Pour rafraîchir les mémoires

Hier soir je suis tombée sur un article du Monde qui m'a complètement déprimée :  La stratégie de M. Hollande illustre le glissement idéologique du PS.

Hier soir je suis tombée sur un article du Monde qui m'a complètement déprimée :  La stratégie de M. Hollande illustre le glissement idéologique du PS. Auparavant j'avais regardé la discussion organisée par Mediapart entre Michel Feher et François Bouvet et j'en avais retiré l'espoir que les déclarations plutôt restrictives sur l'immigration de M. Hollande lors du débat télévisé pouvaient n'être que tactiques. Je ne sais si l'auteur de l'article du Monde s'amuse "à mettre de l'huile sur le feu" (c'est une impression que j'ai en général en lisant Le Monde en ce moment), cependant j'ai compris à cette occasion comment on pouvait continuer à soutenir de bonne foi un candidat qui "dérive".

Jusqu'à présent, je n'avais jamais pu comprendre comment des gens de bonne foi pouvaient continuer à soutenir M. Sarkozy quoiqu'étant opposés à ses déclarations sur l'immigration par exemple. Maintenant je comprends ma naïveté. Je vais voter François Hollande parce que je souhaite avant tout qu'on cesse de stigmatiser les immigrés, qu'on "rééduque" les esprits mais si ce que rapporte Le Monde est vrai, je sais aussi que le candidat n'est pas si ouvert sur la question de l'immigration et qu'il est lui aussi rentré dans la logique de "limmigration est problème".

Pire encore, je lis maintenant que Mitterrand lui-même pourrait avoir participé à cette évolution, mais qui croire? Je sais bien que dans les années 1980 on avait l'impression que l'antiracisme était une façon de se donner bonne conscience (je simplifie), on ne comprenait pas pourquoi on brandissait sans arrêt SOS racisme, etc?  En tout cas je ne comprenais pas. Je n'avais pas l'impression de ressentir le racisme autour de moi, il me semblait que par défaut tout le monde était "normal" et que l'on risquait de provoquer d'une certaine manière la réaction en brandissant sans arrêt le racisme.

Qu'en déduire, arrêter d'en parler? Certainement. Souvent dans ce genre d'alternative je me rappelle la solution, trouvée par Mendès-France en son temps lors des débats acharnés sur la CED. Il a posé la question : faut-il débattre de la CED, Réponse : non. La querelle était enterrée, l'affaire terminée.

Alors de même ici, je pense : faut-il parler de l'immigration? Non, l'immigration est un fait, il y a en France toutes sortes de gens de toutes origines, des gens installés depuis longtemps, d'autres depuis moins longtemps, des pauvres qu'il faut secourir (et non des assistés), des plus aisés et c'est cela le fameux "peuple de france".

Il ne faut pas penser "en arrière", la situation est ce qu'elle est et il faut la prendre telle quelle. Il n'y a pas de problème de l'immigration, il y a juste une France qui refuse de digérer son histoire et d'assumer son passé colonial. Nous devons dire ce que nous avons fait de mal et désormais aller de l'avant.

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