La "violence" des mots

J'apprécie beaucoup Mediapart et je suis désolée de devoir le prendre "en flagrant délit " sur un sujet qui ne me semble pas anodin.

Jeudi, après l'annonce d'intention de vote de François Bayrou, Mediapart titre "Bayrou vote Hollande, charge violemment Sarkozy". Je me précipite sur l'article ne comprenant pas. J'y lis alors ce que tout le monde sait, en particulier j'examine ce que dit Bayrou et comment il le dit. Je n'y vois aucune violence! Je dirais que Bayrou condamne fermement la course à l'extrême-droite. L'attitude même de Bayrou pendant sa déclaration est solennelle et n'a rien de l'agitation d'un Sarkozy parlant "au peuple français" le 1er Mai.

Un site que j'apprécie beaucoup et dont les auteurs écrivent sur Mediapart a pour titre "les mots sont importants".(Il s'agit en fait d'un collectif) .

Avez-vous remarqué dans cette campagne à quel point la presse relayant en cela la mauvaise foi du clan Sarkozy n'a cessé d'employer le vocabulaire du combat, de la guerre et de la violence? Répondre avec conscience politique sans céder sur ces convictions, s'enflammer pour de vraies grandes idées (je pense à Mélenchon et à la Méditerrannée) peut-on le décrire avec les mêmes mots  de haine et de division que se sont ingéniés à répandre Nicolas Sarkozy et ses ministres?

Méfions-nous du langage et cherchons le mot juste, un peu d'esprit classique (Mme de Clèves?!) ne nuirait pa sà la liberté de la presse, ni à la liberté de penser.

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