Une urgence: choisir des maires-jardiniers plutôt que des maires bateleurs

Une urgence : choisir des maires-jardiniers plutôt que des maires-bateleurs, au Nom de la Rose; exemple du maire-bateleur de l'Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun "Libres!" (!)

Notre monde ne peut survivre que si les mots ont un sens et qu’on ne triche pas en permanence avec eux.

Ceci est évident pour beaucoup de professions. Ainsi on n’entendra jamais un jardinier dire que « couler du béton sur les roses, cela les protège ».

 

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Pour d’autres, en revanche, comme celle de maire, les dérapages sur le sens des mots sont plus faciles et fréquents. Si nous survivons malgré ces dérapages, c’est souvent parce que des citoyens, des journalistes vérifient que les mots correspondent bien à des réalités. Si les dérapages se répètent, il est sain de chercher les intentions derrière les informations trompeuses, de chercher le truc du prestidigitateur, avec en tête, le tableau de Jérôme Bosch l’Escamoteur.

 

A l’heure où il nous faut choisir un maire par notre vote, nous avons tout intérêt à vérifier le sens des mots utilisés par les maires, et dans le cas de dérapages répétés, à nous poser des questions sur leurs intentions.

 

C’est ce que j’ai fait, en tant que blogueuse et citoyenne, consciencieusement. Laissez-moi vous raconter une histoire très instructive. J’ai voulu vérifier les termes d’une nouvelle diffusée sur FR3 Paris-Ile de France, le 13-02-19 « L’Haÿ-les-Roses, la police municipale bientôt équipée de LBD intelligents », reprise sur 20 Minutes, le 14-02, sur BFMTV le 16-02-19. Ces termes ont été donnés aux journaux par notre maire, pour nous, ses concitoyens de l’Haÿ-les-Roses, et pour les autres maires qui auraient peut-être l’intention de l’imiter, lui le maire pionnier.

Le 08 janvier 2020, j’ai fait mon devoir, un billet de blog, pour lequel j’ai utilisé tous les documents disponibles afin de vérifier les réalités derrière ces mots. Mes sources, ce sont les documents des fabricants du LBD, ceux du ministère de l’intérieur, ceux du Conseil d’État. Seule à approfondir les faits, j’ai fait ce billet pour expliquer ce que tout le monde peut constater avec ces mêmes documents :

- 1) ces LBD n’ont rien, mais vraiment rien que l’on peut qualifier d’intelligent, ou alors c’est vraiment une injure pour les policiers municipaux.

- 2) le ministère de l’intérieur a classé ce LBD « intelligent » en catégorie A2 (« arme de guerre ») et la loi est très claire, les policiers municipaux n’ont pas le droit de les utiliser (ce qui ne les empêche absolument pas d’être armés, avec des armes de catégorie B, très efficaces .)

- 3 ) le Conseil d’État, sollicité par le fabricant de LBD, a rejeté sa demande de revenir sur la décision d’interdiction du ministère. A nouveau sollicité pour juger du bien-fondé de la décision, il a rejeté définitivement la demande le 12 février 2020.

 

Je suis désolée, M. le maire,  Vincent Jeanbrun, la phrase que vous avez donnée aux journaux, aux télés et qui a fait leur titre, escamote deux réalités, le manque d’intelligence du LBD et l’interdiction du ministère de l’intérieur. Et donc je cherche quelles peuvent être vos intentions cachées, pourquoi vous escamotez la réalité, pourquoi vous n’avez jamais parlé de l’interdiction du ministère, et pourquoi vous ne parlez pas maintenant du jugement pourtant très clair du Conseil d’état.

Dans mon billet du 08 janvier 2020, je qualifie un maire qui escamote les informations importantes de « bateleur » dont le sens exact veut dire « escamoteur » public. L’image la plus réaliste qui donne sens à ce mot est le tableau de Jérôme Bosch, du même nom. Tous les enfants comprennent en le voyant ce que veut dire escamoteur ou bateleur.

 

La seule réponse du maire à mes révélations et interrogations gênantes, a été de m’attaquer en diffamation le 6 février 2020en rajoutant une pelletée d’informations trompeuses sur ce que j’avais écrit, et en demandant au Conseil Municipal de financer ses avocats sur le budget de la Commune.

C’est précisément 6 jours plus tard, le 12 février, que le Conseil d’État, a tranché définitivement, avec autorité, et confirmé une nouvelle fois ce que j’écrivais. Les LBD dits intelligents sont effectivement interdits pour les polices municipales. Il confirme ainsi que les nouvelles diffusées par le maire et destinées à la promotion des LBD intelligents escamotaient la réalité de l’interdiction. Et il était temps pour le maire, le 6 février, de m’attaquer in extremis en diffamation avant la date du 12 février ! Il faut relire le compte-rendu du Conseil Municipal et le comparer à mon billet de blog et à la décision du Conseil d’Etat pour compter à nouveau les multiples escamotages du maire.

 

Pour terminer par le nom de la Rose, la vraie Rose, celle du jardinier qui, lui, ne triche pas, je dérange surtout le maire parce que je décris dans mes billets, un escamotage bien pire que celui sur les LBD. En effet, le maire de l’Haÿ-les-Roses, ville du Val de Marne connue pour sa Roseraie historique, « vend » depuis 6 ans et impose à ses concitoyens un projet immobilier qui menace très directement la survie des collections historiques de Roses. Il le fait en répétant qu’il « protège et valorise la Roseraie », en escamotant tous les dangers qu’il fait courir à cette œuvre d’art alors qu’il devrait être le premier, par ses fonctions, à la protéger. J’ai le droit et le devoir de douter du sens réel de ces mots répétés à l’envi par le maire qui a signé le permis de construire. Pourquoi ne pas écouter aussi la présidente de la Fédération mondiale des Sociétés de Roses (WFRS) qui qualifie cette action du maire de « scandale historique » ? Pourquoi ne pas écouter les scientifiques qui sont d’accord sur la menace et qui décrivent en détail la dangerosité des projets du maire ?

Je le redis, monsieur Vincent Jeanbrun, maire-bateleur de l'Haÿ-les-Roses, vous vendez à vos concitoyens un projet de résidence de luxe qui menace notre Roseraie, qui ne la protège pas, qui ne la valorise pas, bien au contraire. Bateleur est ici une litote. Quelles sont vos intentions pour vous fatiguer à ce point, sans relâche, à escamoter les réalités ?

Ici aussi le tribunal va trancher sur le sens des mots que vous utilisez, et cela ira aussi certainement au Conseil d’État.

Heureusement les élections municipales nous permettent une fois tous les 6 ans de choisir des maires-jardiniers qui ne trichent pas avec les mots plutôt que des maires-bateleurs qui escamotent la réalité.

 

 

 

 

 

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