Veillée d'armes

Tandis que tout le monde retient son souffle à la veille de la nouvelle manifestation des « gilets jaunes », j’essaye comme la plupart d’entre nous, d’analyser mes sentiments.

                                                                        Veillée d’armes

Tandis que tout le monde retient son souffle à la veille de la nouvelle manifestation des « gilets jaunes », j’essaye comme la plupart d’entre nous, d’analyser mes sentiments.

Une partie de moi, celle qui est allée manifester maintes fois dans les rues de Paris tantôt encadrée par les services d’ordre syndicaux et tantôt par un service d’ordre bon enfant, souhaite que cette manifestation regroupe encore plus de monde que les précédentes. Révolte justifiée à mes yeux par tant de mesures injustes en citant pêlemêle la suppression de l’impôt sur la fortune venue après l’instauration du CICE, la suppression des emplois aidés, de celles des petites lignes de chemin de fer non rentables, des petits hôpitaux et des tribunaux de proximité. Liste bien entendu non exhaustive - hélas.

L’autre partie - celle qui a enseigné durant tant d’années le respect des règles à des générations d’enfants - respect des règles comme premier facteur d’Égalité à mes yeux – l’autre partie donc, redoute la casse, la violence, la montée en puissance de la destruction.

Pour ma part je serais plutôt encline à pratiquer la méthode Gandhi, qui a aussi fait ses preuves, plutôt que  la méthode 1789 qui finit toujours mal, et encore plus mal pour les faibles.

Clin d’œil amusé quand même vers  ce Président qui a tout tablé sur la Com, aussi bien sa campagne que ses premiers mois aux commandes du pays, et que se retrouve dépassé par là où il a -disons-le- péché. On ne doit pas gouverner un pays avec les yeux rivés sur les réseaux sociaux et les chaines d’infos.

Mais ce qui l’emporte je crois surtout, c’est la tendresse et la fierté pour mon peuple. Sacrés français capables à la fois de mettre un grand bourgeois à la tête de leur pays -en évitant au passage le dangereux populisme- et de courber l’échine des années durant. Et sacrés français  qui soudain, à quelques semaines des irremplaçables fêtes de fin d’année, se décident à affronter les rigueurs de cet automne maussade pour tenir le terrain partout sur le territoire.

Je ne sais pas ce que vont donner les jours qui viennent. Comme chacun d’entre nous j’appréhende la suite. Mais quelque part une petite note d’optimisme monte en moi. La loi du plus riche n’a pas encore gagné.

                                                          

                                                                  Marie Annick Gaudin / 7 Décembre 2018

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