L’Allemagne sans la France fait peur, la France sans l’Allemagne fait rire : Catherine Nay, une sacrée bonne femme, celle-là, en a rappelé l'apophtegme, ce soir à C dans l’Air.
On ne peut plus vrai... concernant la France.
C’est pour ça que je suis européaniste, et parce que je suis né juste à la fin d’une guerre mondiale mais surtout continentale qui fut terrible et que ça suffit comme ça.
L’Union Européenne nous sert en effet de pantographe maintenant que nous avons été rétrogradés sur l’échelle des nations importantes. En tomberions-nous même d’ici peu que cela n’aurait d’ailleurs rien d’étonnant.
De pantographe ou bien de mégaphone.
Tout ça pour en venir au coup d’esbroufe d’une mégère, qui à mon avis avait tout faux dès le départ, dans le contexte où elle avait décidé de s’essayer.
D’abord on ne s’habille pas en clown quand on veut impressionner une assemblée. Et quand on prétend venir défendre à un haut niveau de prétentions les couleurs de la France "souveraine", on se met en bleu azur ou clair, pas en jaune !
Et on va chez le coiffeur, on apprête sa chevelure, on maigrit, on n’a pas une voix de vieille rombière tabagique : Tout ça y fait.
La vulgarité ne se vend pas en politique. Jamais.
Et surtout, si on veut que son propos porte, on n’imite pas le caméléon, un œil sur sa "victime" putative, l’autre rivé sur son pupitre pour y lire avec difficulté une philippique qu’on aurait dû apprendre par cœur. Tenter des poses tribunitiennes et afféteries vocales en saucissonnant ses phrases, et quand on ne sait pas à l’avance ce qu’on doit dire, vous ridiculise.
Elle l’était, ridicule. Et elle n’a de toute façon pas l’envergure de ses ambitions. Son chaperon-sigisbée, placé juste derrière elle à cette occasion, tel un marionnettiste, en a d’ailleurs, à voir son fasciés impavide, mesuré le manque rédhibitoire.
En revanche, Pépère qui avait, comme d’hab, débuté avec le minimum syndical et une ronronnante capucinade, concoctée par les « têtards » de l’Élysée, piqué au vif sous l’injure, s’est soudain échauffé et s’est embarqué dans la foulée dans une envolée lyrique apparemment spontanée et d’une seule traite, sans le moindre de ses agaçants « euh » zabituels. Et surtout d’un tout autre livret que les railleries laborieuses que venait de lui débiter sa contemptrice. Celle-ci qui n’aurait jamais dû, elle, quitter son étal. Savoir : les tréteaux frontistes. Disons en ne forçant qu’un peu le trait que les saillies d’une harengère ne font jamais une harangue.
Il l’a enfoncée.
PS : Au fait : Qu'est-ce qu'ils ont fait de mon saucisson?!...