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Billet de blog 4 janvier 2026

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la torture ne suffit plus, Israel veut la peine de mort pour les Palestiniens

Le Bureau d'information des prisonniers palestiniens a révélé les circonstances du décès de 86 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes en moins de 26 mois, confirmant l'existence de pratiques généralisées de « torture, négligence médicale et disparitions forcées ».

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À RAMALLAH, le 1er janvier 2026 les forces israéliennes ont détenus des douzaines de personnes, essentiellement des anciens prisonniers dans plusieurs villes et villages dans le gouvernorat de Ramallah et de Al Bireh. Un enfant fait parti de ces détenus. Plusieurs sources témoignent de l’arrivée des troupes qui ont assailli le camp de réfugiés de Jalazone, les maisons, et capturé 8 palestiniens. Les anciens prisonnier sont aussi arrêtés à Beituna, où Ahmed Harish a été littéralement extirpé de chez lui après que les soldats ont faits exploser la porte de sa maison, lancé une grenade à l’intérieur et menotté son frère pendant toute l’arrestation. Ils ont ensuite fait la même chose dans le camp de Al-Amri et dans la ville de Deir Abu Mash’al.

Ils s’acharnent sur les anciens prisonniers qu’ils ont relâché :

Au nord de Ramallah, les forces occupantes ont également arrêté d’anciens prisonniers :Issa al-Badawi Shalalda Nizar Al-Khawaja, Omar Talal Surur et Khaled Talal Surur. Les arrestations d’anciens prisonniers se sont multipliées depuis le début de l’année 2026. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a appelé les autorités israéliennes à abandonner un nouveau projet de loi qui stipule l’imposition de la peine de mort contre les détenus palestiniens dans certaines circonstances, que ce soit dans les territoires palestiniens occupés ou à l’intérieur d’Israël.

Dans un communiqué publié vendredi soir, Turk a exhorté les autorités israéliennes à abandonner leur projet de proposer une nouvelle législation imposant des peines de mort obligatoires qui seraient appliquées exclusivement aux Palestiniens. Il a averti qu’Israël « défie le droit international à plusieurs niveaux ». Turk a ajouté que le libellé de cette législation, ainsi que les déclarations des politiciens israéliens, indiquent que l’objectif est qu’elle ne s’applique qu’aux Palestiniens, qui sont souvent condamnés à l’issue de procès inéquitables. Il a souligné que cela soulève de graves préoccupations concernant la discrimination à l’égard des Palestiniens et les violations de leurs droits à un procès équitable, ainsi que d’autres violations du droit international relatif aux droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Le Haut-Commissaire a déclaré que ces propositions violent également les normes du droit international humanitaire relatives à la procédure pénale et à l’imposition de la peine de mort à la population d’un territoire occupé.

Le journal palestinien Al Qud relate dans son édition du 3 janvier que le Bureau d’Information sur les Prisonniers Palestiniens a révélé les circonstances de la mort de 86 détenus dans les prisons israéliennes au cours des derniers 26 mois.Ces révélations confirment ce qui est décrit comme un schéma alarmant de torture généralisée, de négligence médicale et de disparition forcée.

Le Bureau, affilié au Hamas, a produit une fiche d’information couvrant la période du 15 octobre au 15 décembre 2025,intitulée «  martyrs de la détention » dans laquelle elle affirme que 47 décès sont dus à la torture et aux coups, accompagnés de négligence médicale . 41 décès suite à des négligences médicales seules,comme le manque de soin pour le diabète, les cancers, les handicaps, la gale et autres parasites,et un grand nombre de blessures qui n’ont pas été traitées. 22 personnes ont été victimes de « disparition forcée » pendant leur détention et jusqu’à l’annonce de leur mort. La disparition apparaît comme la cause de la mort dans les dossiers. Deux prisonniers ont été utilisés comme bouclier humain et deux autres ont été exécuté par un escadron qui a tiré.Plusieurs personnes tombent sur plusieurs catégories en même temps, notamment torture et négligence.

59 personnes sont mortes dans les prisons d’Ofer, de Megiddo, du Negev, de Ramla,de Sde Teman et de Ganot . 10 prisonniers palestiniens sont morts dans les hôpitaux de Rambam, Soroke , Meir et Shaare Zedek.

47 cas de décès sont dus à la torture et aux coups reçus, accompagnés de négligence médicale. Les disparitions forcées ont eu lieu dans des endroits qui n’ont pas été identifiés.

Le Bureau considère ces faits comme une violation brutale et évidente des Conventions internationales, notamment de la IV ème convention de Genève : celle-ci stipule en effet que les prisonniers « de guerre » doivent être traités de manière à être protégés et à ne pas subir de violences supplémentaires. Elle interdit la torture, et considère la disparition forcée comme un crime séparé.

La déclaration émise par le Bureau demande une enquête internationale sur ces crimes et sur la mort des prisonniers dans les geôles israéliennes, la fin de la torture, de la négligence médicale et de la disparition forcée. Elle demande aussi à ce qu’Israël soit tenu responsable et que le droit des familles soit respecté. Le nombre de prisonniers décédés,dont les morts sont documentés par le Bureau Palestinien fait partie d’un décompte plus large qui comprend au moins 100 personnes tuées en moins de deux ans. Les organisations israéliennes de défense des droits humains affirment qu’Israël continue de masquer le nombre véritable de prisonniers qui sont morts en prison ainsi que les causes des décès. Depuis le 7 octobre Israël a accentué les violations des droits des prisonniers ainsi les restrictions en tout genre à l’intérieur des prisons, notamment dans la bande de Gaza. L’occupant génocidaire a arrêté des douzaines et des douzaines de Palestiniens, sans dire où ils étaient amenés et sans fournir de détails sur les conditions de leur détention ni sur leur état de santé.

Les organisations palestiniennes de défense des droits, le Club des Prisonniers, Addameer et la Commission des Affaires des Prisonniers ont précédemment affirmé qu’Israël avait accentué les arrestations et les campagnes de mesure répressives dans plusieurs endroits des territoires occupés durant l’année 2025. Ces organisations ont documenté au moins 7000 arrestations en 2025, dont 600 enfants. Depuis 2023, au moins 21 000 personnes,  dont 1 655 enfants et 650 femmes,  ont été arrêtes dans les territoires occupés, sans parler de ceux arrêtés à Gaza et en Israël.

article original ici, en arabe. Je l'ai traduit en français à partir de l'anglais de DeepL

Illustration 1

L’ONU presse Israël d’abandonner la proposition de loi qui modifierait le droit pénal israélien afin d'introduire la peine de mort pour l'homicide volontaire d'Israéliens dans le cadre d'un acte terroriste.

Cela aurait pour effet d'appliquer rétroactivement la peine capitale aux personnes reconnues coupables de meurtres liés aux terribles attentats du 7 octobre 2023, en violation du principe de légalité consacré par le droit international.

Plus de 1 200 citoyens israéliens et d'autres nationalités ont été tués et plus de 250 ont été pris en otage par le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens le 7 octobre 2023, lorsqu'ils ont pris d'assaut des communautés près de Gaza, dans le sud d'Israël.

Au cours de l'offensive militaire israélienne qui a suivi, plus de 70 000 Palestiniens ont été tués et beaucoup d'autres blessés.

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