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En feuilletant Mémoires d’un touriste je tombe sur une page consacrée au Cardinal de Retz, dans lequel Stendhal voyait « l’homme de France qui, à tout prendre, a eu le plus d’esprit ». Selon Bayle « On ne sent pas comme chez Voltaire des idées courtes, et il ose dire des choses difficiles à exprimer ».
Bon, eh bien voilà une de nos gloires philosophiques qu’on pensait intangible, jetée au bas de son socle...
Dès lors, et toutes proportions gardées, une Aude Lancelin à sa manière plus académique, ou une certaine Sophia Aram, dont je n’avais jamais entendu parler, elle de façon expéditive en les prenant carrément par le bon bout, ces dames peuvent de bon droit secouer le mancenillier médiatique pour en faire choir et jeter les fruits qu’elles détestent.
Toutefois, ces deux apparentes régisseuses de la voirie intellectuelle et morale française vont avoir du boulot. Un sacré boulot!...
Oui, parce que les traitres Onfray, Debray, Zemmour, Finkielkraut et consort ont fait d’une part école à haut niveau, mais par ailleurs leur processus discursif, celui qui les a changés, se base sur des observations simples et objectives, sur des faits qu'il suffit de mettre en évidence et dont l’interprétation est accessible à tous les degrés d’entendement, et produit donc ainsi des adeptes dans toutes les classes sociales.
Là est le problème. C’est que l’autisme de nos journalistes et histrions parisiens les a tellement éloignés des réalités nationales et populaires, qu’il leur semble impossible de pouvoir revenir un jour de leur opiniâtreté dogmatique.
Pour ma part je me reprends eu égard à mes critiques d’hier, partant de cette idée, toujours simple, que Voltaire confondant Stendhal sur la profondeur de ses réflexions, avait sans doute le talent discret de dire des choses difficiles avec facilité. Simplement. De même, et je le répète, toutes proportions gardées, l’écriture binaire de bouquins comme Mélancolie française ou L’identité malheureuse, et probablement de Suicide français et de La seule exactitude, que je n’ai pas lus, sont certes des ouvrages "manichéens et militants", « déclinistes », "sommaires" et tout ce qu’on veut au regard des détracteurs, mais qui traduisent avec une exactitude de métronome ce battement de cœur naturel qu’est l’opinion publique.
Pas la volonté de quelques idéologues de faire marcher une nation au pas de leurs caprices éthiques, et sous l’artifice d’un "Vivre-ensemble" inter-communautaire de pure forme, absolument ... « hors-sol », comme il convient de dire en ce moment.
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