l'Hommage rendu au cinéaste culte Mc Laren par l'atypique et créatif DJ Oof

Frédéric Elalouf /DJ Oof, s'est attaqué au répertoire monumental du réalisateur canadien Norman Mc Laren pour donner naissance à une version clip délirante. Synchronisant images et sons, Oof, initiateur du mouvement DVJing en France, fait se rencontrer monstres sacrés du cinéma et artistes de musique électronique contemporains.
Voisins de la Colère © Frédéric Elalouf
Voisins de la Colère © Frédéric Elalouf

Frédéric Elalouf /DJ Oof, s'est attaqué au répertoire monumental du réalisateur canadien Norman Mc Laren pour donner naissance à une version clip délirante. Synchronisant images et sons, Oof, initiateur du mouvement DVJing en France, fait se rencontrer monstres sacrés du cinéma et artistes de musique électronique contemporains.

 

 

Oof est multi-casquettes et multi-talents : dj, réalisateur, fondateur et directeur artistique de l'agence Ping Pong (www.pingpong.fr), Frédéric Elalouf, construit « un pont trans-générationnel contre l'oubli des jalons culturels du passé ».

 

Ping-Pong créé en 1998 représente en France, entre autres, le label Ninja Tune ou l'artiste Santogold. Via Ping Pong, Oof est donc l'organisateur de plus de 130 soirées et commissaire d'exposition.

Comme DJ, Oof, sous le nom de Zzouf a électrisées les pistes de danse de Londres à Tokyo. En 2003, avec Universal Jazz, il sort l'album Cinémix, dans la collection « écouter le cinéma » qui revisite les plus célèbres B.O. des années soixante. Le projet d'Oof regroupe 25 artistes (Rubin Steiner, Zero db, Troublemakers, etc.) et demandera deux ans de travail. Il n'est pas question ici de compiler des thèmes déjà connus mais bien de réinterpréter les compositeurs mythiques des années 60-70. Pour promouvoir Cinémix sur scène, Oof met au point des soirées atypiques mixant et synchronisant image et son, parmi les premières performances DVJing en France.

Oof le réalisateur,part à l'assaut des classiques du 7ème art, avec ses cinéclips. Et notamment de Norman Mac Laren (1914-1987), pionnier du cinéma expérimental et d'animation, créateur du son synthétique et initiateur d'un grand nombre d'effets numériques, qui consacrera 50 années de sa vie à l'exploration de nouvelles possibilités techniques. Pablo Picasso, Georges Lucas ou François Truffaut ont revendiqué l'héritage des créations géniales de l'artiste canadien. Sa virtuosité technique se double d'un engagement politique constant qui imprègne ses films.

En 2005 au Festival de Cannes, Oof est contacté par l'ONF (l'agence nationale du film –Canada) pour un projet autour de Mac Laren. MC Laren Cinéclip est présenté en 2006 au Centre Pompidou, au Festival Nouveau Cinéma de Montréal, à Québec puis dans plus de 350 clubs, salles, deconcerts, festivals, etc. Quelques mots de hyperproductif DJ Oof - le mieux étant sans aucun doute d'assister à ses performances - :

 

- Comment est né le projet Mc Laren ?

- Au festival de Cannes en 2005, je croise l'Office national du Film canadien, l'ONF, qui tombe sur mes petits films, et qui trouve ça génial, parce que cela modernise des vieux films. C'est au moment où ils commençaient à réfléchir à la sortie d'un coffret sur l'oeuvre de Norman Mc Laren. Mac Laren c'est l'un des plus grands cinéastes d'animation, plus qu'un cinéaste d'animation, c'est surtout un inventeur de techniques d'animation. Ce qui est intéressant dans l'oeuvre de Mc Laren c'est qu'il est passé par tous les styles possibles d'animation, des papiers découpés au stock motion, la pixilation, etc. La raison pour laquelle ils m'ont principalement appelé est, je pense, mon travail sur le son, parce que j'ai une manière de faire les vidéoclips de films qui est basée sur la synchronisation son image. Ce qui m'intéresse n'est pas que ce soit tout le temps synchronisé mais que cela le soit assez pour qu'on comprenne que ce que l'on regarde, c'est ce que l'on entend. Or, chez les DJ et les VJ le dialogue n'est pas synchronisé. Moi, venant de la musique, et allant vers la vidéo, je voulais que les gens comprennent que les deux étaient liés.

 

- C'est donc ça le DVJing ?

- Exactement ! Dans le sens où il y a des gens qui mixent juste des vidéomusiques d'autres personnes, moi j'ai pris le parti de réaliser mes propres vidéos (bien que je passe aussi des vidéos d'autres). D'autres, ne sont pas attachés à la synchronisation comme moi, pour moi c'est l'intérêt principal. Enfin, évidemment l'intérêt principal reste de passer de la bonne musique et des belles images ! Et de raconter des petites histoires si possible, avec de l'humour !

J'ai essayé d'être très respectueux de l'oeuvre de Mc Laren, de son univers audio qui est passionnant, parce qu'il avait la particularité de gratter la partie son de la pellicule image, d'où un langage électronique, totalement inédit et évidemment très avant-gardiste, d'au moins 20 ans sur les autres, et dont la synchronisation est parfaite. Une nouvelle manière de faire de la musique en somme, qui rejoint mon univers par la synchronisation, ou plutôt le mien rejoint le sien ! Voilà un peu là où nos deux univers se rencontrent.

 

- Et mardi 17 au Confort moderne à Poitiers, que préparez-vous pour le public du festival OFNI ?

- Alors, dans le cadre d'OFNI, je vais faire un cinémix de tous les clips que j'ai fait pour Mc Laren. Je vais mixer les clips que j'ai donc réalisés en amont avec l'aide de monteurs. Sur scène c'est un vrai travail de DJ, ou plutôt un travail de DVJ, vu qu'il y a de la vidéo. Finalement sur scène ça reste un peu un travail de DJ avec des images mais l'intérêt est que tout est synchronisé ! Un bel intérêt !

 

Sites DJ Oof :

http://www.pingpong.fr

http://www.cinemix.net

 

Festival OFNI :

http://www.nyktalopmelodie.org/site/index.php

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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