Portrait court : Martine, manifestante poitevine contre le projet de loi Travail, le 9 mars 2016

Entre 4000 et 5000 personnes ont manifesté à Poitiers le 9 mars, malgré la pluie et le froid. Parmi eux : Martine, 57 ans, vivant à Poitiers, ancienne infirmière en retraite et membre du collectif contre l'Etat d'urgence. Martine n'a pas souhaité apparaître en photo et elle a préféré à la place fabriquer une banderole « maison », invitant à la prochaine manifestation contre l’État d'urgence.

Portrait court 9 mars 2016 : Martine © Alexandre Raguet Portrait court 9 mars 2016 : Martine © Alexandre Raguet
 Martine a décidé de participer au rassemblement du 9 mars, pour protester contre le projet de loi travail mais aussi parce le mouvement « était appelé par des jeunes. Je trouvais ça très intéressant et mobilisateur. Et c'est vrai que ça a bien marché, il y avait beaucoup de monde. »

Elle partage d'une voix calme et douce ses convictions et est très sensible au fait que la jeunesse se politise et se batte pour ses droits et ceux de tous.

A propos de la suite du mouvement du 9 mars, elle aimerait : « que ça continue, que les gens continuent à se mobiliser, que ça ne se termine pas comme certains mouvements sous Sarkozy avec un arrêt brutal et puis des lois qui passent quand même. A partir du moment où il y a des étudiants et des lycéens, ça fait un peu plus peur à tout le monde. Ça peut peut-être aller plus loin... Les jeunes n'ont pas peur de perdre leur salaire. Pour les lycéens le Bac est encore un peu loin. »

Martine lie directement la grève à l’État d'urgence et les nouvelles lois sécuritaires : « J'ai le sentiment qu'avec cette grève et cette loi, on parle un peu moins de l’État d'urgence, car on est déjà rentrés dans ce système là. Certaines personnes ont peur de protester ou de militer. Les attentats aussi restent dans les mémoires. » Elle constate pourtant qu'hier la police s'est tenue à distance « Sur Poitiers je m'attendais à voir plus de forces de l'ordre mais elles étaient discrètes. On a vu pire récemment ! ».

Pour Martine lutter contre l’État d'urgence et ses conséquences sur les libertés individuelles, liberté d'informer, liberté de militer et de contester, fait partie du même combat que celui qui a mobilisé le 9 mars contre le projet de loi El Khomri.

Le collectif contre l’État d'urgence a d'ailleurs aussi été initié par des étudiants et a rassemblé près de 400 personnes lors du dernier rendez-vous en janvier.

Martine n'espère pas mobiliser autant de monde que ce 9 mars bien que ces luttes soient intrinsèquement liées « à partir du moment où le tout sécuritaire est constitutionnalisé... » tous les mouvements de contestation sont concernés.

Elle sera bien sûr à la manifestation contre l’État d'urgence à Poitiers samedi 12 mars à 14h30, Place D'armes.

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