Le retour de l'étudiant africain refoulé

"Je souhaite que les procédures administratives soient simplifiées pour les étudiants, dès lors qu'ils sont motivés, talentueux, capables de subvenir à leurs besoins, mais aussi pour les artistes et les créateurs." Voilà ce que disait François Hollande lors de son discours de Dakar, en décembre dernier.

"Je souhaite que les procédures administratives soient simplifiées pour les étudiants, dès lors qu'ils sont motivés, talentueux, capables de subvenir à leurs besoins, mais aussi pour les artistes et les créateurs." Voilà ce que disait François Hollande lors de son discours de Dakar, en décembre dernier.

Malheureusement, de la tête de l'exécutif aux exécuteurs, le chemin est long, la volonté se fait moins ferme, le message s'étiole, voire ne passe pas. C'est ainsi qu'hier soir, tout juste arrivé à Roissy Charles de Gaulle muni d'un visa, un doctorant camerounais, inscrit dans une université parisienne, se voit directement "refouler" vers Yaoundé. L'explication qui lui aurait été donnée est des plus absurdes, voire témoigne d'une certaine lâcheté des forces de police qui l'ont interpellé: les autorités françaises au Cameroun auraient demandé à ce qu'il rentre (à peine arrivé, donc) au motif que sa " volonté de quitter le territoire des États membres avant l’expiration du visa n’a pas pu être établie". Le consulat français serait-il revenu sur sa décision ? Les forces de la police aux frontières auraient-elles inventé ce motif?

Une pétition demandant à ce que la France s'ouvre aux monde universitaire africain avait recueilli en décembre dernier plus de 500 signatures (https://11970.lapetition.be) , le Président semblait avoir souscrit à cette nécessité.  Mais la volonté politique ne suffit pas et voici revenir, plus tôt que prévu et malgré l'alternance, l'étudiant refoulé, dégoûté, et prêt à partir vers des horizons plus accueillants.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.