MEURTRE AVEC PREMEDITATION A L'HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE DAPHNI (ATHENES)

Meurtre avec préméditation

d'Anna Gaïtanidou (traduction MLV) - paru dans le magazine "PRIN" (gauche radicale)

L'Etat et le mémorandum tuent! Trois personnes sont mortes, victimes d'un incendie déclenché par un patient, et trois autres sont blessées. Ces personnes étaient attachées à leurs lit quotidiennement depuis des mois dans des chambres fermées à clef! Elles sont mortes piégés, sans possibilité de bouger. Les salariés cassaient les vitres pour venir en aide aux patients tandis que les pompiers les détachaient de leurs lits. Le feu s'est rapidement propagé, du fait que les murs des chambres étaient garnis de mousse. Et ce n'est pas la première fois que celase produit.

En février 2013, au centre d'accueil "Athina" de la PEPSAE [Union Panhellénique pour le Rétablissement Psychosocial et la Réinsertion Professionnelle], un patient a mis le feu et un autre patient de 56 ans est mort, enfermé à clef dans sa chambre. Cette année, en mai, un patient de Daphni, était maintenu attaché sur son lit depuis 2 ans s'est détaché et a tué son voisin, lui aussi attaché. Les décès sont survenus à la 7e section psychiatrique de cas chroniques où sont soignés 17 hommes souffrant de retards graves ou d'autismes, accompagnés de troubles psychotiques. Pour chaque service, les soignants sont au nombre de 2, et le médecin responsable n'effectue que quelques visites par semaines, car il travaille également dans un autre service. L'hôpital Psychiatrique de Daphni fonctionne depuis des années en-dessous des normes de sécurité, et les salariés avaient alerté leurs supérieurs à ce propos, tout en tentant, par tous les moyens possibles, de maintenir l'hôpital psychiatrique ouvert. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: les subventions accordées à l'H.P. de Daphni, s'élevaient en 2010 à 23 millions; cette année, elles ne dépassent pas 11 millions, tandis que le déficit en personnel dépasse 50%. L'analogie moyenne soignants-patients en Europe est de 1 pour 4, avec davantage de soignants pour les cas lourds; à Daphni, elle est de 1 soignant pour 17 patients.

La politique de mémorandum qui interdit les embauches, et la culture de la contention mécanique des patients causent des morts, faisant des établissements de soins psychiatriques des entrepôts d'âmes et jetant à la poubelle les luttes du mouvement psychiatrique pour la désinstitutionnalisation et la création de conditions humaines de soins et de vie des patients. Le gouvernement SYRIZA-ANEL et le ministre de Santé, M. Xanthos, portent l'entière responsabilité de cet assassinat, puisque, loin de renverser la situation, ils ont signé le troisième memorandum. 

 

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