Marie-Anne Kraft
Abonné·e de Mediapart

365 Billets

4 Éditions

Billet de blog 20 oct. 2012

L'UDI : leurre du centre a sonné !

Après les échecs successifs de tentatives de rassemblement du centre "à droite" (c'est à dire par avance rallié à la droite au second tour de nos élections), de l'Alliance Centriste à l'Ares, voici venue l'UDI (Union des Démocrates et Indépendants), qui selon Jean-Louis Borloo, va "changer le monde" ! Et la Presse moutonnière relaie le message, ne relevant même pas l'usurpation du mot "centre", le faux nez d'une partie de l'UMP qui n'ose plus dire son nom.

Marie-Anne Kraft
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Après les échecs successifs de tentatives de rassemblement du centre "à droite" (c'est à dire par avance rallié à la droite au second tour de nos élections), de l'Alliance Centriste à l'Ares, voici venue l'UDI (Union des Démocrates et Indépendants), qui selon Jean-Louis Borloo, va "changer le monde" ! Et la Presse moutonnière relaie le message, ne relevant même pas l'usurpation du mot "centre", le faux nez d'une partie de l'UMP qui n'ose plus dire son nom.

Photo : AFP

Alors voilà comment le quotidien populaire gratuit Métro titre son article sur le résultat de son dernier sondage OpinionWay de popularité politique : "Baromètre Metro : Borloo double Bayrou au centre"

Et d'enchaîner :
"Jean-Louis Borloo semble en passe de réussir son OPA sur le centre."
"Jean-Louis Borloo possède une longueur d'avance sur François Bayrou dans la bataille du centre".

 Pourtant, comme le fait remarquer en commentaire le blogueur Olivier Desmocrate :

 "Borloo double Bayrou a DROITE, pas au CENTRE (voir page 32 du sondage). Intéressant sondage très détaille dans son ensemble. La méthode est juste, mais la conclusion et le titre de l'article prêtent a confusion il me semble: la méthode prend en compte 3 sous groupes d'analyse gauche-modem-droite. Ca me semble très juste en termes de classification, et ca n'est pas souvent qu'on le voit ainsi - ça méritait d'être souligné. Après, si l'on regarde les détails par proximité partisane (page 32) on voit que 84% des sympathisants MoDem sont satisfaits de Bayrou vs. 49% pour Borloo, et que seulement 26% de ceux de droite sont satisfaits de Bayrou (le prix du choix de l'entre-deux tour) contre 53% pour Borloo. Voila encore une fois la preuve que Borloo ne double pas Bayrou au CENTRE, mais a DROITE. Si je voulais etre méchant je vous conseillerais d'apprendre à lire vos propres sondages... Vraiment pas bien de faire des titres racoleurs."

A la veille d'ouvrir dimanche son assemblée constituante de l'UDI,  "force qui a vocation à devenir le premier parti de France",  "UDF du 21e siècle", Jean-Louis Borloo se dit "chaud comme la braise" et paraît déjà ivre de son futur succès annoncé (voir cette vidéo de Public Sénat, 1'18, édifiante !) ... Il demande aux journalistes de relayer ses messages sur les médias. Je pense qu'il sera en effet relayé par les Guignols et Le Petit Journal !

En tout cas, quand il accuse Bayrou d'avoir fait "la plus grande destruction politique de l'histoire contemporaine", il ne cherche visiblement surtout pas à attirer François Bayrou, mais se livre à un véritable racolage des élus du MoDem (appels directs au téléphone, promesses,...), et ceux qui ont été séduits se chargent ensuite de relayer le racolage sur le Web et dans leurs sections locales. Il y a parmi eux des personnes très bien, des élus que j'estime beaucoup, comme Philippe Meynard et Jean-François Vigier. Je comprends qu'ils aient été tentés car la logique électorale est forte, malgré les convictions et le souhait commun que nous partageons d'un centre vraiment indépendant. Et mon amertume à l'égard de l'UDI, de son usurpation du centre, des mots parfois insultants à l'égard de François Bayrou, ne m'empêche pas de souhaiter un rassemblement autour d'une majorité centrale, comme le prône François Bayrou, sur des valeurs (démocratie, république, laïcité, justice sociale et solidarité, économie durable, soutenable) et des idées, sur une vision de l'Europe, sur un assainissement des finances publiques tout en faisant respirer l'économie et soutenant ses vecteurs de croissance. Dans ce rassemblement l'UDI a sa place, comme le Modem, comme une partie de EELV et du PS, comme le PRG. Si on faisait le décompte, ce serait la première force politique de France.

J'aimerais au moins que la presse et les médias arrêtent d'utiliser le mot centre ou centristes, pour un parti de droite qui usurpe ce mot et trompe les électeurs. C'est vraiment devenu la mode de donner des noms en forme de faux-nez aux partis :
- "L"Union des Démocrates et Indépendants" est sans doute démocrate, mais n'est pas  indépendante, liée électoralement à l'UMP
- "La Gauche Moderne" n'est pas de gauche (ni moderne d'ailleurs) 
- "Le Nouveau Centre" n'est ni nouveau ni au centre
- "Le parti Radical Valoisien" et "Le Parti Radical de Gauche" ne sont pas radicaux
-  Le "Parti Socialiste" n'est pas socialiste mais "Social-Démocrate" 
-  l'UMP est de moins en moins "populaire"
-  les mauvaises langues me diront "Et le Parti Démocrate est-il vraiment démocrate ?" ...

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Élisabeth Borne, une négociatrice compétente et raide au service du président
Ces deux dernières années, celle qui vient de devenir première ministre était affectée au ministère du travail. Tous les responsables syndicaux reconnaissent sa capacité de travail et sa propension à les recevoir, mais ont aussi constaté l’infime marge de manœuvre qu’elle leur accordait.
par Dan Israel
Journal — Politique
Le député de Charente Jérôme Lambert logé chez un bailleur social à Paris
Le député Jérôme Lambert, écarté par la Nupes et désormais candidat dissident pour les élections législatives en Charente, vit dans un logement parisien de 95 m2 pour 971 euros par mois. « Être logé à ce prix-là à Paris, j’estime que c’est déjà cher », justifie l’élu qui n’y voit rien de « choquant ».  
par David Perrotin

La sélection du Club

Billet de blog
De l'art de dire n'importe quoi en politique
Le problème le plus saisissant de notre démocratie, c’est que beaucoup de gens votent pour autre chose que leurs idées parce que tout est devenu tellement confus, tout n’est tellement plus qu’une question d’image et de communication, qu’il est bien difficile, de savoir vraiment pour quoi on vote. Il serait peut-être temps que ça change.
par Jonathan Cornillon
Billet de blog
par C’est Nabum
Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena
Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet