Habituellement, le premier tour de l'élection présidentielle sert à choisir notre candidat préféré, puis le second tour sert à tout le moins (si notre préféré n'y est pas) à éliminer celui que nous ne voulons pas. Il est aussi l'occasion de se mettre d'accord sur un rassemblement, voire une alliance, par soutien des perdants du premier tour à un des deux gagnants. C'est entre les deux tours que sont validés les derniers réglages des investitures aux législatives qui suivent un mois après et que se profilent les rapports de force futurs à l'Assemblée nationale.

Mais en 2017 le contexte est différent. Hormis pour les partisans du FN, c'est pour les autres comme si l'élection n'était plus qu'à un seul tour. La nouveauté de cette présidentielle est aussi la généralisation des primaires, à gauche, à droite et chez les écologistes EELV.

Si le vote des primaires était limité aux adhérents de chaque parti, le gagnant bénéficierait probablement aux candidats les plus radicaux, ayant la ligne la plus dure qui en général polarise les militants. L'élection présidentielle aurait une offre de candidats  autour desquels l'ensemble de la population aurait du mal à adhérer ensuite face à la candidate Marine Le Pen. Un rival qui focaliserait le rejet (Sarkozy ou Hollande) risque, par l'abstention, de faire passer Le Pen. Il est donc crucial, vital, d'avoir un challenger qui au moins ne suscite pas le rejet, voire maximise la satisfaction de l'ensemble des Français. C'est donc plutôt un bien que les primaires soient ouvertes.

C’est en cela que les primaires sont devenues le premier tour de l'élection présidentielle, mais au lieu de nous faire choisir uniquement notre candidat préféré, elles nous permettent aussi déjà de peser pour rejeter les candidats que nous ne voulons pas.

Il s'ensuit aussi une nécessité de rassemblement dès le premier tour puisqu'on ne pourra pas le faire entre les deux tours. Du coup les clivages internes au sein des partis ont tendance à s'exacerber pendant les primaires, ce qui explique la fracture ouverte entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, sur le thème du rassemblement ou non avec les Centristes, notamment François Bayrou. 

Ne vous laissez pas voler votre premier tour, votez à la fois à la primaire de droite et à celle de gauche !

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Grand bien vous fasse. Cela ne changera fondamentalement rien au système mais cela vous donnera tout de même l'illusion d'avoir sauver le monde d'un danger imminent. La V° république est en vérité arrivée en fin de cycle et ne représente plus grand monde.  A part la minorité friquée qui s'auto-appelle avec statisfaction ennamourée pour elle-même : "les-forces-vives-de-la-nation" tandis que tous les autres, les "sans-dents", les "sans-toîts" , les "sans-travail", les "sans-la-bonne-couleur-de-peau", les "sans-diplôme", les " sans-gains "  cherchent leur identité nationale dans les poubelles du quartier à moins qu'ils ne soient relégués, marginalisés, ostracisés, emprisonnés, exploités ou simplement niés, quel destin encore commun pour demain ?  La politique française est désormais dictée par la Commission européenne, même si vous changez la tête de gondole issu des mêmes partis, cela ne changera rien. Il faut donc commencer à bâtir une VI ° république en faisant le procès de l' Union Européenne qui n'est plus qu'une coquille vide et n'a qu'un parlement d'enregistrement. Un parlement qui n'a jamais véritablement voix au chapitre puisque les décisions sont écrites en amont en petit comité, comme nous le montre l'opacité du Ceta et du Tafta.