Si vous voulez, Monsieur Le Président.

État rapide et factuel des lieux avant le débat sur l'immigration

Monsieur le Président,

Si vous voulez des actes : songez aux 120 000 réfugiés vietnamiens et cambodgiens accueillis en 1979 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. En France, à ce moment-là, l’immigration de travail vient tout juste d’être suspendue et la crise économique que traverse le pays semble peu propice à l’accueil de nouveaux étrangers.

Si vous voulez un modèle : songez au camp de Grande Synthe. En 2016 par la volonté conjuguée d’un maire : Damien Carême, d’associations et d’ONG, et pour la somme de 350 millions d’euros uniquement apportés par l’ONG « médecins sans frontières », la ville de Grande Synthe et la communauté d’agglomération de Dunkerque, ce camp a pu accueillir jusqu’à 1300 personnes dans des conditions de vie dignes. Il est constitué d’abris en bois pouvant abriter 4 personnes et équipé de sanitaires, de cuisines collectives, d'espaces de sociabilité. Les enfants qui y vivent sont tous scolarisés.

Si vous voulez le courage politique : rappelez-vous le président Mitterrand qui abolit la peine de mort en 1981 alors qu’au même moment 62% des français y sont favorables.

Si vous voulez des chiffres : reprenez ceux de l’agence Eurostat. Ils placent la France au 11ème rang en nombre de demandeurs d’asile par million d’habitants. Loin derrière Chypre, la Grèce, Malte ou le Luxembourg.

Si vous voulez de la solidarité : visitez nos territoires. Des milliers de nos concitoyens accueillent dans leurs villes et villages des familles de réfugiés. Ils les épaulent, les entourent, les hébergent,  mettant ainsi en œuvre le si beau terme de « Fraternité ». Ils sont partout : Lalizolle dans l’Allier 400 habitants, Bayonne dans les Pyrénées Atlantiques 51 000 habitants, Pessat-Villeneuve dans le Puy de Dôme 618 habitants, Briançon dans les Hautes Alpes 12370 habitants. Et des centaines d’autres : il suffit de consulter le site bastamag.net ou reporterre.net pour en être convaincu.

Et si vous voulez graver votre nom dans le marbre de l’Histoire, Monsieur le Président, il vous faut aller contre la paresse de vos prédécesseurs, cesser de courir derrière les pleureuses d’extrême droite, permettre à nos concitoyens de prendre un peu de hauteur  et porter avec courage un grand projet pour l’Intégration.

                                                                       Marie-Annick Gaudin / 6 octobre 2019

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