En plein conflit d'intérêt, Nicolas Sarkozy ne devrait pas pouvoir être candidat à la présidence de l'UMP

Comment Nicolas Sarkozy peut-il prétendre à la candidature de la présidence de l'UMP, alors que ses intérêts financiers personnels sont opposés aux intérêts financiers de l'UMP ?

Comment Nicolas Sarkozy peut-il prétendre à la candidature de la présidence de l'UMP, alors que ses intérêts financiers personnels sont opposés aux intérêts financiers de l'UMP ?

Cet interêt contradictoire est évident dans les affaires en cours qui font l'objet de deux enquêtes judiciaires ouvertes à Paris : 
-  l’affaireBygmalion sur un possible système de fausses factures dont le but aurait été de maquiller le compte de la dernière campagne de l’ex-chef de l’Etat.(pour 17 ou 18 millions) ;
-  l’enquête sur le paiement par l’UMP de pénalités qui avaient été infligées au candidat battu car ses comptes de campagne avaient dépassé le plafond autorisé. Le triumvirat Juppé-Fillon-Raffarin à la présidence intérimaire de l'UMP a fait une démarche auprès du parquet de Paris qui a ouvert une enquête visant un éventuel "abus de confiance" au préjudice de l'UMP.

Donc, si Nicolas Sarkozy est président de l'UMP, il représenterait les intérêts de l'UMP, qui aurait subi un préjudice du fait de lui-même...

Les règles sur les conflits d'intérêt sont claires et sont valables pour tous dirigeants d'administrations, quelle que soit la forme de l'entreprise, dont les associations, notamment les partis politiques. Voir la note de la commission déontologie de l'IFA (Institut Français des administrateurs) sur les administrateurs et les conflits d'intérêt.
Cette note rappelle la définition du conflit d'intérêt :

"Un conflit d’intérêts nait d’une situation dans laquelle un administrateur détient ou sert, à titre privé, des intérêts qui pourraient avoir une influence sur son objectivité dans l’exercice de sa fonction."

Ce conflit d'intérêt est pire encore si l'intérêt personnel (financier) est opposé à l'intérêt de l'association qu'il dirige ... or avec l'enquête judiciaire sur Bygmalion et sur le dépassement des frais de campagne payés par l'UMP, on est en plein dedans.

"La première obligation de l’administrateur, pour respecter son devoir de loyauté à l’égard de la société, est de déclarer les conflits d’intérêts qui pourraient l’affecter, et de clarifier les situations sur lesquelles pourrait peser un doute, de façon à ce que sa deuxième obligation, celle de s’abstenir, puisse s’exercer.
...
Cette obligation de loyauté, qui pèse avant tout sur l’administrateur lui-même, est applicable avant sa nomination et tout au long de son mandat. Elle s’applique notamment dans les circonstances suivantes :

 Au moment de la phase de sélection de l’administrateur  elle doit conduire celui-ci à retirer sa candidature en cas de conflits d’intérêts fréquents ou substantiels lui imposant de s’abstenir en de trop nombreuses occasions (hors le cas de la représentation, organisée en toute transparence, d’actionnaires, majoritaires ou non) ;"


Nicolas Sarkozy devrait être obligé d'attendre le résultat final des affaires judiciaires en cours pour prétendre à la candidature de la présidence de l'UMP.

Il faut que quelqu'un s'en saisisse, demande un avis officiel  : les concurrents de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP, Bruno Lemaire et Hervé Mariton ? ou qui d'autre ?

 Ajout le 20 novembre 2014 :

On peut aussi se demander pourquoi Nicolas Sarkozy tient tant à diriger l'UMP (se taper le suivi et les décisions sur tous les problèmes financiers et logistiques, une responsabilité de gestion,...) alors que ce qu'il vise c'est la présidentielle 2017, seul moyen pour lui de retrouver une immunité, en faisant traîner les affaires d'ici là (avec des procédures en appel...).

En fait c'est simple :

1- c'est pour avoir justement accès au dossier dans lesquels il est impliqué comme bénéficiaire au préjudice financier de l'UMP ;

2- c'est aussi pour avoir la main sur les investitures, à commencer par les cantonales et régionales, influençant les arbitrages au détriment de ceux qui ne le soutiendraient pas pour la primaire. Il y a donc un 2ème conflit d'intérêt à mentionner, celui-là. Il aurait été bienvenu en fait que le président de l'UMP ne soit pas en même temps candidat à la primaire. C'est un point que Bruno Le Maire avait mentionné.


 

 

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