Messieurs dames, préparez-vous à découvrir le secret magique du gouvernement Lecornu avec son ministre Jeanbrun (appelé Pipoleon Bon’Appart par ceux qui le connaissent !) pour résoudre la crise du logement.
Les effets d'annonce grandioses
Le 22 janvier 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu et son ministre Jeanbrun dégainent leur plan.
Le discours officiel : tout le monde gagnant
Version Jeanbrun–Lecornu, telle qu’annoncée dans la presse et les interviews :
- 400 000 logements par an d’ici 2030, soit 2 millions au total, présenté comme « absolument colossal ».
- 125 000 logements sociaux dès 2026, grâce à un « soutien financier inédit aux bailleurs sociaux » inscrit dans le budget 2026.
- Un nouveau dispositif Jeanbrun qui va « créer un choc d’offre et permettre de construire près de 50 000 logements supplémentaires par an ».
- L’ensemble censé générer « plus de 500 millions d’euros de recettes fiscales » (formule reprise sans être interrogée).
Sur le papier, c’est beau :
- les ménages modestes auraient plus de logements sociaux,
- les classes moyennes plus de logements à loyers « intermédiaires »,
- l’État plus de recettes,
- les bailleurs sociaux plus de moyens,
- les investisseurs privés une carotte fiscale.
Dans un vrai tour de bonneteau, l’arnaque commence quand l’arnaqueur parle très vite.
Arnaque 1 Derrière ce beau 400 000 logements par an pour répondre à la crise, il y a trois chiffres :
- 50 000 logements achetés par des propriétaires aisés, aidés par l’Etat via le dispositif Jeanbrun (défiscalisation)
- 125 000 logements sociaux annoncés, financés par les bailleurs sociaux et non par l’Etat
- 225 000 logements fantômes sans financement de l’Etat donc fantasmés par rapport au plan de relance
Arnaque 2
Coût du dispositif Jeanbrun pour l'État, ou comment faire pire que le pire
Le dispositif Jeanbrun : un coût pour le contribuable encore plus avantageux que le Pinel pour les propriétaires aisés
Rappelez-vous le dispositif Pinel. Supprimé en 2023 par Élisabeth Borne car il coûtait 2 milliards par an pour une efficacité douteuse. Constat officiel : "Seuls 9% de la réduction d'impôt accordée se traduisaient effectivement par des baisses de loyers. Les 91% restants constituent un pur transfert d'argent public vers les ménages aisés."
Le dispositif Pinel a nourri l’inflation immobilière et a créé une dépendance du secteur à la défiscalisation.
Jeanbrun a créé un Pinel plus cher, moins contrôlé, et déguisé en "politique de relance du logement".
Suppression du zonage géographique : contrairement au Pinel limité aux zones tendues, le dispositif Jeanbrun s'applique sur tout le territoire français.
La suppression du Pinel "coûteux et inefficace" (2 milliards €/an) remplacé par un dispositif encore plus généreux pour les ménages aisés (2-3 milliards €/an jusqu’à 100 000 € par ménage et par logement) est totalement incohérente.
Arnaque 3
Ce mécanisme qui va surtout bénéficier aux promoteurs privés, a été imaginé par eux-mêmes et a été imposé par V Jeanbrun et S Lecornu grâce au 49-3, contre le vote de l’Assemblée.
Vincent Jeanbrun lui-même assume publiquement avoir "travaillé avec les professionnels en direct".
« Le nouveau dispositif 2026b va être encore plus favorable que ne l’était le “Pinel” [stoppé fin 2024], se félicite le président de la Fédération des promoteurs immobiliers, Pascal Boulanger (FPI) Nous allons rapidement renouer avec nos anciens niveaux de production, c’est-à-dire 60 000 nouveaux logements par an dédiés au locatif, contre seulement 9 500 vendus à des investisseurs particuliers en 2025, sous-entendu, « grâce aux contribuables, nous allons pouvoir multiplier nos bénéfices par 6 ! »
Pascal Boulanger est d’autant plus satisfait, que l’Assemblée l’avait juste avant très déçu et la FPI dénonçait un « sabotage méthodique » (par les méchants députés).
Grâce au passage en force du 49-3 et le lobbying intense de Vincent Jeanbrun, c’est la version des promoteurs qui a été adoptée.
