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Le C dans l’Air d’hier au soir ne pouvait faire l’impasse sur l’affaire Morano. Or il est dingue de constater qu'à la prononciation de deux mots, de deux simples mots, un homme circonspect comme Claude Weil, un tantinet phraseur, certes, mais analyste chirurgical, objectif et pertinent, puisse lui aussi s’emballer, prendre rang panurgique et quitter l’orthodromie d’un discours qui le distingue d'habitude, pour s’égarer soudain dans des superlatifs ridicules.
Au point qu’Hélène Pilichowsky, cette femme que distingue aussi son intelligence... mais de surcroit une autre classe qu'un de ses cousins scootériste, soit dit en passant... s’est fendue d’un souriant mais net remontage de brettelles à son encontre. Weil, peu coutumier des recadrages, a d’ailleurs accusé le coup..
« Race » et « (Culture) Judéo-chrétienne ». Deux mots boutefeux. Le réflexe est d’une célérité pavlovienne dans les cercles parisiens.
Cela pourrait tenir à deux faits :
-résidus ignescents et vieilles braises d’un anticléricalisme « intellectuel » et épidermique, sur lequel soufflent périodiquement des lobbies fossiles comme la franc-maçonnerie.
-Pénitence durable d’avoir été une nation colonialiste, incitant par conséquent à la revendicationnite et à la surenchère nos anciennes « victimes », aujourd’hui pléthoriques et donc devenues très influentes, sinon hégémoniques sur le territoire national.
A mon petit degré de « comprenette » (comme dit l’excellente Martina), je me fous de la vacuité scientifique, présumée, du mot race. Je l’ai dit, c’est un mot court, et donc opportun, qui suggère simplement de nos jours les « variétés de l’espèce », sans connotation discriminatoire et donc... « raciste » (Dilemme existentiel!). Car on accordera tout de même à l’objectivité que, jusqu’ici et pour quelques temps encore, les hommes présentent quelques différences d’aspect selon leur origine planétaire, même si la paléontologie actuelle, et jusqu’à plus ample informé, les garantit de même essence.
Je sais depuis Stendhal qui n'aimait pas ses "arbres taillés" (Voyage en France ou les Chroniques Paris-Londres), que c’est la mode à Paris de tout égaliser mais il faut néanmoins raison garder.
Or, si Nadine, la députée dépitée, a voulu provoquer son monde chez les saltimbanques, en instrumentalisant « Race » et en laissant planer l'alternative sur sa signification, elle aura de toute évidence pêché une dupe élogieuse en la personne de Claude Weil... !
C’est ce qu’on appelle « mordre à l’hameçon ».
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