Merci monsieur le Président.

Votre discours devant la statue de Jules Ferry, votre attitude à l’Institut Curie,  m’ont  vengée de cinq ans de rage et d’impuissance.

Votre discours devant la statue de Jules Ferry, votre attitude à l’Institut Curie,  m’ont  vengée de cinq ans de rage et d’impuissance. Certes j’ai apprécié votre discours d’investiture, vos engagements répétés devant nous tous, votre hommage à vos prédécesseurs, accompagné, délicieuse perfidie, de vos bons vœux de retraite pour celui qui venait enfin de quitter des fonctions qu’il n’avait jamais habitées.

Mais, c’est pour votre hommage aux enseignants, de la Maternelle à l’université, pour l’hymne à l’Ecole entendu cet après-midi, pour  le respect témoigné aux chercheurs que je veux vous remercier ce soir. En quelques instants vous avez réconcilié le pays avec son Ecole, vous avez effacé les longs mois d’insultes, de mépris affiché pour tous les fonctionnaires de l’Education Nationale et de la Recherche.  En quelques phrases, vous avez rappelé que l’Ecole est le lieu de l’émancipation intellectuelle, que «  la connaissance, le goût d'apprendre, la jubilation de la découverte, le sens de la curiosité intellectuelle, sont des trésors auxquels l'Ecole a pour vocation de préparer toutes les jeunes consciences, tous les enfants de la Nation », qu’elle est le lieu privilégié de  l’égalité entre tous. En proclamant qu’ils étaient « au service de la France » vous avez redonné à tous ceux qui travaillent pour éduquer et instruire les enfants et les jeunes de notre pays, une dignité qu’ils avaient perdue.  Vous avez promis, et cela m’a été droit au cœur, que  « les années qui viennent doivent être celles d'une nouvelle hiérarchie des valeurs, au sommet de laquelle la science, l'intelligence, la volonté d'apprendre et de transmettre seront les vertus les mieux reconnues et les plus respectées. » Depuis cinq ans, au sommet de l’Etat, les « valeurs » proposées aux jeunes générations étaient celles de la réussite individuelle sans souci des autres, celles de l’argent, celles de l’inculture, de la vulgarité triomphante et du parler négligé. Merci d’avoir réhabilité la grandeur de la tâche des enseignants.

Merci aussi d’être allé, sous la grêle, saluer la mémoire de Pierre et Marie Curie et, ce faisant, dire votre confiance à la communauté des chercheurs. J’ai pensé alors que ces heures passées par tant d’universitaires opposés aux oukases sarkozystes à tourner dans  une ronde infinie étaient enfin vengées, trois ans après.  

Pour cette belle journée de pluie, oui, merci monsieur le Président.

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