Il était une fois la Roseraie de l'Haÿ-les-Roses 2

Des politiciens sans foi ni loi, des rhéteurs et des cuistres cherchent à profiter des charmes de la Roseraie

Voici ce qu'écrivait André Theuriet, écrivain et maire de Bourg la Reine, au retour d’une visite à la toute récente Roseraie de l’Haÿ :

 Tandis qu’il (Jules Gravereaux) m’entretenait des secrets de l’hybridation, je contemplais avec délices ce vaste jardin de roses dont les teintes blanches ou cramoisies ressortaient mieux encore sur le vert profond des futaies. Et je me réjouissais de ce qu’en cette fin de siècle tapageuse et stérile, en dépit des politiciens, des rhéteurs et des cuistres, il y eût encore des coins de verdure et de soleil, des retraites ignorées et paisibles où d’honnêtes gens demeuraient épris des beautés naturelles et se trouvaient heureux en faisant croître et fleurir des roses.

Extrait du Journal d’André Theuriet, 30 juin 1899

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Aujourd’hui malheureusement, les politiciens, les rhéteurs, les cuistres et les prédateurs mènent la vie dure à ces « beautés naturelles » dont ils cherchent à profiter. La Roseraie si vulnérable est ébranlée, blessée par une bande de politiciens, d’aménageurs et promoteurs avides et concupiscents qui s’acharnent à vouloir mettre la main sur elle, niant qu’à l’approcher de si près, ils accélèrent son déclin. C’est ainsi qu’ils ont abattu l’intégralité de la futaie qui était à la fois le bouclier protecteur et l’écrin de la Roseraie. Sur ce grand espace qu’ils ont sauvagement conquis, ils vont implanter leurs immeubles bling bling simili Hausmann, attirant des personnes sans scrupule qui s’approprieront les ultimes charmes du chef d’œuvre.

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