CDS : que des bonnes nouvelles !

On est en train de s’atteler à la remise en ordre du marché des CDS. Ces paris sur la santé des émetteurs d’obligations totaliseraient 54 000 milliards de dollars de valeur notionnelle, ce serait la somme des montants misés à ce jour sur la santé des émetteurs de dette qui comme on le sait, pour la plupart sont à la merci d'une crise de liquidité quand les échéances tombent.

Le chiffre fait peur aux marchés. On s’est toutefois aperçu en soldant les positions de Lehman que les pertes sur les CDS de Lehman ( les paris perdants sur sa santé) ne se soldaient "que" par 6 milliards de dollars de pertes. On avait cité le chiffre de 450 milliards rien que pour Lehman. Un banquier du Crédit Agricole explique la différence : en fait les banques ( et notamment les françaises) avaient des CDS dans tous les sens : des gagnants et des perdants. Donc le solde de 6 milliards ( qui concerne le monde entier) est beaucoup moins dramatique qu’on ne le pensait. Au passage, on ne sait pas qui a gagné les 6 milliards perdus !

 

Une autre bonne nouvelle, c’est qu’il y a enfin des réflexions très concrètes menées pour réglementer le marché des CDS. Un banquier d’UBS l’expliquait ce matin : dans un avenir proche les CDS ne pourront plus être émis que par ceux qui détiennent les obligations sous jacentes. Ceci confirme ce dont on se doutait, c’est à dire que les banques d’affaires ont émis des CDS portant sur des titres de crédit non pas en représentation de l’assurance de ces titres ( les obligations sous jacentes) mais pour créer à partir de rien des volumes à échanger, un vrai marché. En gros, comme on a pu le lire sur le site de l'anthropologue de l'Economie Paul Jorion, on a créé des CDS qui ne repose sur aucun péril réel, uniquement pour les acheter, les vendre et spéculer, démultipliant ainsi les pertes si les risques réels se produisent. Ce petit jeu meurtrier serait donc bientôt terminé. Il est grand temps.

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