Arnaque 4
l’annonce des 500 millions pour les bailleurs sociaux
Vincent Jeanbrun fanfaronne : "Nous avons récupéré 500 millions d'euros pour les bailleurs sociaux en réduisant la RLS !"
Les RLS, c’est la réduction des loyers perçus par les bailleurs sociaux pour financer les APL. C’est donc une charge injuste pour les bailleurs sociaux. Via la RLS, l'État ponctionne les classes populaires (0,9 Md€) pour économiser sur les APL, tout en offrant 2-3 Md€ de cadeaux fiscaux aux classes aisées (Dispositif fiscal Jeanbrun).
Il n'y a aucune redistribution verticale (hauts revenus → bas revenus) dans ce système. C'est un système où les pauvres financent les pauvres, pendant que les riches se font défiscaliser.
Et c'est présenté comme un "plan de relance du logement".
Pour le logement social, les 500 millions d'euros annoncés pour soi-disant financer 125 000 logements, cela fait 4 000 € par logement, de quoi construire 2m2 pour chaque logement: un placard supplémentaire…
Arnaque 5
Le gouvernement annonce une augmentation de 47% de la production de logement sociaux sans moyens budgétaires proportionnés.
Le financement des constructions des logements sociaux se fait par les loyers prélevés par les bailleurs sociaux , avec des pr^ts de la Caisse des Dépôts et Consignations venant du livret A : donc c’est l’épargne populaire et les loyers des HLM qui financent la construction de logements sociaux, pas le budget de l’Etat.
Les demandeurs de logements sociaux sont actuellement 2,87 millions, 1,2 million de familles avec enfants, 400 000 ménages avec 3 enfants ou plus. Le nombre de familles en attente continuera d'augmenter.
La cession à bas prix des terrains communaux aux bailleurs sociaux plutôt qu’aux promoteurs ou aux aménageurs serait un vrai moteur de relance important du logement social : mais c’est précisément ce que les maires LR en Ile de France ne veulent pas.
Arnaque 6
Vincent Jeanbrun, maire de L'Haÿ-les-Roses de 2014 à 2024 nommé ministre du Logement en octobre 2025, a mené une politique urbaine massive privilégiant les promoteurs privés et la construction de logements libres au détriment du logement social et du patrimoine naturel L'association anticorruption Anticor a déposé deux plaintes contre Vincent Jeanbrun : plainte pour "favoritisme, détournement de biens publics, prise illégale d'intérêts et trafic d'influence" Selon les calculs d'Anticor, le détournement au profit des amis du maire se chiffrerait en millions d'euros Jeanbrun a réservé la ventes de terrains communaux à prix bradés aux aménageurs et promoteurs, pour construire des résidences de luxe, pas du social . Le bilan de maire de Vincent Jeanbrun à L'Haÿ-les-Roses (2014-2024) confirme sans ambiguïté une politique de gentrification massive, menée au nom d'une "mixité sociale" instrumentalisée pour justifier la destruction de logements sociaux, la construction privilégiée de logements privés , et la disparition du patrimoine naturel pour construire des résidences de luxe privées.
Avec le Plan de Relance Jeanbrun, qui gagne vraiment ?
- Les investisseurs privés aisés
- Les promoteurs et l’industrie immobilière privée
3 La communication politique de la majorité
Qui perd vraiment ?
1.Les finances publiques
2.Les bailleurs sociaux
3.Les ménages en attente de logement social
4.Le débat public (et la lisibilité du système)
La moindre question des députés au ministre Jeanbrun concernant le Plan de Relance entraine non pas des réponses, mais des hurlements
Lorsqu’un député LFI pose très poliment une question à Vincent Jeanbrun (le tri des locataires au faciès ), au lieu de faire une réponse compréhensible et proportionnée, le ministre se met à hurler contre le député avec des slogans qui n’ont strictement rien à voir avec la question : « les réunions des LFI sont racistes et interdites aux blancs », « LFI crache sur la Police ». Même la présidente de l’Assemblée semble très gênée par les hurlements de Jeanbrun totalement inadaptés à la question. Les députés LFI demandent la démission de Vincent Jeanbrun.
Mais pour les citoyens de L’Haÿ-les-Roses, il n’y a aucune surprise devant ces hurlements : c’est la « réponse » habituelle de Jeanbrun, inconséquente et irresponsable, à toutes les questions auxquelles il ne sait pas ou ne veut pas répondre.