Le maire de l'Haÿ-les-Roses punit ses opposantes octogénaires

La brutalité contre les esprits indépendants n’est pas l’apanage de la Corée du Nord. A L’Haÿ-les-Roses, le maire VJeanbrun invente une méthode très pernicieuse pour user physiquement et psychologiquement deux opposantes octogénaires militant contre la bétonisation outrancière de la ville

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On se moque de la Corée du Nord, mais à l'Haÿ-les-Roses, on sait y faire aussi:

"Otez les chaises à ces mamies! je leur interdis de s'asseoir devant la Roseraie! "ordonne  Vincent Jeanbrun à son équipe et à ses policiers municipaux!

Comme d’autres opposants au projets de bétonisation de Vincent Jeanbrun, Odile et Nelly (1), déterminées mais fragiles étant donné leur âge, elles sont toutes deux octogénaires, participent à la permanence de leur association devant la Roseraie de l’Haÿ-les-Roses. Elles se font un devoir d’être là, chaque samedi matin, et cela depuis plus d’un an, quelque soit la saison. Elles ne manqueraient pour rien leur rendez-vous avec leurs amis, amoureux des arbres, des squares et de la Roseraie. Assises sur leur chaise pliante, devant une petite table de camping, elles expliquent avec beaucoup de pédagogie, aux passants, aux promeneurs, les projets de V.Jeanbrun, font signer la pétition « la Roseraie de l’Haÿ en danger », récoltent des fonds pour les contentieux en cours. Toujours souriantes et bienveillantes, aimant l’art, le patrimoine et la nature, elles sont révoltées par ce qu’il se prépare. Ce qui les étonne, c’est qu’un maire si jeune puisse être si indifférent à l’urgence climatique, à l’extinction de la biodiversité. Pitié pour nos arbres, disent-elles sans faiblir depuis des mois. Comment ferons-nous pour survivre sans les arbres ? Et la collection de roses anciennes, si vulnérables, comment fera-t-elle pour perdurer sans son square protecteur ? Les immeubles de luxe collés contre la Roseraie, quelle hérésie !

 Le maire en a assez de ces rebelles ! Cela fait trop longtemps que ça dure. L’opposition grandissante à ses projets est perçue par Vincent Jeanbrun  comme la volonté gratuite de lui nuire personnellement. Les municipales approchent ! Narcisse blessé décide de passer à l’attaque.

 

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Quelques jours après avoir envoyé sur les lieux une escouade de policiers municipaux, il adresse à l'association un courrier signé de son directeur de cabinet, François Trétarre. Ce courrier délirant déclare : "Les occupations réalisées viennent en effet portent atteinte à l'intégrité et  soustraites à l 'usage commun et à des fins privatives des dépendances du domaine public, entravant la liberté de circuler et l'égalité des administrés dans l'usage du domaine public... Le régime déclaratif portant sur le rassemblement de personnes ne permet pas en effet une utilisation privative du domaine public au travers d'une emprise au sol par le biais notamment de tables et de chaises. Tous ces faits sont sanctionnables  (sic)par une  contravention d'un montant max de 1500 euros conformément au code de la voirie routière." et encore  "une occupation du domaine public ne peut être accordée au droit de l'emplacement considéré étant donné la fréquentation du lieu... ainsi que les risques avec la proximité d'un manège et la présence d'enfants" …Peut-on nous expliquer en quoi deux dames de plus de 80 ans sont des risques pour les enfants?? On va bientôt obliger les mamies de l'Haÿ-les-Roses à porter une pancarte: "Attention, je suis une dame de plus de 80 ans et je suis un danger pour les enfants. Ecartez-vous!" Et les panneaux à l'entrée de la ville: "Ville interdite aux personnes âgées qui voudraient s'asseoir sur leurs déambulateurs!"... Ajoutons à toute cette dérive politique paranoïaque invraisemblable que l'espace où sont assises les dames appartient au département du Val de Marne!!!

C'est complètement dément mais VJeanbrun n'en démord pas ! Il est même content de lui. Il connaît Odile et Nelly, et leur âge. Si Odile et Nelly ne veulent pas admirer ses « beaux projets » (!), il faut  les punir, les brimer, les empêcher de s’asseoir ! On va leur apprendre à ne pas admirer Narcisse ! Cette vengeance n’a pas de nom. L’homme s’enfonce peu à peu dans la paranoïa, inflige des punitions physiques et psychologiques à des personnes âgées fragiles,  n’écoute personne, menace, dégaine à tout bout de champ l’arme de la diffamation, cautionne la violence de son équipe, dévisse…

(1) Les prénoms ont été changés

 

 

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