PSI ET MENSONGES...

 

CE soir, 22h, le "PSI" (procédure d'échange des obligations détenues par les créanciers privés) s'est terminé...On nous affirme que la procédure s’est effectuée sur une base volontaire, que tout va bien...

Je ne suis pas économiste, ni même  fine connaisseuse du sport, et n'eût été cette putain de crise, fabriquée de toute pièces pour nous mettre en morceaux, je serais restée très ignorante. Je laisse le soin à d'autres (Marie-Caroline,peut-être?) de traiter le sujet plus sérieusement.

Je veux, moi, parler de l’Aciérie d’Aspropyrgos, en grève depuis 130 jours. De Dimitri, fier comme un coq, qui nous a fait visiter son usine. Et, les yeux mouillés, humble, nous a conté le dernier accident mortel. (mon prochain billet, il le faut, vraiment…).

Des vitrines vides, "à louer", qui ont essaimé aussi bien au centre d'Athènes qu'à Aighion. On ne les compte plus, on l'a fait au début, on ne veut plus.

Des mensonges interminables.On nous ment à longueur de JT, on nous ment au travail, on nous ment ... Schaüble a dit que les étudiants italiens qui l’ont accueilli, lors d’une conférence à la fac, la face cachée par des masques porcins (pour signifier leur solidarité avec les PIGS countries : Portugal, Irlande, Grèce et Espagne) pouvaient bien manifester contre les mesures, parce que ces mesures, qu'on nous a présentées hier comme de la dernière chance, et prises à la dernière minute pour éviter la catastrophe, ces mesures (dont le -22% sur le salaire minimum, qui chute à 585 euros bruts, et entraine dans sa chute retraites et allocs chômage...) avaient, selon le Ministre de l'Economie allemand, été prises d'un commun accord il y a déjà longtemps. Que, à l'époque, (il y a plusieurs mois) les Allemands avaient proposé aux Grecs un dilemme: soit vous voulez à tout prix rester dans l'eurozone, soit on vous aide à en sortir. Comme dit Schauble: "les Grecs ont choisi" (= qu'ils paient donc, maintenant)

Trois frères et soeur, qui vivent dans un village près de Patras, ont cessé depuis une semaine d'aller à l'école. Le taxi qui les amenait à l'école (aux frais du Ministère) n'est décidément pas rentable, et comme il n'a pas été payé depuis des lustres.

J'attends, comme tous mes collègues, d'apprendre si notre salaire sera amputé rétroactivement de 22%, puisque les mesures adoptées sont applicables à compter du 14 février. Pour l'instant, nous avons touché 500 euros.

Dès le mois prochain, les retraites ne pourront plus être versées par la plupart des caisses d'assurance, premières victimes de la décote imposée aujourd'hui, à coup de carotte ... et de bâton. La carotte "offerte" par le gouvernement aux créanciers privés: des parcelles de terrain public, des actions, des promesses de partage des gains en cas de découverte et d’exploitation d’hydrocarbure… En attendant, les retraités peuvent bien crever. Comme les caisses rechignaient, eh, on est passé au bâton : « si vous n’échangez pas volontairement les obligations grecques que vous détenez...vous perdrez tout, et on ne vous versera aucun dédommagement ».

Donc, les retraités peuvent bien crever.

On nous coupe la prime "enfants" incorporée jusque là au salaire. Ben oui, c'est vrai. Ils se font de plus en plus discrets, ces enfants...

Toute dette personnelle de 300 euros et plus peut entraîner la saisie automatique du salaire, de la retraite ou des allocations de chômage. Au-delà de 5000 euros de dette,  les biens mobiliers et immobiliers pourront être saisis, sauf les vêtements, couvertures et les livres à caractère professionel, les instruments de musique ainsi  que les partitions (je sauverai le piano-prêté par mon voisin!-, les guitares, l'accordéon -un prêt aussi- et tous mes dicos bien aimés...ouf!).

Les gardiens de prison ont annoncé de nouvelles mobilisations, et les directeurs de tous les établissements de détention et de rétention ont envoyé des courriers officiels, annonçant qu'aucun détenu ne pourra plus être accueilli nulle part. Ils sont 12.300, pour 9.300 places.

Créons, vivons, résistons, pour tenir, être encore hommes demain. La Grèce étouffe, elle n'explose même pas, elle étouffe.

 

 

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