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Billet de blog 1 juin 2015

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De quoi un Jack Dion est-il le nom ?

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Je n’en avais jamais entendu parler, mais à première vue, autrement dit au fasciés, cela pointe à la même ménagerie que le Chevrier d’une récente mésaventure dyonisienne : L’aigreur du gauchiste pendue aux commissures et le regard d'une taupe arrachée à sa nuit. Le mec sympathique en quelque sorte.
Bref, on ne me verrait pas boire un coup avec ça non plus. Aporétique.
Mais attention ! ça a le droit d’exister. Et donc ça existe.
Et ça écrit des choses. Où ça parle d’un bouquin qui parle de l’Algérie coloniale, des Pieds-Noirs et de l’OAS.
Ah, l'OAS !... C’est pas tant ce que dit l’auteur du bouquin sur cette organisation secrète, bricolée par des militaires et les plus ardents d’une population coloniale, quand ces gens eurent compris la traitrise de De Gaulle, non, ça il peut dire ce qu’il veut le nommé Alain Ruscio, car l’OAS que nous avions tous applaudie au début, nous les salauds de colons, s’est assez vite révélée être un repaire d’individus de sac et de corde après avoir été le refuge de cocus désespérés.
Pas plus tard qu’hier je devais retrouver chez son fils - en fait mon jeune voisin chirurgien - un actuel avignonnais devenu un copain. Il n'est pas venu. Dommage, parce qu'en allant chercher le pain de concert, à pieds le matin, quand il est là, on parle. Et on reprend l'accent : Lui est d'Oran. Ancien para d'origine espadrille, il est entré dans l’OAS à sa création, mais il s’en est vite séparé du fait d’exactions impardonnables commises au nom de l’Algérie française. Il a même dû fuir en France où ses ex-conjurés l'ont poursuivi pour l’abattre. C’est dire.
Mon ami M... G... aussi, bien que tout jeune bel-abbésien à l’époque, se fit messager et porta du courrier pour l’organisation, comme nombre de petits Pieds-Noirs. Un jour, il y a une dizaines d'années, il m’a vidé son sac : Sur les « gros » colons, détestés par  ceux que Dion qualifie de «reste » dans son article, en d'autres termes par le courageux et industrieux petit peuple colonial... mais il s'est aussi confié sur l’OAS, me racontant le point final de son adhésion, lorsqu’un vieil arabe de son quartier, qu’il connaissait très bien, totalement innocent fut abattu sous ses yeux, par simple goût du meurtre. L’homme est mort dans ses bras en lui demandant à boire : « Elma ! Elma... » (« De l’eau ! De l’eau ... »).
Je répète, ou je le précise : Je ne lirai certainement pas le livre de ce Ruscio. L’Époque, une si magnifique époque... épique, « sable chaud » et tout le koulchi, est révolue, et l’Algérie Française c’est de l’Histoire ancienne. Pas la peine de se retourner le couteau dans la plaie.
Il n’en demeure que mon approche réflexe, instinctive, inévitable de l’article, même distanciée chez un homme averti et donc muni de pincettes intellectuelles, m’a "coléreusement" édifié sur la qualité intrinsèque de ce Dion : Elle se jauge au suintement de sa rancœur de « patos ». De minus. Dans une sorte d’éjaculation de colibri confiné à son petit Hexagone, quand il ne peut réfréner sa nature, et clapote sur son clavier que « les nostalgiques de la colonisation BOUGENT ENCORE » et qu’il y avait sur cet immense territoire 90% d’indigènes et le « reste ».
Mais quel "reste", justement, pauvre minable! Parles-en à Julliard, à Mr Jacques Julliard, qu’on ne pourrait pourtant accuser de nostalgie coloniale. Il t’expliquera peut-être la gloire flouée, jalousée de ce « reste », si modeste dans sa grandeur conquérante, qui a « dû quitter un pays qu’il avait fait si beau ». Ce sont en effet les termes exacts de ton confrère, pauvre clown!... En effet tout le mérite pied-noir tient en ce que tant de choses furent accomplies, contre une adversité terrible, par si peu d’hommes et de femmes. Mais ça, parisien, ça n’effleure pas un instant ce qui te sert de cerveau, pitoyable gauchiste. 

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