Naomi Klein : le capitalisme incompatible avec le climat

Après ses deux précédents livres, No Logo, la tyrannie des marques (2001) et La stratégie du choc, La montée d'un capitalisme du désastre (2008) voici en français, toujours chez Actes Sud, le nouvel ouvrage de Naomi Klein, titré Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique.

Après ses deux précédents livres, No Logo, la tyrannie des marques (2001) et La stratégie du choc, La montée d'un capitalisme du désastre (2008) voici en français, toujours chez Actes Sud, le nouvel ouvrage de Naomi Klein, titré Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique.

 Naomi Kein, Tout peut changerLe livre est sorti en version anglaise vers septembre 2014. C'est un livre excellent et très fouillé sur le changement climatique en cours, sur pourquoi le système économique mondial préfère encore ignorer la menace et sur comment la redéfinition des biens communs à l'humanité (le dernier chapitre s'intitule "Partager le ciel") pourrait nous engager sur une voie moins dangereuse et plus juste.

Le vrai titre signifie plutôt "Ça change tout, le capitalisme vs le climat", ce que ce titre français officiel atténue je trouve. "Ça change tout" car Naomi Klein montre bien que la vision capitaliste de l'économie telle que nous la connaissons est remise en cause comme jamais à cause de ses conséquences climatiques. En effet, cette vision qui considère que les "acteurs" n'ont comme seule et unique motivation que la maximisation de leur profit individuel est incapable de reconnaître la limite que représente un phénomène tel que le changement climatique. Ce que la droite américaine et ses nombreux thinktanks climato-sceptiques ont parfaitement compris.

Le premier chapitre "The right is right" (la droite a raison) montre bien que ces gens, sachant ce qui est en jeu, mais ne pouvant admettre la remise en cause que cela représente sur leurs acquis, préfèrent se réfugier dans la négation du problème.
La où l'on peut voir que cette remise en cause du capitalisme est une "bonne nouvelle", c'est que ce système ne marche pas pour tout le monde. De fait, il a énormément creusé les inégalités et ses crises causent d'importants dégâts sociaux.


Naomi Klein expliquait tout cela sur DemocracyNow! (un site qui à lui seul mériterait qu'on se remette à l'anglais) quelques jours avant la grande marche pour le climat du 21 septembre 2014:

Naomi Klein, DemocracyNow!, sept 2014

Le livre est de plus associé à un site web présentant des alternatives à cette économie de la prédation et du changement climatique :
https://solutions.thischangeseverything.org/

A signaler également, même si les nombreux français allergiques à l'anglais vont me haïr (une belle langue pourtant, tant qu'on ne se limite pas à The Economist ou à Fox News), mais je ne saurais que trop recommander de signer cette pétition du Guardian dans le cadre de sa grande campagne "Keep it in the ground" pour "laisser les hydrocarbures dans le sous-sol".
Aujourd'hui, ils lancent une pétition pour demander à la fondation Bill & Melinda Gates de désinvestir leurs (importants) fonds financiers des compagnies pétrolières et gazières. C'est ici :
http://www.theguardian.com/environment/ng-interactive/2015/mar/16/keep-it-in-the-ground-guardian-climate-change-campaign?CMP=ema-461
Qu'un grand journal international tel que le Guardian (qui entre autre a donné à Edward Snowden l'occasion de révéler, à partir de juin 2013, l'espionnage tous azimuts de la NSA ; qui a aussi fait des enquêtes fouillées sur l'escalave en Thailande et au Quatar) lance une telle campagne, c'est à saluer et à encourager.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.