Destruction de squares arborés et menace sur la Roseraie de l'Haÿ.

L’Haÿ-les Roses n’est pas une ville comme les autres. Depuis l’élection de Vincent Jeanbrun en 2014 (ex LR devenu Libres), il ne fait pas bon d’y être arbre, arbuste, brin d’herbe, fleur, oiseau. Les arbres, ça tue, c’est bien connu (parole de conseiller municipal) ; les oiseaux, ça nous casse les oreilles (on préfère les chants harmonieux de nos amies A6 et D126) ; les plantes, ça fait pas propre et c’est fatigant; la Roseraie est une vieille rétrograde, vous pensez, elle a 120 ans...

 

 L’Haÿ-les-Roses est « une ville qui bouge », parole de maire. Et ce qui ne bouge pas ? Ça sert à rien ! Les arbres, l’herbe, les fleurs, ça ne bouge pas. Quand les bulldozers et les pelleteuses arrivent, ils ne bougent pas non plus. Alors, les malheureux, ils y passent tous. (square Léon Jouhaux, le 29 et 30 août 2019) Et on se fait un petit extra avec une demi douzaine de platanes d’alignement plantés à côté. Les idiots ne bougeaient pas. Tant qu’à faire… Faut que ça bouge, nom de dieu. A la place du square, Pipoléon* nous a promis une « halle aux saveurs » « des goûts » avec caviar et champagne à gogo pour les gogos. Nous l’attendons avec impatience. Faut que ça bouge ! «  Les ringards, eux, parlent d’arrière-goût d’amères thunes, mais ils ne sont qu’une « petite poignée » d’opposants obtus.

 

La Roseraie, on aimerait bien aussi qu’elle bouge, la bougresse. On a invoqué Jules Gravereaux** mais ça n’a rien donné. Y en a qui l’emmèneraient bien subrepticement dans un grand parc du 92 par exemple, si vous voyez ce que je veux dire. Mais bon, c’est une question d’audace.

« Ça me démange mais je ne peux pas la raser, cette momie », se dit Pipoléon. Elle n’est pas à nous, elle est au département du Val de Marne. Bah ! Ouverture de mai à septembre, 4 euros l’entrée, tarif normal, demi tarif pour les enfants, les étudiants, les chômeurs, les retraités. Ce n’est pas génial, avouons le. Surtout qu’il faut l’entretenir la vieille dame, jardiniers, treillages, tonnelles, portiques et kilomètres de buis à changer à cause de la pyrale qui est passée par là.

Bilan, l’aïeule coûte cher au département et ne rapporte rien aux l’Haÿssiens tout en se vautrant sur le territoire de l’Haÿ.

Cet endroit appelé « Roseraie » n’est qu’un tas vieux rosiers encombrants qui nous font bâiller. Comme c’est monotone !

 Heureusement Pipoléon a des amis qui ont des idées. Tu veux une ville qui bouge ? Tu vas voir, on va t’arranger ça, dit le compère Monsieur Citallios, l’aménageur préféré des Pasqua boys. La Roseraie n’est pas un problème pour moi.

Je commence par faire exploser le square Allende- - son plus proche voisin. Vous qui le subissez quotidiennement, vous savez bien qu‘il est pouilleux, mal fréquenté, sale, tout petit (6000m2), sans parler de la promiscuité avec la centenaire qui ne sort jamais de son vieux lits de roses décomposées. Reconnaissez qu’il ne vaut rien ! Reconnaissez que le centre de l’Haÿ avec l’église, les maisons historiques, la roseraie, le square, est complètement mort ! Soyons enfin lucides.

Estimez-vous heureux que je vous reprenne ce lopin gratis. Heu, bon, j’ai réfléchi, il me faudra aussi une petite subvention de 3,8millions, n’oubliez pas que je vous débarrasse d’un square tout pourri. Et je vous ferai faire, à grands frais, une petite place toute pavée, une place « à vivre » comme vous en rêviez avec des arbres dans de jolis pots à roulette qui pourront bouger à votre guise. Et puis, l’emplacement de 6000m2que j’ai eu gratis, je le vends 6,5millions euros à notre autre compère, Monsieur Emerige-Laurent Dumas, président du Conseil d’administration du Palais de Tokyo, peu chère ! Cet esthète philanthrope viendra exprès à l’Haÿ-les Roses, quel honneur, ériger des barres de luxe simili Hausmann. Ouah ! Les plus beaux appartements auront vue sur votre superbe place qui bouge. Ceux qui n’auront pas la chance d’acheter les appartements donnant au nord sur la place sans soleil et si délicieusement bruyante avec un super trafic, devront se contenter des appartements avec vue sur la Roseraie. Les pauvres, on les plaint. Mais c’est toujours comme ça. Il y a toujours des mal lotis. Peut-être certains d’entre vous, par esprit de sacrifice, emménageront-ils dans ces appartements plein sud, donnant sur le vieux champ de roses nauséabondes. Je les rassure, ils auront tout de même des trucs sympas, tout plein de petits pucerons qui prolifèreront grâce à la charmante augmentation de chaleur et qui viendront gigoter jusque dans leur lit, Ça bouge décidément à l’Haÿ.

Mes amis l’Haÿssiens, vous voyez, la chance vous sourit.   Le trio de compères travaille pour vous car vous le méritez bien.

 

Avec les trois compères, c’est à tous les coups qu’on perd…

 

* Surnom donné à Vincent Jeanbrun, maire de l’Haÿ-les-Roses

**Jules Gravereaux (1844 -1916) : créateur de la Roseraie de l’Haÿ

 

 

 

 

Pour prolonger :

Article de Jade Lindgaard (Médiapart) : Un jardin de roses sous la menace d’une résidence de luxe ; 2 mai 2019-10-08

 

Article du Figaro Culture : Sous le menace d’un projet immobilier, à l’Haÿ, la Roseraie n’est plus en odeur de sainteté ; 11 mai 2019

 

Plusieurs articles dans le Parisien(2019)

 

Pétition : La Roseraie de l’Haÿ-les-Roses en danger ! mesopinions.com

 

Site : Sauvons la roseraie

 

YTube : Margot Ginek

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.