l'arrange bien pour le moment-), sont en situation d'hégémonie politique sur les couches populaires - exemple  45% des ouvriers votants ont choisi le FN - une partie de la gauche s'y est ralliée, même la gauche radicale  est influencée. L'ensemble des forces politiques se positionnent  en fonction de cette réalité. Il nous faut résister et préparer les conditions  d'une reconquête idéologiques...

Cette hégémonie a été rendu possible d'abord parce que Nous- n'avons pas été en capacité d'élaborer et de faire partager un projet alternatif au capitalibéralisme. Nous disions à la LCR que nous étions en course de vitesse avec le FN, et nous avons été battus.

Cette hégémonie doit nous inquiéter : l'adversaire serait l'étranger, le musulman, le noir, le rrom, le réfugié... La concurrence devrait remplacer la solidarité; le patriotisme plus ou moins nationaliste devrait succéder à l'internationalisme; le made in France ( ou en Bretagne) est tendance; le défaitisme (ou le déclinisme) remplacerait la perspective de progrès. Un Etat fort deviendrait préférable au développement de la démocratie. Nous savions que la crise économique aurait provoqué une crise sociale. Nous nous attendions à la volonté des classes possédantes (et ses alliés comme Macron) de mettre en piéce des droits des travailleurs et au discrédit jeté contre les fonctionnaires et leur statut. Idem pour le mépris déversé contre les chômeurs, tous soit disant fainéants et assistés. Mais nous avions sous-estimé l'impact ici, des guerres en proche et moyen Orient (réfugiés ...), et  sans doute les dégâts provoqués  par l'Europe de l'oligarchie qui elle aussi est aussi rentrée en crise...  Se rajoute  la peur du dérèglement climatique. L'espoir d'une alternative en Grèce s'est fracassé. Et pour  chapeauter le tout, nous avons l'impression de  vivre une sorte de stratégie du choc, avec l'Etat d'Urgence, induit par le carnage de Daesh ... Le tissus social est en train de se déliter; à Rennes nous avons pu le mesurer lors du forum social des quartiers. Avec un sentiment de plus en plus partagé que les politiques sont ou des bons riens ou des pourris. 

Redonner l'Espoir : donner au plus vite un signal fort pour dire que nous n'abandonnons pas...

C'est dans cette situation très défavorable qu'il nous faut agir maintenant. Bien sûr notre action pour une refondation et reconstruction doit être une tâche nationale.

Trois écueils à éviter: 

1. Le repli sur soi, ou l'entre soi ;

2. Prôner la dissolution des organisations politiques, au profit d'une hypothétique refondation citoyenne "par la base", pour aller vite, une sorte de Podemos à la française ;

3. En rester au Front de gauche tel qu'il est ...

Le FdeG doit  être considéré comme un acquis, mais son effet mobilisateur s'est éteint. Mais positivons, en disant que des clarifications positives se sont produites tant dans le PC et EELV et un peu dans le PS; on pourrait l'illustrer en Bretagne. il faut peut être parler de  son dépassement plutôt que de sa dissolution...

Ensemble! pourrait  être le moteur de cette démarche en s'adressant personnellement, aux militantEs des  réseaux existant  : A Rennes celui de "Changez la ville", des "Chantiers de l'Espoir". Les collectifs de bases du FDG en Bretagne...

Nous devons solliciter les militantEs syndicaux, ils sont les premierEs résistantEs sur le terrain... Nous devons nous adresser aux  militantEs et adhérentEs  des associations, et collectifs oeuvrant chacun a son niveau, pour la transformation sociale : d'ATTAC au Planning familial... Et bien sûr à tous les électeurs/rices du Front de gauche.

Sera t'il possible de déboucher sur un appel national qui pourrait peser ???

Cette adresse doit evidemment aller de paire avec un volontarisme miliitant dans toutes les organisations qui se battent au quotidien. En premier  les organisations syndicales...

Yves j- Rennes  le 17 décembre 2015 

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