La Roseraie de l'Haÿ-les-Roses, le mouroir des roses

"Est ce que l'absurde vulgaire/ Peut tout déshonorer sur terre/ Au gré d'un cuistre ou d'un maçon?"

"Est ce que l'absurde vulgaire
Peut tout déshonorer sur terre
Au gré d'un cuistre ou d'un maçon?" Alfred de Musset, Sur trois marches de marbre rose

La Roseraie de l'Haÿ, la Roseraie du Val de Marne, victime le 7 décembre 2020, de la destruction de son square qui était à la fois, son écrin arboré et son bouclier protecteur, est en train de dépérir, de se consumer. Des centaines de variétés de rosiers  anciens  auront disparu avant l'hiver. C'est une hécatombe, au sens propre du terme. La plate-bande 149, la plus proche du square dévasté, est particulièrement affectée. C'était historiquement une allée de rosiers Thé  et d'Hybrides de Thé. Rares sont aujourd'hui les rosiers en bonne santé. Beaucoup sont morts et ont été  arrachés. Le mur historique ne supporte plus que quelques rosiers grimpants tout grêles laissant la part belle au lierre vigoureux  et conquérant. La Roseraie de l'Haÿ n'est plus un Conservatoire, ni même un Jardin Remarquable. Elle a perdu son caractère d'intemporalité et  elle  perd chaque jour ses trésors.

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Le projet immobilier 100% privé qui condamne les arbres centenaires et la survie de la Roseraie,  a reçu le label "projet écologique et innovant" par la grâce de Valérie Pécresse, avec deux millions d'euros de subvention de la Région, partis  aussitôt  à son ami l'aménageur Citallios présidé par Vincent Franchi, décision votée en conseil municipal. Le bilan de tout ce "beau" projet, "trait d'union entre les quartiers", est une petite place pavée à prix d'or :  6 millions (4 + 2 de subvention)+ le prix du square de 7000m2 qui est donné  0 euro. Pourquoi un tel désastre, pourquoi une telle gabegie, Valérie  Pécresse?

 

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